CERNUNNOS (TAURISCOS)
LES DRUIDES SAISON 3 ÉPISODE 6
CERNUNNOS ET LE TAUREAU
La présence d’un taureau au coté de Cernunnos met en relief l’importance des cycles, qu’ils soient grands ou petits, dans la mythologie du dieu aux bois de cerf.
LA SYMBOLIQUE DU TAUREAU
Le taureau est un symbole de puissance et de force ainsi que de la virilité fécondante dont l’abondante semence fertilise la terre. Ses cornes représentent la puissance, le pouvoir et la royauté. Les tiares à cornes, coiffes réservées aux divinités mésopotamiennes, résument à elles seules cette idée de puissance royale.

Statuette en terre cuite du dieu Enki/Ea sur un trône, une coupe à la main. Période paléo-babylonienne, début du IIe millénaire av. J.-C. Musée national d’Irak. (Wikimedia Commons).
Mais bien au-delà de cette symbolique de force et de fertilité, le taureau est avant tout une constellation et le nom d’une ère zodiacale.
LA CONSTELLATION DU TAUREAU
Lorsque le héros mésopotamien Gilgamesh affronte le Taureau céleste envoyé par la déesse Ishtar pour se venger d’un affront, c’est une image inscrite dans le ciel étoilé qui est inséré dans le récit mythologique.

Relief en terre cuite mésopotamien (vers 2250 – 1900 av. J.-C.) montrant Gilgamesh abattant le Taureau céleste. (Musée Art et Histoire de Bruxelles).
C’est la même scène du demi-dieu qui affronte un taureau géant qui figure sur la plaque du fond du chaudron de Gundestrup.

En haut, Orion (Orion) et son chien (Canis Major), au milieu l’énorme Taureau céleste (Taurus), en bas, la constellation du Dragon (Draco) et la Petite Ourse (Ursa Minor) presque effacée. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
Cette image n’a pas été inspirée par un récit mésopotamien datant du IIe millénaire qui se retrouve sur un chaudron celtique daté du Ier siècle av. J.-C., mais tout simplement les mêmes images stellaires transposées dans des textes ou fixées sur un support en métal dans le cas du chaudron de Gundestrup.
Il s’agit dans les deux exemples des constellations d’Orion et du Taureau qui s’affrontent dans le ciel étoilé.

Gravure représentant les constellations d’Orion et du Taureau (Taurus), Atlas Céleste de Flamsteed, 1776.
Cette similitude entre deux civilisations séparées non seulement par des milliers de kilomètres, mais également séparées par des milliers d’années repose uniquement sur l’existence d’un répertoire d’images en commun dès les temps les plus anciens. Les différentes cultures ont pu y puiser pour représenter leurs mythes fondateurs de façon indépendante les unes des autres. Les ressemblances sont nombreuses, mais les différences tout autant. Par exemple, les anciens iraniens qui ont élaboré les images du dieu Mithra[1] à partir des mêmes éléments composant ce répertoire d’images. Sur les monuments mithraïques sont également représentés les deux constellations précitées, celle d’Orion combattant le Taureau céleste. Cependant dans l’exemple iranien, ce ne sont pas tout à fait les mêmes constellations annexes entourant la scène du dieu et du taureau qui ont été retenues. Puisque autour d’Orion, du Taureau et du Grand Chien apparaissent aussi les constellations du Serpent et du Scorpion.

Mithra sacrifiant un taureau, Image qui peut être décrypté de la façon suivante : Orion (Orion) le sacrificateur, la constellation du Taureau (Taurus) (la victime du sacrifice), en bas les constellations du Grand Chien (Canis Major), du Dragon (Draco) sous les traits d’un serpent et la constellation du Scorpion ( Scorpius) qui pince les testicules du Taureau Céleste. Marbre. Vers 390. Saïda (Liban) – Sidon, province de Syrie-Phénicie. Musée du Louvre, Département des antiquités orientales. Photo : Musée du Louvre (distr. RMN-Grand Palais / Franck Raux).
Tandis que les druides ont retenu autour du trio Orion, Taureau et Grand Chien, les constellations du Dragon et de la Petite Ourse en y ajoutant en toile de fond la Voie Lactée (le feuillage formant la litière du taureau) pour composer la plaque du fond du chaudron d’argent.

En haut, Orion (Orion) et son chien (Canis Major), au milieu l’énorme Taureau céleste (Taurus), en bas, la constellation du Dragon (Draco) et la Petite Ourse (Ursa Minor) presque effacée. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.

Gravure représentant les constellations d’Orion et du Taureau (Taurus), Atlas Céleste de Flamsteed, 1776.
Cette différence démontre bien que le chaudron n’est pas une simple copie d’un monument dédié au dieu Mithra, mais une interprétation du ciel étoilé, propre aux druides, basée sur leurs connaissances astronomiques.
Pour le déchiffrement complet de la plaque du fond, voir SAISON 1 ANNEXE 5 Chaudron de Gundestrup et astronomie
L’ÈRE DU TAUREAU
Une ère astrologique est la période pendant laquelle le point vernal, qui correspond à la position du Soleil à l’équinoxe de printemps, traverse l’une des douze constellations du zodiaque. Ce déplacement a pour cause un phénomène appelé précession des équinoxes[2]. Une ère dure 2160 ans et le cycle complet 25920 années. Le plus étrange est que ces ères semblent correspondre aux grands courants religieux qui ont marqués l’histoire de l’humanité. C’est lors de l’ère du Taureau que les peuples ont commencé à représenter leurs dieux avec des cornes de taureau. En Égypte, Osiris est représenté par un taureau. En Mésopotamie, le dieu Sin prend la forme d’un taureau. En Inde, le taureau est l’emblème d’Indra et de Shiva. En Grèce, le taureau est consacré à Poséidon et Dionysos. Zeus prend la forme d’un taureau pour séduire la princesse phénicienne Europe. Une habitude de représenter les dieux qui est resté bien après la date de l’ère en question. Ainsi au Proche-Orient, le taureau a représenté le dieu El dès le début du troisième millénaire avant notre ère. Proscrit par Moïse (lors de la séquence du veau d’or de la Bible) le culte d’El a subsisté jusque sous le règne du roi David[3], comme l’attestent les statues du taureau sacré, influencées de l’art égyptien, remontant à cette date[4].

Statue du dieu cornu (12e siècle av. J.-C.), trouvée à Enkomi (Chypre). (Wikimedia Commons).
Ainsi le soleil se lève à l’équinoxe de printemps durant 2160 années dans le même signe du zodiaque avant de passer dans un autre signe. Nous sommes actuellement dans l’ère des Poissons qui a commencé en 100 av. J.-C. et qui se termine donc en 2060[5]. C’est durant cette période que le poisson[6] devient l’un des symboles majeurs qu’utilisaient les premiers chrétiens de l’église primitive en signe de reconnaissance.
Ce qui signifie en ce qui concerne l’ère du Taureau que lors le Soleil s’est levé lors de l’équinoxe de printemps durant 2160 ans dans la constellation du Taureau avant de dériver lentement vers la constellation du Bélier et d’engendrer ainsi l’ère du Bélier.
Or la plaque du fond du chaudron de Gundestrup indique clairement le passage de l’ère du Taureau à celle du Bélier avec le sacrifice du Taureau céleste autour de 2260 av.-C. qui marque la fin de l’ère du Taureau (de 4400 – 2260 av. J.-C.).
Pour en savoir plus, voir SAISON 1 ANNEXE 10 Les ères astrologiques
LE TAUREAU AUX TROIS GRUES
Cependant le chaudron de Gundestrup va encore plus loin que le sacrifice du Taureau céleste sur la plaque du fond puisqu’il montre un triple sacrifice du bovidé divin sur une des plaques intérieures du chaudron.

Plaque du triple sacrifice du taureau. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
Cette scène fait référence à un taureau divin que l’on retrouve uniquement dans l’iconographie gauloise (statuettes ou bas-reliefs) sous la forme d’un bovidé qui semble étroitement lié au chiffre trois.
Sur un des bas-reliefs du Pilier des Nautes est représenté un taureau et trois grues, deux oiseaux sont sur le dos et une sur la tête de l’animal.

Pilier des Nautes : Tarvos Trigaranus, sculpture, 37 apr. J.-C., époque gallo-romaine (50 av.-1 00 apr. J.-C.), musée national du Moyen Âge -Thermes de Cluny, Paris. Source : www. musee-moyenage.fr
Un arbre se détache au premier plan, il porte le même feuillage que l’arbre qui élagué par Esus sur un bas-relief figurant sur une autre face du pilier.

Pilier des Nautes : ESUS, sculpture, 37 apr. J.-C., époque gallo-romaine(50 av.-1 00 apr. J.-C.), musée national du Moyen Âge – Thermes de Cluny, Paris. Source : www. musee-moyenage.fr
Que les deux scènes sont liées est démontré par un troisième bas-relief provenant de Trêves (Allemagne). Une stèle d’époque impériale, dédiée à Mercure.


Bas-relief de Trèves et fac-similé, face latérale d’une stèle dédiée à Mercure. (Rheinisches Landesmuseum, Trier, Allemagne).
Sur ce bas-relief, on peut voir un homme vêtu d’une courte tunique couper un arbre. À la lumière des deux panneaux du pilier des Nautes on peut déduire qu’il s’agit du même personnage, c’est à dire Esus. Dans cette scène le dieu ne coupe pas les branches comme sur le pilier parisien, mais le tronc de l’arbre. Un arbre dont les branches feuillues abritent une tête de taureau et trois oiseaux. Il semble que sur le bas-relief de Trêves, les deux panneaux du pilier des Nautes ont fusionné pour obtenir une seule scène. Dans les deux cas, il s’agit de la représentation d’un seul et même mythe. Pour le déchiffrement de ces bas-reliefs, voir SAISON 2 ÉPISODE 12 Esus le destructeur de mondes
L’ABATTAGE DE L’ARBRE SACRÉ
Si le panneau du pilier des Nautes semble au premier abord montrer l’image d’un simple bûcheron qui élague un arbre. Il n’en va pas de même sur le second bas-relief retrouvé à Trèves. Ce panneau montre, certes, la même scène, sauf que sur l’arbre sont perchées trois grues. Ce qui peut paraître normal pour des oiseaux, mais surtout on peut distinguer dans le feuillage de l’arbre une tête de taureau[7]. Ce qui est tout de même, il faut l’avouer, beaucoup moins fréquent.
Or, il n’y a qu’une explication possible pour ce taureau posé sur la cime d’un arbre. Une explication astronomique. Car ce n’est pas un animal ordinaire ni d’un arbre quelconque qu’il s’agit, mais de l’arbre cosmique qui soutient la voûte céleste et dans ce cas particulier, la constellation du Taureau et des Pléiades (les trois grues)[8].
Il n’y a aucun doute que ces trois grues représentent trois déesses. Comme le démontre une statuette en bronze découverte à Maiden Castle en Grande-Bretagne (Dorset) qui montre un taureau à trois cornes portant sur son dos les bustes de trois déesses. D’ailleurs, la transformation des déesses en oiseaux est un motif que l’on retrouve fréquemment dans la mythologie celtique d’Irlande.

Taureau à trois cornes avec le buste de trois déesses. Source Pinterest
Sur le dos de l’animal, certains observateurs ne comptent que deux déesses, pourtant il en a bien une troisième, celle assise près des cornes de l’animal, dont il manque malheureusement la tête.

Taureau à trois cornes en bronze avec buste de trois déesses, Ier siècle, Maiden Castle, Dorset GB. Au musée du comté de Dorset. © CM Dixon / Héritage-Images
Cette statuette semble indiquer deux choses importantes.
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Le taureau —représenté sur le pilier des Nautes et du bas -relief de Trêves — correspond au fameux taureau à trois cornes de la religion druidique.

Le taureau d’Avrigney, statue en bronze du Ier siècle, découvert en 1756 à Avrigney (Haute-Saône). Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie. © DOUSSON Jean-Louis
Il est donc évident que ce n’est pas un taureau ordinaire, mais un taureau divin. Plus précisément, il s’agit du Taureau céleste que l’on retrouve dans le ciel étoilé sous la forme de la constellation du Taureau.
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Que les trois grues correspondent, elles aussi, à une formation céleste, l’amas des Pléiades. Ces grues trouvent une correspondance avec les trois déesses parfois représentées sur les monuments gaulois.

Les trois déesses-mères d’origine gauloise, les Matres, portant corbeilles de fruits et corne d’abondance. Autel dédié aux Mères augustes par un médecin, marbre blanc, datation : 1er siècle – 2e siècle. © Degeule Jean-Michel. Source : lugdunum.grandlyon.com
Ces trois déesses, quant à elles, correspondent en fait à la Grande Déesse aux multiples visages des druides qui est à l’origine de tout. Elle est triple et elle peut devenir, selon les mythes dans lesquels elle s’incarne, la fille, l’épouse ou la mère des dieux masculins du panthéon celtique. Lorsque le poète Gérard de Nerval décrit la déesse Artémis, il écrit : La Treizième revient… C’est encor la première ; Et c’est toujours la seule…
LE TAUREAU ET LES PLÉIADES
L’association des constellations du Taureau et des Pléiades est très ancienne puisqu’elle remonte à la Préhistoire. L’exemple le plus connu est celui de la grotte de Lascaux, chef- d’œuvre en péril, dont les peintures sont estimées autour de 18000 ans avant notre ère. Car chose extraordinaire, au-dessus de la nuque du taureau se trouve une formation de points à l’endroit exact où l’on s’attend à trouver l’amas des Pléiades.

Auroch peint dans la salle des taureaux. Le groupe de points noirs au-dessus de l’animal correspond à l’amas des Pléiades qui brille dans la constellation du Taureau. © ministère de la culture, centre national de la préhistoire, Norbert Aujoulat
On peut voir six points au-dessus du Taureau, pourtant les Pléiades sont traditionnellement constituées de sept étoiles qui sont appelées les « sept sœurs ». Cependant l’astronome Ératosthène[9], précise qu’on ne voit pas sept, mais seulement six étoiles dans le ciel étoilé parce que six des sœurs se sont unies à des dieux et la dernière à un mortel et que c’est pour cette raison qu’elle est totalement invisible[10]. À quand remonte cette histoire ?
D’après des études récentes, on pense aujourd’hui que certains mythes peuvent puiser leurs racines communes au Paléolithique, il y a 65000 à 40000 ans.
ORION ET TAURISCOS LE TYRAN DES GAULES
Les éléments qui composent la plaque du fond du chaudron de Gundestrup permettent d’identifier le personnage qui affronte le grand taureau.

En haut, Orion (Orion) et son chien (Canis Major), au milieu l’énorme Taureau céleste (Taurus), en bas, la constellation du Dragon (Draco) et la Petite Ourse (Ursa Minor) presque effacée. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
Il s’agit des constellations d’Orion (Orion), du Taureau (Taurus), du Grand Chien (Canis Major). Le personnage armé d’une épée — Orion — se bat contre le Taureau céleste. Lors de cet exploit, il est accompagné de son fidèle chien.
Cependant l’une des plaques intérieures du chaudron d’argent, nous donne un autre indice important. Le dieu Orion affronte un adversaire triple puisque la scène du sacrifice est répétée trois fois.
Il faut toutefois préciser qu’il ne s’agit pas du dieu lui-même, mais de son incarnation —son avatar — sur terre. Cette incarnation, le héros du mythe qui est représenté sur cette scène, doit affronter un être triple.
LE DEMI DIEU HÉRACLÈS
Le mythe qui se rapproche le plus du motif du triple taureau représenté sur le chaudron de Gundestrup est celui d’Héraklès qui au cours d’un de ses douze travaux doit se battre contre Géryon, un géant triple.
Le texte le plus complet concernant cet épisode est celui contenu dans la Bibliothèque du pseudo-Apollodore.
LES BŒUFS DE GÉRYON
Géryon est un monstre à trois corps, qui règne sur la côte occidentale de l’Ibérie. Cet être monstrueux possède un troupeau de bœufs rouges qui sont confiés à la garde du bouvier Eurytion et du chien à deux têtes Orthos. Pour le compte d’Eurysthée, roi de l’Argolide, Héraclès doit accomplir douze travaux. Lors du dixième, le héros doit s’emparer du troupeau de bœufs de Géryon. Héraklès tue d’abord le bouvier Eurytion. Ensuite le héros grec est attaqué par Orthos. Héraklès tue le chien monstrueux avec sa massue. Géryon s’arme de ses trois boucliers, trois lances et met ses trois casques. Il est tué par Héraklès qui le transperce d’une flèche qui traverse ses trois corps. Le héros grec peut ainsi dérober les bœufs et les ramener à Eurysthée.
UN ÊTRE TRIPLE
Géryon est un personnage étrange. Les auteurs grecs ne sont pas d’accord entre eux sur son aspect, mais tous sont d’accord pour dire qu’il est marqué d’une façon ou d’une autre par le chiffre trois. Parfois dans leurs descriptions du Triple Géryon, il devient un homme à trois têtes (Hésiode, dans sa Théogonie). Cette statuette étrusque montre à quoi pouvait ressembler cette variante.

Statuette de Géryon sous la forme d’un humain à trois têtes, VIème siècle av J.-C. Musée des Beaux-Arts de Lyon. (Wikimedia Commons).
Parfois, c’est un personnage avec trois corps joint à la taille (Eschyle) ou encore trois frères séparés, mais n’ayant qu’une seule âme (Trogue Pompée).

Héraklès affrontant le triple Géryon, amphore à figures noires, signée par Exékias, potier, 550-540 av. J.-C., trouvée à Vulci, Musée du Louvre.
On peut voir la difficulté pour les artistes de représenter un personnage qui est triple. Sur le vase grec, l’artiste a retenu la deuxième variante, celle de trois corps joint à la taille. Sur le chaudron de Gundestrup, les druides ont choisi de représenter ce triple personnage sous une forme animale (le taureau) et séparé en trois corps bien distinctes. Cependant au sein même de la religion druidique ce personnage triple peut prendre différentes apparences.
Qui est ce personnage ?
LE TRIPLE TAUREAU GAULOIS
Pour comprendre, il faut citer un texte d’Ammien Marcellin, un des historiens les plus importants de l’Antiquité tardive :
Dans un passage de son Histoire de Rome (Livre XV, 9-12), cet auteur fait mention des aventures d’Héraklès en Espagne et en Gaule au cours desquelles le héros affronte et tue deux cruels tyrans. L’un est justement le fameux Géryon et désole l’Espagne ; l’autre porte le nom de Tauriscus, et fait peser sa tyrannie sur les Gaules.
Dans ce contexte, on peut penser que ces deux personnages cités côte à côte ont un caractère analogue et une forme identique, même si Ammien Marcellin ne le précise pas.
Ce qui permet d’avancer l’hypothèse que l’adversaire triple qu’affronte Orion sur le chaudron de Gundestrup n’est pas Géryon, mais Tauriscus, le tyran des Gaules.
Le nom de Tauriscus[11] basé sur le mot latin Taurus « taureau », semble indiquer un être en rapport avec les bœufs ou les taureaux.
L’iconographie gauloise nous livre quelques exemples de ce Tauriscos, le triple taureau.
LA FORME ANIMALE DU DIEU
Comme en Grèce, les artistes gaulois ont eu plusieurs options à leur disposition pour représenter leur personnage triple. D’abord sous la forme d’un bovidé à trois cornes.

Le taureau d’Avrigney, statue en bronze du Ier siècle, découvert en 1756 à Avrigney (Haute-Saône). Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie. © DOUSSON Jean-Louis
Un tel taureau n’existe pas dans la nature. Il s’agit sans aucun doute possible de la représentation d’une divinité celtique. Les trois cornes soulignent le côté triple de cet animal extraordinaire.

Gros plan de la tête du taureau à trois cornes. Besançon, musée des beaux-arts et d’archéologie. © DOUSSON Jean-Louis
Une autre figuration que l’on trouve sur le pilier des Nautes, montre un taureau accompagné de trois grues dénommé Tarvos Trigaranus « taureau aux trois grues ». Ce sont, cette fois-ci, les oiseaux qui entourent le taureau qui soulignent la triplicité de l’animal divin.

Le Tarvos Trigaranus « Taureau aux trois grues » sur le pilier des Nautes. Musée National du Moyen Age, Thermes de Cluny.
Voir également SAISON 3 ANNEXE 1 Tarvos Trigaranus
LA FORME PRESQUE HUMAINE DU DIEU
Une découverte récente nous révèle cependant le vrai visage de ce triple personnage. Cette fois-ci sous sa forme « presque » humaine. Dans la chambre funéraire d’une tombe princière, datée du Ve siècle avant notre ère, les archéologues ont retrouvé un chaudron en bronze d’environ un mètre de diamètre. L’œuvre est étrusque ou grecque, ce qui fait que les spécialistes le décrivent avec des références grecques. Oubliant tout simplement que les objets retrouvés dans les tombes celtiques, ne sont pas des objets quelconques, mais des commandes. Il ne s’agit donc pas d’Acheloos, le dieu-fleuve des Grecs, mais d’une divinité gauloise chère au défunt enterré dans la tombe. Les décors des vases ou chaudrons retrouvés dans des sépultures celtiques, comme le célèbre vase de Vix, ne sont jamais anodins, mais ils ont toujours une signification pour leur propriétaire.

Dieu cornu, détail du chaudron de Lavau découvert dans une tombe princière du Ve siècle av. J.-C.
Le personnage est représenté avec des cornes et des oreilles de taureau, mais un détail très important retient l’attention. Pour souligner la triplicité du dieu cornu, celui-ci arbore fièrement une triple moustache. C’est une des rares figurations de Tauriscos, le triple adversaire d’Orion
LA FORME HUMAINE DU DIEU
Après le triple taureau du chaudron de Gundestrup, le taureau à trois cornes, le taureau aux trois grues et la tête humaine avec sa triple moustache, ses cornes et ses oreilles de taureau ; il ne manque plus qu’une figuration exclusivement humaine pour compléter le tableau.
Une divinité à trois têtes comme Géryon existe effectivement en Gaule. C’est le dieu tricéphale que l’on retrouve en Gaule qui nous l’apporte. Un seul exemple, le dieu à trois têtes de Condat, qui est daté de l’époque romaine, mais qui représente néanmoins un dieu gaulois.

Dieu tricéphale de Condat. 2e siècle ap. J.-C., Calcaire, collection Musée d’Aquitaine. (Photo mairie de Bordeaux).
La tête principale s’accompagne de deux plus petites situées sur les côtés au-dessus de chaque épaule. Rien ne semble relier ce dieu tricéphale au taureau à trois cornes. Si ce n’est justement le côté triple du personnage. Voir également SAISON 2 ANNEXE 2 Dieux celtes et animaux
UN DIEU TAUREAU
Quelle est le nom du dieu qui se cache derrière ce personnage triple ?
C’est le décor en relief d’une stèle qui dévoile l’identité secrète du dieu. Cette stèle dites des « Bolards » dont le nom vient d’un site archéologique gallo-romain situé à Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or). Dans les vestiges de ce grand sanctuaire, qui a succédé à un temple gaulois, on a retrouvé une stèle regroupant trois divinités.

Stèle des Bolards sur laquelle est représentée une triade de divinités. Calcaire. H. 47 ; 1. 43 ; ép. 10 cm. Musée de Nuits-Saint-Georges. (Cl. Bernuy).
Stèle, en partie endommagée ou effacée, est composée de deux scènes distinctes, en haut, trois divinités assises avec chacune le pied gauche posé sur un tabouret. En bas, une frise avec plusieurs animaux. Pour le déchiffrement de cette partie du monument, voir SAISON 3 ÉPISODE 4 Cernunnos et le cerf
Les trois personnages sont de gauche à droite, une déesse-mère, aujourd’hui acéphale, vêtue d’une tunique longue serrée à la taille et d’un manteau posé sur l’épaule. Elle tient une corne d’abondance et une patère. À ses pieds une corbeille de fruits. Au centre, une divinité à demi nue qui porte sur l’épaule un drapé ramené ensuite sur les genoux et tombant le long de la jambe qui laisse apparaître un buste aux seins marqués et un sexe masculin. Le visage aux est encadré d’une chevelure qui tombe sur les épaules et une couronne crénelée est posée sur le sommet de la tête. Cette divinité tient également une corne d’abondance et une patère. À ses pieds se trouve un petit serpent. À droite, une divinité masculine vêtue d’une tunique courte et d’un manteau agrafé sur l’épaule qui lui couvre la poitrine. La tête barbue est tricéphale : une tête et un seul cou pour trois visages, les deux yeux sur la face centrale étant aussi les yeux droit et gauche des faces latérales. De chaque côté d’un front dégarni part une corne.
Les bois de cerf et le torque sont des éléments qui donnent une identité précise à la divinité représentée : ll s’agit du dieu Cernunnos.
Voir à ce propos SAISON 3 ÉPISODE 3 Cernunnos et le torque
Ainsi que SAISON 3 ÉPISODE 4 Cernunnos et le cerf
Au pied du personnage, un autre élément qui distingue Cernunnos des autres divinités : un sac qui évoque souvent, sur d’autres reliefs, les richesses qu’il dispense[12].
Mais surtout, Cernunnos est tricéphale.

Détail de la stèle des Bolards, le dieu Cernunnos tricéphale. (Cl. Fasquel).
UN DIEU QUI CHANGE
Cernunnos est ainsi le dieu lié au chiffre trois. C’est une divinité protéiforme qui apparaît sous différentes identités dans l’iconographie gauloise. En tant que dieu aux bois de cerf sur le chaudron de Gundestrup, mais également sous une apparence animale, le taureau aux trois grues ou le taureau aux trois cornes. Sous une apparence mi-humaine mi-animale, le dieu aux cornes de taureau à la triple moustache ou totalement humaine, mais avec trois têtes. La monstruosité triple le distingue toujours des animaux ou des hommes ordinaires.
LE MAÎTRE DES ANIMAUX
Cette triplicité du dieu est très ancienne puisqu’en Inde, le Maître des animaux est déjà représenté avec trois visages.

Sceau découvert lors des fouilles du site archéologique de Mohenjo-Daro dans la vallée de l’Indus. Ce sceau dit de « Pashupati » (Seigneur des Animaux), montre un personnage assis, peut-être ithyphallique, entouré d’animaux. (2600–1900 avant J.-C.).
Cernunnos n’a pas trois visages sur le chaudron de Gundestrup, mais d’autres représentations tirées de l’iconographie gauloise semblent corroborer cet aspect tricéphale du dieu.

Le dieu Cernunnos avec des bois de cerf. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré. (Nationalmuseet de Copenhague) (Wikimedia Commons).
LA MORT DE CERNUNNOS
Ce qui ne signifie rien de moins que le chaudron de Gundestrup montre le meurtre du dieu Cernunnos par son frère jumeaux Orion sous la forme du triple sacrifice d’un taureau. L’affrontement entre les deux jumeaux divins fait partie du corpus de la Religion des Étoiles. Cette dernière a traversé les millénaires et se retrouve encore à l’état de vestige dans les mythes de nombreuses civilisations du monde. Seul le chaudron de Gundestrup sauvegarde la structure mythique intacte. Celle des deux jumeaux qui s’affronte de façon cyclique, qui meurent à tour de rôle pour laisser la royauté sur le monde à l’autre. Le meurtre rituel des jumeaux intervient lors de cycles courts et de cycles longs. Le cycle court est saisonnier, la partie sombre de l’année appartient à Orion et la partie claire de l’année appartient à Ophiuchus/Cernunnos. Par exemple, le souverain de la partie sombre de l’année est tué à la fin de celle-ci et c’est son frère jumeau qui le remplace pour régner sur la partie claire de l’année. Idem pour le roi de la saison claire, lorsque celle-ci prend fin, Ophiuchus/Cernunnos est sacrifié et c’est Orion ressuscité qui prend sa place durant la période sombre de l’année. Ce sont des cycles de mort et de renaissance qui se déroulent selon le calendrier druidique qui est représenté sous la forme d’une roue. Ainsi les deux frères jumeaux se partagent le calendrier. Le meurtre rituel d’Ophiuchus/ Cernunnos est représenté sur le chaudron de Gundestrup par le fameux sacrifice triple du taureau par Orion. Le meurtre rituel d’Orion figure également sur le chaudron d’argent. Il existe aussi des cycles plus longs, très longs puisqu’ils s’étendent sur une ère astrologique entière soit 2160 ans. Dans ce cycle long, les deux jumeaux règnent également en alternance sur les ères astrologiques. C’est lors de la fin de l’ère du Taureau par exemple que Ophiuchus/ Cernunnos est sacrifié sous la forme d’un taureau géant sur la plaque du fond du chaudron de Gundestrup. La rivalité cyclique entre ces deux jumeaux est en définitive ce que nous appelons la Religion des Étoiles puisqu’elle est basée sur l’interaction des constellations entre elles.

Les jumeaux qui se partagent le calendrier. Fourreau d’épée en bronze, Hallstatt, vers 400 av. J.-C. © Naturhistorisches Museum Wien (Source phm)
Ces jumeaux existent également en Mésopotamie, en Égypte, en Grèce et chez les Celtes pour ne citer que les plus évidents, mais on en trouve des traces jusque dans le Christianisme ou l’Amérique précolombienne.

Plaque intérieure du chaudron de Gundestrup. Triple sacrifice du taureau. À noter que le félin tacheté (une panthère), en haut, indique le Sud, tandis que le chien d’Orion, en bas, indique le Nord. Le Nord et le Sud sont inversés par rapport à nos cartes actuelles. © Copenhague, Nationalmuseet.
Ainsi cette plaque intérieure du chaudron de Gundestrup montre Orion/Héraklès qui tue Tauriscos le tyran des Gaules. Seuls les initiés à la Religions des Étoiles peuvent « lire » ces images et les interpréter. Les druides ont transmis un message crypté à travers le chaudron d’argent, mais l’astronomie permet de déchiffrer ce testament qui semblait définitivement perdu…
ORION ET HÉRAKLÈS
Pour résumer, Tauriscus (Tauriscos en gaulois) est un personnage triple qui ressemble à Géryon et qui est comme lui tué par le demi dieu Héraklès.
Les sceptiques pourront dire que ce mythe ne concerne que le héros Héraklès et n’a aucun rapport avec Orion.
Sauf que…Héraklès et Orion se ressemblent comme deux gouttes d’eau. On peut facilement les confondre et les Grecs les ont souvent confondus, ne se souvenant plus de la religion des Étoiles qui remontait trop loin dans le temps. Commençons par la constellation d’Orion telle qu’elle est représentée sur des gravures anciennes.

La constellation d’Orion (Orion) dans Uranometria, l’atlas céleste de Johann Bayer (1661).
Un homme barbu armé d’une massue et portant une peau de lion sur son bras (détail très important).
Continuons par Héraklès (Hercules en latin) dans le même atlas céleste de Johann Bayer.

La constellation d’Hercule (Hercules) dans Uranometria, l’atlas céleste de Johann Bayer (1661).
Un homme barbu dont la tête et le dos sont recouvert d’une peau de lion, il tient une massue dans une de ses mains. Pour le distinguer d’Orion, l’artiste a mis dans l’autre main les branches du pommier du jardin des Hespérides. Ce qui est une allusion au mythe des pommes d’or que le héros doit récupérer dans un jardin lors d’un de ses douze travaux.
DES FIGURES IDENTIQUES
Comment expliquer une telle ressemblance ?
Dans le système religieux qui se réfère aux étoiles, Héraklès n’est qu’un avatar d’Orion. Il serait plus juste de dire que c’est à travers son incarnation sur terre, c’est-à-dire Héraklès, que le dieu Orion traverse certaines épreuves. Il faut s’imaginer le ciel étoilé comme un gigantesque jeu d’échec. Orion est la pièce centrale immobile tandis qu’Héraklès est un pion mobile, une projection d’Orion, qui permet de faire avancer le jeu grâce à ses interactions avec les autres constellations.
Voir également SAISON 2 ANNEXE 4 Pourquoi Héraclès est-il un demi-dieu ?
Les Grecs n’ayant plus compris le rôle du dieu Orion, n’ont retenu avec le temps que la figure d’Héraklès accomplissant des exploits extraordinaires. Orion, un dieu tombé dans l’oubli… et ressuscité grâce au chaudron de Gundestrup.
Pour en savoir plus, voir toute la SAISON 2 consacrée à Orion et à ses avatars
CE QUE DISENT LES ÉTOILES
En astronomie, la préséance d’Orion est évidente puisqu’il forme une constellation qui trône en majesté, bien visible en hiver dans le ciel étoilé. Tandis qu’Hercule est une constellation peu visible tout au long de l’année. C’est pourquoi il faudrait réévaluer tous les textes mettant en scène Héraklès, car un certain nombre des travaux d’Héraklès peuvent être attribués à Orion. Les exploits mettant en scène un taureau, un lion, un sanglier et un cerf notamment[13]. Ces quatre animaux figurent les quatre Étoiles Royales ou gardiennes du Ciel. Pour les druides Aldébaran dans la constellation du Taureau, Regulus dans la constellation du Lion, Antarès dans la constellation du Scorpion (un Cerf pour les druides) et Fomalhaut dans la constellation du Verseau (un Sanglier qui plonge dans la mer dans la tradition celtique).

Héraklès et le Taureau de Crète. Détail d’un lécythe attique à figures noires, vers 480-470 av. J.-C. Découvert à Athènes. Musée du Louvre. (Wikimedia Commons).
Voir également SAISON 3 ANNEXE 3 Les étoiles royales
CONCLUSION
Ce personnage à trois têtes est une des divinités les plus importantes du panthéon celtique. Bien évidemment, l’adversaire triple d’Orion porte d’autres noms plus connus que celui de Tauriscos, comme celui de Cernunnos lorsqu’il est accompagné d’un cerf ou Dis Pater lorsqu’il s’affiche en compagnie d’un loup.
En tout cas, Cernunnos est un dieu cornu qui porte des excroissances différentes sur la tête selon les saisons
Des cornes de jeune taureau au printemps lorsqu’il prend l’identité de Tauriscos et des cornes de cerf pleinement développées à l’automne lorsqu’il est nommé Cernunnos.

Dieu cornu de Lezoux, Ier siècle av. J.-C., Saint-Germain-en-Laye, musée d’Archéologie nationale. Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d’Archéologie nationale) / image RMN-GP

Tête du dieu Cernunnos avec des bois de cerf. Détail du chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré. (Nationalmuseet de Copenhague) (Wikimedia Commons).
C’est pourquoi l’axe Taureau- Cerf est mis en exergue sur certains monuments dédiés au dieu cornu.

Le dieu cornu entre Apollon et Mercure, en-dessous l’axe taureau-cerf, 1er siècle, Musée Saint-Remi, Reims. Source : musees-reims.fr
Voir SAISON 2 ANNEXE 3 Chaudron de Gundestrup et calendrier
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[ACCUEIL]
SOURCES :
Deyts, Simone. « La sculpture et les inscriptions ». Le sanctuaire antique des Bolards à Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or), édité par Colette Pommeret, ARTEHIS Éditions, 2001, https://doi.org/10.4000/books.artehis.397.
Pommeret, Colette, éditeur. Le sanctuaire antique des Bolards à Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or). ARTEHIS Éditions, 2001, https://doi.org/10.4000/books.artehis.349.
NOTES :
[1] Avant que les armées romaines ne répandent le culte de Mithra dans tout l’Empire. Ce ne sont donc pas les images de ce Mithra tardif qui a influencé les druides pour la plaque du fond du chaudron de Gundestrup.
[2] Système complexe découvert par l’astronome Hipparque au IIe siècle av. J.-C.
[3] Dont le règne est daté vers le début du Xe siècle av. J.-C.
[4] Jean Chevalier, Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Éditions Robert Laffont et Éditions Jupiter, Paris, 1982.
[5] Ceci est vrai si l’on partage le zodiaque en douze signes de longueur égale. Le problème est que la constellation des Poisson est gigantesque et que si l’on prend en compte sa longueur véritable nous entrerons dans l’ère du verseau pas avant l’an 2300.
[6] Ichthus ou Ichtys « poisson ». Du grec ancien ἰχθύς, ikhthús (« poisson »). Pour les premiers chrétiens, persécutés par les autorités romaines, ΙΧΘΥΣ est l’acronyme de : Ἰησοῦς, Iēsoûs Χριστός, Khristós Θεοῦ, theoû υἱός, uiós σωτήρ, sōtḗr : « Jésus Christ, fils de Dieu, sauveur ». (Source wikipedia)
[7] Le monument est très abimé, mais les spécialistes sont unanimes il s’agit bien d’un taureau.
[8] Voir Anne Ross, Pagan Celtic Britain, Cardinal edition, Sphere Books Ltd, London, 1974, pp. 351-365.
[9] Ératosthène ou Ératosthène de Cyrène, né vers 276 av. J.-C. à Cyrène et mort vers 194 av. J.-C. à Alexandrie, est un astronome, géographe, philosophe et mathématicien grec.
[10] ÉRATOSTHÈNE, Le ciel, Mythes et histoire des constellations, Les Catastérismes d’Ératosthène, Traduction P. Charvet et A. Zucker, Nil éditions, Paris, 1998, p.113
[11] Tauriscus en latin et Tauriscos en gaulois.
[12] La description et les photos sont tirées de l’article : Deyts, Simone. « La sculpture et les inscriptions ». Le sanctuaire antique des Bolards à Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or), édité par Colette Pommeret, ARTEHIS Éditions, 2001, https://doi.org/10.4000/books.artehis.397.
Pommeret, Colette, éditeur. Le sanctuaire antique des Bolards à Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or). ARTEHIS Éditions, 2001, https://doi.org/10.4000/books.artehis.349.
[13] Dans l’ordre le taureau de Crète, le lion de Némée, le sanglier d’Érymanthe et la biche de Cérynie. Bien que femelles et donc par nature dépourvues de bois, les biches de Cérynie avaient des cornes dorées et des sabots d’airain. Donc des cerfs.
CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS) CERNUNNOS (TAURISCOS)
