CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP)
LES DRUIDES SAISON 3 ÉPISODE 11
CERNUNNOS SUR LE CHAUDRON DE GUNDESTRUP
Cernunnos apparaît à plusieurs reprises sur le chaudron de Gundestrup. Soit en tant que dieu, soit en tant que héros, parfois sur la même plaque. Il est avec Orion le protagoniste d’un récit mythologique qui est raconté à travers les images du récipient en argent.
LA PLAQUE DU FOND
Cernunnos n’apparaît pas directement sur cette plaque, mais figure quand même sur l’image à travers un de ses vâhana, terme hindou qui désigne un animal qui sert de monture ou de véhicule à un dieu. L’animal en question est le taureau qui est le symbole, l’emblème, le véhicule et même l’incarnation de Cernunnos. C’est pourquoi lorsqu’Orion sacrifie le Taureau cosmique sur la plaque du fond sur le chaudron de Gundestrup pour mettre fin à l’ère du Taureau, il met également à mort son alter ego Cernunnos. C’est en définitive une mise à mort rituelle de son frère jumeau sous la forme d’un taureau géant.

La plaque du fond, une carte du ciel. En haut, Orion (Orion) et son chien (Canis Major), au milieu l’énorme Taureau céleste (Taurus), en bas, la constellation du Dragon (Draco) et la Petite Ourse (Ursa Minor) presque effacée. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
Pour le déchiffrement complet de la plaque du fond du chaudron de Gundestrup, voir SAISON 7 ÉPISODE 7 Le chaudron de Gundestrup décrypté (Orion et le Taureau)
Pour bien faire comprendre l’importance de ce sacrifice et l’identité de la victime. Ce sacrifice apparaît une seconde fois sur une des plaques du chaudron d’argent. En triple exemplaire.

Plaque intérieure du chaudron de Gundestrup. Triple sacrifice du taureau. À noter que le félin tacheté (une panthère), en haut, indique le Sud, tandis que le chien d’Orion, en bas, indique le Nord. Le Nord et le Sud sont inversés par rapport à nos cartes actuelles. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
Pour connaître les liens qui unissent le triple Taureau et Cernunnos voir SAISON 3 ÉPISODE 6 Cernunnos et Tauriscos
LE TRIPLE SACRIFICE DU TAUREAU CÉLESTE
Cette plaque montre la même scène que la plaque du fond, sauf que le taureau est tué trois fois. Pourquoi ce chiffre trois ?
Parce qu’une des caractéristiques majeures du dieu Cernunnos est d’être associé d’une façon ou d’une autre à ce chiffre trois. C’est pourquoi il est connu dans la nomenclature des dieux celtiques sous l’appellation de Tricéphale, c’est-à-dire à trois têtes.
Voir à ce propos SAISON 3 ÉPISODE 19 Cernunnos et le dieu Tricéphale (article à venir)
Ou SAISON 3 ANNEXE 1 Tarvos Trigaranos, le taureau triple
Pour bien comprendre l’iconographie du chaudron de Gundestrup, il faut savoir qu’un personnage peut apparaître deux fois sur une même plaque, une première fois en tant que divinité, une deuxième fois en tant que héros, protagoniste d’un mythe qui est raconté par les images qui ornent les plaques du chaudron de Gundestrup.
Voir à ce propos SAISON 2 ANNEXE 28 Le dédoublement des dieux sur le chaudron de Gundestrup
LE DIEU MITHRA
Outre le druidisme, il existe un parallèle avec une autre religion antique mettant en scène le sacrifice d’un taureau. Et eux aussi sont trois.

Groupe statuaire provenant du mithraeum de Sidon, représentant Mithra sacrifiant le taureau (au centre), flanqué de Cautopates (gauche) et Cautes (droite). (Wikimedia Commons).
Comme sur la plaque du fond du chaudron de Gundestrup, Orion/Mithra sacrifie le Taureau céleste. Un chien et un serpent attaquent eux aussi le bovidé. Ces mêmes animaux sont les incarnations de deux divinités. Deux frères jumeaux qui participent au sacrifice du taureau.
À droite, encore une fois la constellation d’Orion, appelé dans le Mithraïsme Cautès qui est facilement reconnaissable à la présence de son fidèle chien, la constellation du Grand Chien (Canis Major). De l’autre côté Cautopatès, qui est la constellation d’Ophiuchus, aussi appelé le Serpentaire qui a pour particularité de manipuler la constellation du Serpent (Serpens). C’est pourquoi Cautopatès a un ophidien à ses côtés. Ophiuchus est généralement appelé Cernunnos par les Celtes. Ce qui signifie qu’Orion apparaît deux fois en tant que personnage principal, dans ce cas Mithra, et en tant qu’assistant du dieu, Cautès. Ophiuchus apparaît deux fois en tant que Cautopatès et sous une forme animale, le taureau.
LE SACRIFICE DU TAUREAU
Ainsi la plaque du triple taureau peut être déchiffrée de la façon suivante. Le personnage central est bien sûr Orion avec son chien. Si l’on suit l’exemple des sculptures mithraïques, Orion est l’assistant à droite toujours en compagnie de son fidèle chien. Cependant pour ce qui concerne l’identité du troisième personnage de gauche, le druidisme et le mithraïsme divergent totalement. Dans la religion de Mithra, c’est Ophiuchus et son serpent qui sont représenté. Dans le cadre de la religion des druides, c’est encore Orion pour la troisième fois qui est figuré sur la plaque du chaudron de Gundestrup. Il ne peut y avoir d’erreur, la présence du chien l’atteste. Pourquoi une telle différence ?
Il semble que les druides ont préféré faire un parallèle entre le triple taureau et la triplicité du héros qui le combat. Il faut dire qu’Orion n’a pas de problèmes pour être un multiple de trois. Une des caractéristiques d’Orion dans le ciel étoilé est d’être facilement reconnaissable grâce à l’alignement des trois étoiles qui constituent le baudrier (ceinture) d’Orion. Ces trois étoiles, Alnitak, Mintaka et Alnilam sont également appelées « les trois rois » ou « les trois mages ». Donc l’idée qu’Orion est un personnage triple existe depuis fort longtemps.
Voir à ce propos SAISON 2 ÉPISODE 19 Tristan
Une des autres différences entre les deux œuvres, outre la triplicité du taureau, fait que les deux assistants participent activement au sacrifice du taureau. Ce qui n’est pas le cas dans le mithraïsme. Dans ce dernier, il sont des figurants qui servent de support à la symbolique véhiculée par le mythe de Mithra.
Ces différences démontrent aisément que les druides ne se sont pas inspirés de la religion de Mithra pour concevoir leurs croyances. L’origine de ces deux œuvres remonte plus loin dans le temps, à un moment où les Iraniens et les Celtes avaient en commun un même répertoire d’images. Les constellations dans le ciel étoilé. Il suffisait aux prêtres de Mithra et aux druides de porter leurs regards vers la voûte céleste et la même histoire défilait sous leurs yeux, mettant en scène des constellations. Celle d’un sacrifice sanglant rituel perpétré sur un Taureau (Taurus) par Orion (Orion) assisté par les Gémeaux (Gemini). D’autre constellations apparaissent dans la composition des œuvres. Dans le cas du Mithraïsme, c’est le Grand Chien (Canis Major) et le Serpent (Serpens) et même le Scorpion (Scorpius) qui attaque sournoisement les testicules du taureau. Sur la plaque du fond du chaudron de Gundestrup s’ajoutent, outre le Grand Chien, la Petite Ourse (Ursa Minor) et le Dragon (Draco).
Cautès et Cautopatès qui aident Orion/ Mithra à sacrifier le Taureau céleste sont parfois assimilé aux Dioscures. Cautès porte dans sa main une torche orientée vers le haut, alors que Cautopatès pointe sa torche vers le bas. Les niveaux de lectures sont multiples concernant ces deux personnages. L’un est le soleil levant, l’autre le soleil couchant. L’un est l’étoile du matin, l’autre l’étoile du soir. L’un représente la vie, l’autre la mort.
LE DIEU DU TONNERRE
Cernunnos apparaît en d’autre occasions sur le chaudron de Gundestrup. Notamment dans une scène importante de passation de pouvoir entre deux dieux.

Plaque du dieu à la roue. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
Le personnage central est bien connu, il s’agit de Taranis, le dieu-père, l’équivalent du Zeus grec et du Jupiter romain. Même si le nom de Taranis évoque le tonnerre. De l’indo-européen *Ten-H-ros dont la signification serait le « maître du tonnerre ». Il est toutefois représenté dans l’iconographie gauloise avec la foudre en main, ce qui semble logique, et surtout avec une roue. Ce qui est moins conventionnel.

Taranis au Musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. (Wikimedia Commons).
Contrairement à Zeus et Jupiter auxquels on associe plutôt la foudre seule.

Zeus tenant le foudre de la main droite et un bâton/sceptre de la main gauche. Vase attique à figures rouges, v. 470 av. J.-C. (Wikimedia Commons).
Cette différence est parfois expliquée par le fait que la roue du char de Taranis fait un bruit du tonnerre. Explication un peu simpliste, mais qui fait partie de l’accumulation des poncifs concernant les druides qui adorent, c’est bien connu, des animaux, des sources des arbres etc[1]. C’est oublier un peu vite que les druides sont des astronomes. En fait Taranis donne « la Roue du Temps » à son fils Cernunnos, le dieu cornu. Celui-ci est facilement reconnaissable grâce à son animal fétiche par excellence, le serpent à tête de bélier. Ce qui fait de lui un avatar d’Ophiuchus, le Serpentaire.
UNE ROUE CALENDAIRE
La Roue du Temps est un calendrier à huit rayons qui symbolisent quatre fêtes solaires (équinoxes du printemps et d’automne, solstices d’été et d’hiver) et les quatre fêtes lunaires (Samain / Samonios · Imbolc · Beltaine · Lugnasad). Pourquoi une roue ?
Parce que le temps liturgique dans toutes les religions est circulaire avec des fêtes qui reviennent dans un intervalle régulier. Une roue sans fin ni commencement. Un éternel recommencement. Contrairement au calendrier actuel qui est linéaire et qui avance inexorablement dans le temps.
UNE ROUE COSMIQUE
Il existe encore une roue à plus grande échelle, la roue du zodiaque composée de douze constellations. Chaque ère (ère du Taureau, du Bélier, des Poissons etc.) dure 2160 ans. Le tour complet est fait en 25 920 ans. Quel rapport avec la roue représentée sur la plaque du chaudron d’argent ?
Parce que la constellation d’Ophiuchus est la treizième constellation du zodiaque. Cette constellation n’est jamais retenue dans la liste du Zodiaque Comme chez les douze autres, le Soleil traverse cette constellation lors de son parcours de l’écliptique en une année. Pourtant elle n’est jamais mentionnée dans la nomenclature des constellations du zodiaque. Cependant Ophiuchus est la constellation la plus importante des treize. Elle ne fait pas partie de la roue comme les autres constellations, elle les surplombe, les domine pour une raison très simple. Parce que Ophiuchus est le Maître de cette roue gigantesque. Ce dieu tient cette gigantesque roue cosmique d’une main comme sur la plaque du chaudron de Gundestrup. Roue qu’il reçoit de son père Taranis.
UN ÉTRANGE DÉFILÉ MILITAIRE
Cernunnos apparaît dans une autre scène importante sur une des grandes plaques du chaudron de Gundestrup. Un défilé militaire est figuré sur l’image, avec des cavaliers et des troupes à pied, tout ce qu’il y a de plus conventionnel.

Plaque du défilé militaire. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
Si seulement il n’y avait pas quelques éléments surnaturels qui indiquent qu’il s’agit bien de la figuration d’une scène mythologique. La grande taille d’un personnage — une divinité — qui plonge un second personnage dans une cuve ainsi que la présence d’un serpent à tête de bélier qui vole au-devant des quatre cavaliers. Ce n’est pas un sacrifice humain qui est représenté sur cette plaque comme on pourrait le penser. C’est exactement l’inverse puisqu’il s’agit d’une scène de résurrection qui est également mentionnée dans un texte gallois. Dans ce récit, le héros Peredur doit affronter un dragon, mais d’abord il est le témoin d’une étrange cérémonie. Tous les hommes qui affrontent le monstre sont tués. Cependant après le combat, leurs cadavres sont jetés dans une cuve et chose extraordinaire, les hommes ressuscitent.
II [Peredur] alla à la cour des fils du Roi des Souffrances. En y entrant, il n’aperçut que des femmes. Elles se levèrent à son arrivée et lui firent bon accueil. Il commençait à causer avec elles, lorsqu’il vit venir un cheval portant en selle un cadavre. Une des femmes se leva, enleva le cadavre de la selle, le baigna dans une cuve remplie d’eau chaude qui était plus bas que la porte, et lui appliqua un onguent précieux. L’homme ressuscita, vint le saluer et lui montra joyeux visage. Deux cadavres arrivèrent encore portés en selle. La femme les ranima tous les deux de la même façon que le premier[2].
Sur la plaque du chaudron de Gundestrup, le défunt qui est plongé dans la cuve n’est pas un inconnu puisque l’astronomie permet de lui donner un nom. Il s’agit du cadavre d’Orion qui est plongé dans une cuve la tête en bas afin de ressusciter par la suite. Orion est facilement reconnaissable grâce à la présence de son fidèle chien, son vâhana (la constellation du Grand Chien, Canis Major). Ce qui signifie également que le grand personnage est une figuration du dieu Cernunnos. La présence du serpent à tête de bélier, autre vâhana, en apporte la confirmation.
LE MAÎTRE DES ANIMAUX
Dans l’exemple suivant, Cernunnos devient le personnage principal d’une magnifique scène du chaudron de Gundestrup

Plaque du Maître des animaux. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
Il est représenté avec des bois de cerf au sommet de son crâne et il entouré par des animaux. Comme Ophiuchus son modèle céleste il tient dans sa main un serpent. Celui-ci a une particularité, il porte les cornes d’un bélier. De l’autre main, il tient un torque (un collier) et il en porte un autre autour du cou. Ce torque tenu à bout de bras est la constellation de la Couronne Boréale (Corona Borealis) qui a la forme d’un demi-cercle. Il est également assis dans une pose yogique typique du Maître des animaux qui se retrouve en Inde sur un sceau représentant le dieu Shiva. La plaque a été abondamment commenté sur ce site qu’il est inutile d’en dire davantage.
Pour en savoir plus sur la signification des animaux entourant Cernunnos, voir :
SAISON 3 ÉPISODE 1 Cernunnos le Maître des animaux
SAISON 3 ÉPISODE 2 Cernunnos et Ophiuchus
SAISON 3 ÉPISODE 5 Cernunnos et le cerf
SAISON 3 ÉPISODE 6 Cernunnos et le taureau
SAISON 3 ÉPISODE 7 Cernunnos et le loup
SAISON 3 ÉPISODE 9 Cernunnos, la déesse et le lion
LE MAÎTRE DES DRAGONS
Une des caractéristiques les plus important de Cernunnos est le port d’un torque autour du cou. Habitude qu’il partage avec une seule autre divinité, la déesse.
Voir à ce propos SAISON 3 ÉPISODE 3 Cernunnos et le torque
Donc sur le chaudron de Gundestrup, Cernunnos est facilement reconnaissable grâce à ce torque. Ce qui est également le cas avec cette plaque qui présente Cernunnos comme divinité centrale qui serre dans chacune de ses mains un dragon.

Plaque du dieu aux dragons. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
Au point de vue astrologique et astronomique, la tête et la queue du Dragon sont les nœuds lunaires, c’est à dire les points où se croisent les trajectoires de la Lune et du Soleil, les points sur lesquels se produisent les éclipses.
Cependant Cernunnos est également le héros d’un récit qui est raconté grâce aux images qui se succèdent sur le chaudron d’argent. C’est pourquoi il figure également dans la partie basse de la plaque. Il est un des deux petits personnages qui se font dévorer par un loup fantastique à deux têtes, gardien des Enfers. L’autre est son frère jumeau Orion. Ce qui démontre que contrairement au Cernunnos personnage central immense, qui figure une divinité immortelle. Le petit Cernunnos son avatar sur terre est, comme son frère Orion, un mortel qui peut mourir au gré des aléas du récit mythologique qui les met en scène.
Pour un déchiffrement complet de cette plaque du dieu aux dragons voire la deuxième partie de SAISON 3 ÉPISODE 7 Cernunnos et Dis Pater, le dieu loup
UN HÉROS CAVALIER
Sur la plaque suivante c’est toujours Cernunnos qui est la divinité centrale immortelle puisqu’il porte son signe distinctif, le torque.

Cernunnos et le cavalier (à droite). Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet
Les deux petits personnages sont encore une fois Orion et Cernunnos, en tant que mortels. Rien ne semble les distinguer, l’un prend une position de boxeur, l’autre de danseur. C’est encore un des animaux fétiches de Cernunnos qui permet de le reconnaître. Car dans le ciel, Ophiuchus/Cernunnos est le seul qui partage avec la déesse le privilège d’être associé au cheval. C’est pourquoi Cernunnos est à droite, le danseur. Il est également le minuscule personnage qui chevauche la constellation du Petit Cheval (Equuleus).
LES DEUX PORCHERS
Sur la plaque suivante, c’est Orion qui prend cette fois-ci la place de la divinité centrale.

Cernunnos et le cheval ailé (à droite). Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet
Contrairement à Cernunnos, il ne porte pas de torque. Orion et Ophiuchus/Cernunnos alterne avec la déesse sur les plaques du chaudron de Gundestrup pour avoir la première place au centre de la composition. Comme dans le ciel étoilé où Orion est le roi du ciel d’hiver et Ophiuchus, le roi du ciel d’été. Dans un éternel affrontement les deux frères se succèdent l’un à l’autre dans une ronde infinie. Les deux petits personnages se ressemblent, ce qui est normal pour des jumeaux. Ils tiennent tous les deux un petit sanglier dans une main. Ce qui est une illustration d’un mythe qui a été sauvé d’une disparition totale par des clercs chrétiens qui ont retranscrits les récits mythologiques celtiques qui circulaient encore au haut Moyen Âge en Irlande. Ce mythe met en scène deux porchers, d’anciens amis devenu ennemis, qui s’affrontent en se métamorphosant en animaux. Ils portent le nom de Rucht et Friuch en Irlande. Cependant sur cette plaque, ils sont aisément reconnaissables grâce à leurs animaux emblèmes respectifs. À gauche, Orion et son fidèle chien, la constellation du Grand Chien (Canis Major). À droite, Cernunnos qui comme évoqué précédemment partage le privilège avec la déesse d’être associé au cheval. Dans le ciel étoilé il y a deux chevaux, la constellation du Petit Cheval (Equuleus) et Pégase (Pegasus).

Pegasus et Equuleus, planche 15 du Miroir d’Uranie, un ensemble de cartes célestes accompagnées d’un traité familier d’astronomie par Jehoshaphat Aspin. Londres. Carte astronomique, tirage sur carton. 1825. Eau-forte, coloriée à la main. Source : ciel-de-nuit.com. Pour des raisons pratique, la carte a été retournée.
C’est ce dernier qui a été retenu par les druides pour figurer dans cette composition.
LES JUMEAUX DIVINS
Sur la plaque suivante, c’est la déesse qui teint le rôle central. Elle partage, le privilège avec Cernunnos de porter le torque. Ce qui est le cas également d’un des deux petits personnages. Ce qui signifie que sur toutes les plaques du chaudron d’argent, Cernunnos est à droite. Donc logiquement Orion est à gauche et il ne porte pas de torque. Orion et Ophiuchus forment ce l’on appelle un couple de jumeaux divins qui sont rivaux pour accéder à la royauté à tour de rôle aux cotés de la déesse.

La Grande Déesse et les Dioscures celtes. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet
Dans le mythe qui défile à travers les images du chaudron de Gundestrup, Orion et Ophiuchus interprètent le rôle des Dioscures. Les Dioscures sont nommés Castor et Pollux chez les Romains et Kástôr et Poludeúkês chez les Grecs. Ces Dioscures sont les fils jumeaux de Léda nés de deux pères différents. La légende raconte que Zeus métamorphosé en cygne séduit Léda. De cette union, Léda pond un œuf contenant les demi-dieux Pollux et Hélène. Elle pond également un autre œuf conçu avec son mari Tyndare, le roi de Sparte, contenant Castor et Clytemnestre, tous deux mortels. Les jumeaux, devenus plus âgés, enlèvent les filles de Leukippos, Hilaire et Phébé pour les épouser. La bataille qui suit cet enlèvement provoque la mort de Castor. Pollux, inconsolable, invoque Zeus, son père, et lui demande de lui accorder la mort, ou d’offrir l’immortalité à son frère. Zeus exauce ce désir de ne pas être séparés par la mort et permet à Pollux de passer avec son frère une moitié d’année dans les Enfers et l’autre sur le mont Olympe parmi les dieux. Les jumeaux sont par la suite métamorphosés par Zeus en étoiles et forment ensemble la constellation des Gémeaux. Les ressemblances entre les Dioscures et le couple Orion et Ophiuchus sont concordantes sur plusieurs points.
De plus, les druides connaissent bien ces jumeaux divins puisqu’un passage de Diodore de Sicile emprunté à Timée affirme que :
Les Celtes riverains de l’Océan ont une vénération particulière pour les Dioscures[3].
Pour en apprendre davantage, voir SAISON 3 ÉPISODE 12 Cernunnos et les Dioscures
DEUX ROIS POUR UN SEUL TRÔNE
Dans la mythologie grecque, selon les versions, les Dioscures sont vivants et morts à tour de rôle. C’est la version qui a également été retenue par les druides puisque comme leurs modèles dans le ciel étoilé, Orion est le roi du ciel d’hiver et Ophiuchus/Cernunnos, le roi du ciel d’été. Lorsque l’un descend sous terre et meurt, l’autre est assis sur le trône céleste bien vivant. Au changement de saison c’est l’inverse. Comme les Égyptiens de l’antiquité, les druides considèrent que les constellations vivent (lorsqu’elles sont visibles dans le ciel) et meurent (lorsqu’elles sont invisibles). Dans un éternel affrontement les deux frères se succèdent donc l’un à l’autre dans une ronde infinie sur le trône pour partager la royauté avec la Grande Déesse.
MORTEL OU IMMORTEL
Une autre version fait de Castor un mortel et de Pollux un demi-dieu, celui-ci, à sa mort, voit son père lui proposer l’immortalité, mais il refuse que son frère Castor demeure aux Enfers en raison de son état de mortel. Si l’on suit la mythologie grecque, Orion serait un demi-dieu immortel et Ophiuchus/Cernunnos un mortel. En tous cas Héraklès qui est un avatar d’Orion est un demi-dieu. Il est le fils d’un dieu et siège ensuite parmi les immortels. Le chaudron de Gundestrup est pourtant formel. En tant que héros, Orion est mortel puisqu’il meurt à la fin du récit qui est raconté en images sur le chaudron d’argent. (Voir plus loin).
Pour connaître les liens entre Héraklès et Orion, voir SAISON 2 ÉPISODE 5 Ogmios
DES CAVALIERS
Les Dioscures sont également des cavaliers. Les Dioscures grecs sont souvent représentés à cheval.

Plaque votive avec Dioscures et Artémis, trouvée à Demir Kapiya, Macédoine, IIe – IIIe siècle. (Wikimedia Commons).
Cependant un petit détail permet tout de même de les distinguer. Castor est le créateur de la race chevaline et Pollux est le créateur de la race canine. Ce qui signifie qu’Orion avec son fidèle chien peut être comparé à Pollux. Tandis que Cernunnos/Ophiuchus ressemble à Castor puisque sur les deux plaques précédentes il est associé par deux fois au cheval. L’une fois en tant que cavalier, l’autre fois il est figuré en compagnie d’un cheval ailé.
UN CHEVAL QUI VOLE DANS LES AIRS
Ce n’est pas tout, les chevaux des Dioscures ont une caractéristique extraordinaire puisqu’ils peuvent galoper dans les airs. Mais ils n’ont pas d’ailes. Il semble que les druides ont doté le cheval de Cernunnos d’ailes comme Pégase. La présence d’un cheval ailé parmi les constellations a dû être déterminante dans leur choix de faire figurer un équidé capable de voler dans les airs à côté de Cernunnos.

Relief votif avec apparition des Dioscures. Dans la partie supérieure, les Dioscures galopent au-dessus d’une Victoire en vol. Marbre, IIe siècle av. J.-C., Larissa (Thessalie). Musée du Louvre. (Wikimedia Commons).
Autre point commun avec l’iconographie du chaudron de Gundestrup, Castor et Pollux, les Dioscures, apparaissent dans l’Iliade qui nomme « Castor, le dompteur de chevaux, et Pollux, le pugiliste ». Ce qui est exactement le cas d’Orion qui prend la pose d’un pugiliste et Ophiuchus/Cernunnos celui du petit cavalier, dompteur de cheval.
DES DANSEURS
Les Dioscures étaient également considérés comme les inventeurs de la danse et des musiques guerrières. C’est pourquoi sur les plaques précédentes Ophiuchus/Cernunnos prend la pose d’un danseur. On peut noter que Thésée exécute une danse de la grue (geranos) après avoir tué le Minotaure dans le labyrinthe. Orion prend la même pose de danseur lorsqu’il sacrifie le Taureau céleste sur la plaque du fond du chaudron de Gundestrup. Il est également étrange de trouver dans l’iconographie gauloise, un taureau qui est en compagnie de trois grues. Ce bovidé est appelé Tarvos Trigaranos. Ce n’est sans doute pas un hasard. Peut-on avancer que tous les danseurs représentés sur le chaudron de Gundestrup qui pour nous semblent danser un rock endiablé, exécutent en fait la danse de la grue.
Une dans rituelle, symbole de victoire
Voir également SAISON 3 ANNEXE 1 Tarvos Trigaranus
UN ÊTRE DIVIN ET UN HOMME SAUVAGE
Ce sont les Dioscures indiens, les Ashvins, dont le nom signifie « dresseur de chevaux », « cavalier », qui apportent une précision importante sur la classification des Dioscures. L’un est le fils d’un dieu tandis que l’autre est fils d’un homme et porte parfois le nom d’un animal. Ainsi l’un est appelé Sahadeva ce qui signifie « semblable aux dieux » et l’autre porte le nom de Nakula qui signifie « mangouste ». Ce couple existe aussi dans le druidisme avec Orion qui est représenté sous forme humaine semblable aux dieux et Cernunnos qui est le Maitre des animaux et qui porte des bois de cerf. Le divin et l’animal. En Mésopotamie, Gilgamesh est un dieu aux trois-quarts tandis qu’Enkidou est un homme sauvage vivant parmi les gazelles. Ce couple dioscurique existe également dans le Christianisme avec Jésus « le fils de Dieu » et Jean le Baptiste qui vit dans le désert : « Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage » (Matthieu 3.4). Le divin et l’homme sauvage.
Selon la tradition Jésus est né le 24 décembre et Jean le 24 Juin. Orion est le roi du ciel d’hiver et Ophiuchus, le roi du ciel d’été. La Religion des Étoiles traverse le temps et les civilisations.
UN AFFRONTEMENT MORTEL
Orion et Ophiuchus/Cernunnos sont présents sur une dernière plaque aux cotés de la déesse. À droite Cernunnos prend à nouveau la pose du danseur. Orion quant à lui se bat contre un sanglier furieux.

Plaque du sanglier. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.

Le combat à mort entre Orion et le sanglier. Détail du chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré. (Nationalmuseet de Copenhague).
Il s’agit du point culminant du récit qui est raconté par le chaudron de Gundestrup puisqu’Orion, comme Adonis, est blessé mortellement par le sanglier et meurt à l’issu de cet affrontement.

Adonis blessé par le sanglier. Œuvre de Pierre François Lejeune, entre 1750 et 1790. Musée de la Ville de Bruxelles.
ORION MORT
Une autre image prouve qu’Orion est mort. Car le chaudron d’argent montre clairement le corps d’un dieu mort entre les bras de la Déesse-Mère.

La Grande Déesse, à noter Orion et son chien couchés sur le dos (en bas). Certains spécialistes ont vu dans ce personnage Lug à la longue main, en attribuant par erreur le bras de la déesse au petit personnage. Ce qui n’est bien évidemment pas le cas. C’est bien le bras de la déesse qui se prolonge sous le petit personnage. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré. (Nationalmuseet de Copenhague). (Wikimedia Commons).
Luxe suprême, pour qu’il n’y ait pas de confusion et bien identifier le défunt, l’artisan qui a réalisé le chaudron a même ajouté le fidèle chien du dieu dans la composition de l’image. Pas d’erreur possible, c’est bien d’Orion qu’il s’agit.
Mais pourquoi Orion et son chien sont-ils représentés couchés sur le dos ?
C’est une fois de plus vers l’astronomie qu’il faut se tourner pour trouver une explication. Les étoiles circumpolaires, les plus proches de l’étoile polaire, sont visibles toute la nuit en toute saison parce qu’elles ne descendent jamais sous l’horizon. C’est pourquoi elles sont considérées par les anciens comme immortelles. Les Égyptiens les ont qualifiés en tant que « Celles qui ne connaissent pas la destruction » ou encore les « impérissables ». Pour les autres étoiles du firmament, les Égyptiens considéraient que ces étoiles « vivent » lorsqu’elles sont visibles et qu’elles meurent lorsqu’elles sont invisibles. Les constellations d’Orion et du Grand Chien font partie des constellations qui descendent sous l’horizon, donc sous terre, et qui disparaissent du ciel étoilé pendant un certain temps. Ce qui signifie que pour les anciens ces deux constellations font partie des constellations mortelles. Orion et le Grand Chien sont morts couchés sur le dos parce qu’ils ne sont plus visibles pour l’observateur. C’est pourquoi le défunt Orion gît dans le bras de la déesse.
Parmi les nombreux éléments qui entourent la déesse, il faut retenir le corps d’Orion qui est étendu dans le bras de la divinité (en bas à droite). Orion est la plupart du temps accompagné par son fidèle chien, couché lui aussi sur le dos.
L’image du dieu couché dans les bras de la déesse n’est pas sans rappeler l’image saisissante d’une mater dolorosa. C’est pourquoi cette scène du chaudron de Gundestrup est le strict équivalent druidique de la pietà qui représente la Sainte Vierge tenant le corps sans vie du Christ dans ses bras.

La Pietà est une statue en marbre de Michel-Ange de la basilique Saint-Pierre du Vatican à Rome, représentant le thème biblique de la « Vierge Marie douloureuse » (Mater dolorosa en latin ou Pietà), tenant sur ses genoux le corps du Christ descendu de la Croix avant sa Mise au tombeau, sa Résurrection et son Ascension. Elle a été sculptée entre 1498 et 1499.
Certes le style presque schématique et symbolique du chaudron n’a rien à voir avec la figuration expressive de la même scène crée par Michel-Ange, mais le sujet central dans un cas comme dans l’autre reste le même, la mère divine tient son fils défunt dans ses bras.
LA RÉSURRECTION D’UN DIEU
Orion ressuscite ensuite après avoir été plongé dans une cuve.

Le défilé militaire au cours de laquelle Orion est plongé dans une cuve. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.

Orion plongé dans la cuve. Détail du chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
LE MYSTÈRE DE LA PLAQUE MANQUANTE
La succession de scènes qui ornent le chaudron de Gundestrup laissent à penser qu’il s’agit bel et bien d’une résurrection et non d’une renaissance comme nombre de dieux saisonniers. Le dieu meurt et ressuscite bel et bien. Les parallèles avec le Christ existent, mais les divergences sont également importantes. La mise à mort n’est pas la même et le délais entre la mort et la résurrection diffère également (trois jours dans un cas et soixante-dix dans l’autre). On peut se demander si cette fameuse scène du dieu ressuscité des druides ornait la fameuse plaque du chaudron de Gundestrup qui a mystérieusement disparue ?
Un dieu qui ressuscite.
Peut-être que cette image était jugée assez dérangeante par les découvreurs de 1891 pour la faire disparaître. Notamment par le directeur du Musée National Danois issus d’une lignée de théologiens chrétiens.
Pour en savoir plus, voir SAISON 1 ANNEXE 6 Les circonstances de la découverte du chaudron de Gundestrup
La plaque du chaudron de Gundestrup a-t-elle disparue pour des raisons religieuses ?
À cause de son contenu jugé trop subversif ?
En tout cas, c’est peine perdue, puisqu’il existe bel et bien une statue du dieu ressuscité dans la statuaire gauloise. Œuvre qui a simplement été mal interprétée jusqu’à ce jour. Ce sera le sujet d’un article ultérieur.
ORION ET JÉSUS
Il existe des parallèles entre Orion et Jésus. Notamment la mort et la résurrection. Cependant la mise à mort n’est pas la même, croix contre sanglier. Ni la durée entre la mort et la résurrection, 3 jours dans un cas et 70 jours dans l’autre. Ce qui implique un calendrier différent.
Pour un chrétien, la résurrection est un fait historique, sinon comme le dit saint Paul, le Christianisme n’a aucune raison d’être. Tandis que dans le cas d’Orion c’est un phénomène astronomique. Ce qui n’exclut pas une incarnation dans la pratique cultuelle. Une personne prenant dans certaines circonstances de grand péril pour la communauté le rôle d’Orion lors d’un sacrifice sanglant.
La disparition d’Orion sous l’horizon, symbolise la mort puis son passage aux Enfers. Après avoir passé 70 jours sous terre, Orion ressuscite, au solstice d’été[4] nimbé des premières lueurs de l’aube.
Christ en majesté, Matthias Grünewald, retable d’Isenheim, vers 1515. Musée d’Unterlinden, Colmar, France. (Wikimedia Commons).
Dernier petit détail, le sanglier est un animal fétiche de Cernunnos. Ce dernier tue Orion en revêtant cette apparence animale.
Voir à ce propos SAISON 3 ÉPISODE 18 Le sanglier celtique
CONCLUSION
Pour bien comprendre les croyances véhiculées par le chaudron de Gundestrup, il est indispensable de concevoir cette double appartenance au monde des humains et au monde des divinités. En tant que héros d’un mythe, Orion et Ophiuchus sont des mortels. L’un meurt sous une apparence humaine comme Adonis, tandis que l’autre est tué sous une forme animale comme Dionysos/Zagreus qui se transforme en plusieurs animaux avant d’être déchiré sous la forme d’un taureau par les titans. Tandis qu’en tant que dieux, ils sont immortels. Et même leurs avatars terrestres ont un statut spécial puisqu’ils ne meurent pas définitivement comme les humains ordinaires, mais renaissent indéfiniment à tour de rôle pour accomplir un cycle immuable composé de meurtres rituels et de résurrection.
Dans le cas d’Orion, c’est bien d’une résurrection qu’il s’agit et non d’une renaissance. Il n’y a aucun doute, au solstice d’été, Orion sort intègre du tombeau (la terre) auréolé par les rayons du Soleil. Ces ressemblances peuvent expliquer la facilité, soulignée par plusieurs auteurs, avec laquelle les files irlandais (successeurs des druides) sont passés au Christianisme, non sans quelques querelles avec les autorités ecclésiales du continent à propos des dates des fêtes.
©JPS2025
BIBLIOGRAPHIE :
Bernard Sergent, Genèse de l’Inde, Éditions Payot & Rivages, Paris, 1997.
NOTES :
[1] Ce n’est pas un arbre ou un animal qui est vénéré, mais le dieu dont l’arbre ou l’animal est le signe. Ainsi un arbre touché par la foudre peut convenir pour figurer Taranis, dieu du tonnerre, sans avoir recourt à une image sculptée qui représente le dieu sous une forme humaine. Représenter les dieux à l’image de l’homme est une abomination pour un druide. Comment faire entrer la puissance, la grandeur et la splendeur des habitants du ciel dans une enveloppe aussi étriquée, alors que quelques signes abstraits suffisent. Ce n’est qu’après l’effondrement de la Gaule, entraînant la disparition de l’interdit druidique sur la représentation des dieux, que les Gaulois ont figuré leurs divinités. C’est pourquoi le chaudron de Gundestrup, vrai testament des druides est d’une importance capitale pour comprendre les croyances des druides.
[2] Les Mabinogion, Contes bardiques gallois, Peredur ab Evrawc, Traduction de Joseph Loth, Éditions Les Presses d’Aujourd’hui, Paris , 1979, pp. 221-222.
[3] Diodore de Sicile, IV, 56, 4, au Ier siècle av. J.-C.
[4] Orion n’arien a voir avec des dieux de la végétation qui renaissant au printemps puisqu’il ressuscite au solstice d’été. Ce qui est un peu tard dans l’année pour symboliser une nature renaissante.
CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP) CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP) CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP) CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP) CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP) CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP) CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP) CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP) CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP) CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP) CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP)

