LA RELIGION DES ÉTOILES DES DRUIDES
LES DRUIDES SAISON 4 ÉPISODE 1
Il existe une antique Religion des Étoiles que l’on retrouve à l’état de trace dans de nombreuses civilisations, mais qui n’est retranscrite de façon quasi intacte que sur le chaudron de Gundestrup.
UNE RELIGION UNIVERSELLE
Le chaudron de Gundestrup révèle une religion stellaire qui met en scène deux frères jumeaux dont l’existence remonte à la plus haute antiquité puisqu’on retrouve leurs images sur des bas-reliefs en Turquie datant de près de 10 000 ans av. J.-C.

Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré. © Copenhague, Nationalmuseet
Ces deux frères que l’on retrouve dans nombres de mythologies ont subit d’innombrables changements durant ces 10 000 ans. Seul le chaudron d’argent a su garder intact le mythe originel.
Car le chaudron de Gundestrup est une ode à la mythologie des Dioscures et les jumeaux divins sont les deux divinités principales des Celtes.

Monnaie d’argent des Cantiaci avec pour motif les Dioscures. © Dominique Hollard
Puisque selon un passage de Diodore de Sicile (Bibliothèque historique, IV, 56, 4), emprunté à Timée :
Les Celtes qui habitent les bords de l’Océan vénèrent surtout les Dioscures ; et que, selon la tradition de ces mêmes habitants, ces dieux arrivèrent anciennement par l’Océan.
Si sur le chaudron de Gundestrup ces jumeaux sont parfaitement reconnaissables, il n’en va pas de même dans d’autres civilisations.
Ces jumeaux ont dû s’adapter aux changements climatiques et aux nouveaux modes de vie. Ils ont non seulement traversé les millénaires et les zones climatiques avec leurs faunes spécifiques, mais également les époques en passant de l’âge de pierre à l’âge du bronze puis l’âge du fer. Ils ont également traversé les cultures, de l’Anatolie à l’Europe, en passant par la Mésopotamie et l’Inde, mais aussi les modes de vie d’abord chasseurs-cueilleurs puis agriculteurs sédentaires ou encore guerriers nomades indo-européens. Ils ont non seulement traversé l’Histoire, ils sont l’Histoire.
Ils ont marqué les religions du monde entier et laissé des traces toutes les civilisations. La Religion des Étoiles raconte leur histoire pour qu’ils ne tombent pas dans l’oubli.
Parfois ces deux jumeaux sont restés sur un pieds d’égalité comme dans le druidisme. Parfois, il sont restés des dieux, mais devenant des divinités mineures comme dans la plupart des religions indo-européennes, comme par exemple les Dioscures chez les Grecs. Parfois l’un a pris une importance capitale tandis que l’autre a disparu comme en Inde. Et dans les religions dualistes l’un est devenu un dieu bon alors que l’autre est devenu le Diable, cause de tous les maux. Or au départ ce sont tous les deux des dieux, et si l’un est plutôt un dieu bon et bienveillant, l’autre est un dieu sauvage, inquiétant, que l’on craint et à qui on fait des offrandes pour l’apaiser. Mais il reste un dieux.
UNE ÉTERNEL RETOUR
Des bribes de cette antique religion stellaire existe en Mésopotamie, en Égypte, en Grèce pour ne citer que les plus évidents, mais on en trouve des traces jusque dans le Christianisme ou l’Amérique précolombienne.
Cependant, seul le druidisme a préservé intacte la trame originelle de cette religion. Une religion basée sur l’affrontement cyclique entre deux frères jumeaux. Dans un éternel duel, les deux frères se succèdent l’un à l’autre, dans un cycle infini, sur le trône pour partager la royauté avec la Grande Déesse.
Pour bien comprendre, il faut tout d’abord expliquer cette religion stellaire à travers le chaudron de Gundestrup, le seul objet au monde à avoir conservé le mythe des jumeaux inaltéré.
Il y existe deux autres artefacts celtiques qui confirment et complètent ce corpus religieux. Il s’agit du Gobelet de Lyon qui met en scène les deux protagonistes du mythe.

Le dieu au corbeau. Gobelet d’argent de Lyon, 1er siècle. Source : collections-lugdunum.grandlyon.com
Voir l’article consacré au gobelet d’argent de Lyon
Et la Lunule de Chão de Lamas qui révèle l’étrange naissance des jumeaux divins.

La Lunule lusitanienne de Chão de Lamas, exposée au Musée archéologique national de Madrid.
Voir l’article consacré à la lunule de Chão de Lamas
LA RELIGION DE ÉTOILES DES DRUIDES
Le chaudron de Gundestrup est un artefact extraordinaire puisqu’il révèle l’existence d’une très ancienne Religion des Étoiles qui a influencé les croyances des plus anciennes civilisations : de la Mésopotamie à l’Inde en passant par l’Égypte, la Grèce, les Celtes et jusqu’en Amérique précolombienne. Cette religion basée sur les étoiles permet d’élucider de nombreux mystères des civilisations anciennes, mais elle a également laissé des traces visibles jusque dans les fondements du Christianisme. Cette religion des Étoiles a traversée toutes les époques et toutes les civilisations sur des millénaires en s’adaptant aux mœurs et aux besoins des différentes sociétés. Ces changements ont entraîné une atténuation des éléments composant du mythe fondateur dans la majeure partie des religions de l’Antiquité, sauf sur le chaudron de Gundestrup. La Religion des Étoiles permet de décrypter les mystères des religions de l’Antiquité que d’élucider l’énigme de certains dessins mystérieux gravés sur des dolmens et des menhirs ainsi que de lever le voile sur la religion secrète des Templiers.
Pour comprendre il suffit de lever les yeux vers le ciel étoilé…

Sceaux des Maîtres du Temple de 1259, portant l’inscription : Sigillum. Militum. Xpisti. Source : archives-aube.fr
Pour en apprendre davantage, voir Templiers, le sceau aux deux cavaliers
LES CONSTELLATIONS
La religion des druides est basée sur l’astronomie et retranscrite à travers l’iconographie de trois artefacts — chaudron de Gundestrup – gobelet de Lyon – Lunule de Chão de Lamas — qui mettent en scène le mythe fondateur de la Religion des Étoiles des druides.
Deux constellations — Orion et Ophiuchus — apparaissent dans le mythe fondateur du druidisme sous la forme de deux jumeaux divins qui règnent chacun sur une partie de l’année. L’un lors de la saison claire (printemps-été) l’autre sur la saison sombre (automne- hiver). La lunule raconte leur naissance dans des conditions que l’on pourrait qualifier d’alchimique. Le Chaudron de Gundestrup dévoile dans son iconographie leur rivalité pour la royauté suprême et montre ces personnages lors de leurs exploits ou lors d’événements importants, souvent astronomiques, qui jalonnent leur existence. Le gobelet de Lyon montre également les deux jumeaux dans des postures parfois hiératiques qui mettent en avant leur fonction, entourés par des animaux qui les caractérisent. Le mythe de ces deux jumeaux se termine de façon tragique par un meurtre rituel qui se renouvelle pourtant dans un cycle sans fin de vie, de mort et de résurrection.

Orion et Ophiuchus dans leur position antagoniste sur une carte du ciel. Axe Orion Ophiuchus. Orion et Ophiuchus forment la paire de Dioscures des Gaulois. Ce sont eux que l’on retrouve en vedette sur le chaudron de Gundestrup. D’après la carte du ciel de l’Association Française d’Astronomie, 2001.
ORION ET OPHIUCHUS
Deux figures divines se distinguent particulièrement sur le chaudron de Gundestrup : Orion et Ophiuchus.
ORION
Orion est caractérisé par trois éléments importants qui font de lui un personnage reconnaissable entre tous.
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Orion affronte un taureau
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La présence d’un chien à ses côtés
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Orion est armé. (Les armes peuvent varier)
Dans le ciel étoilé, l’un des exploits du dieu Orion est d’affronter le Taureau céleste, la constellation du Taureau (Taurus). Lors de ce combat, il est accompagné de son fidèle chien, la constellation du Grand Chien (Canis Major).

En rouge, Orion (Orion), la constellation du Taureau (Taurus) et la constellation du Grand Chien (Canis Major). D’après la carte céleste Sirius, Éditions Freemedia, Berne.
Les gravures anciennes des atlas célestes représentent souvent Orion lors de sa confrontation avec le Taureau céleste.

Orion et le Taureau (Taurus), Atlas Celeste, de John Flamsteed, Édition Fortin, 1776.
UN DIEU CHASSEUR
Orion est également appelé le Grand Chasseur, épithète qui fait qu’il est souvent accompagné par un grand chien (Canis Major) et parfois par un deuxième chien plus petit (Canis Minor) lors de ses chasses.

Orion et ses deux chiens (Canis Major et Canis Minor) Source : Fig. 18. “Orion and his dogs, Canis Major and Canis Minor.” Our physical world. 1924. Visible sur Pinterest : nemfrog.tumblr.com.
LE CHAUDRON DE GUNDESTRUP
On retrouve sur le chaudron de Gundestrup une projection exacte des deux constellations.
Sur la plaque du fond qui représente le sacrifice du Taureau céleste, Orion est figuré armé d’une épée. Son fidèle chien est à côté de lui.

En haut, Orion (Orion) et son chien (Canis Major), au milieu l’énorme Taureau céleste (Taurus), en bas, la constellation du Dragon (Draco) et la Petite Ourse (Ursa Minor). Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
On peut même noter que la plaque du chaudron de Gundestrup est plus précise dans sa description d’Orion que la gravure de l’atlas céleste grâce à la présence du chien.

Détail de la plaque du fond du chaudron de Gundestrup. Orion et son chien (Canis Major). © Copenhague, Nationalmuseet.
Cette scène de sacrifice se déroule à un moment précis : la fin de l’ère du Taureau.
Pour en savoir plus sur le déchiffrement de cette plaque centrale, voir SAISON 1 ÉPISODE 5 Chaudron de Gundestrup et astronomie
Encore une fois ce n’est que l’image du chaudron de Gundestrup qui est complète puisque tous les éléments caractérisant Ophiuchus sont présent : le serpent et la fonction de Maître des animaux.
La probabilité de retrouver Orion et Ophiuchus sur un même artefact — le chaudron de Gundestrup — en tant qu’homme qui affronte un taureau et d’un personnage manipulant un serpent doit être infinitésimal.
ORION ET LES CIVILISATIONS ANTIQUES
L’image d’Orion qui affronte un taureau n’apparaît pas uniquement sur le chaudron de Gundestrup, Mais se retrouve également en Grèce, dans le Mithraïsme, ainsi qu’au sein du croissant fertile (Anatolie, Proche-Orient et Mésopotamie).
En Grèce, c’est Héraklès qui reprend la mission d’Orion pour combattre le Taureau céleste.

Héraklès et le Taureau de Crète. Détail d’un lécythe attique à figures noires, vers 480-470 av. J.-C. Découvert à Athènes. Musée du Louvre. (Wikimedia Commons).
Pour comprendre les relations entre des deux personnages, voir Saison 2 Épisode 5 Orion et Héraklès
En Iran, c’est Mithra qui sacrifie le Taureau céleste.

Mithra tuant le taureau, 389 ap. J.-C., Mithraeum, Sidon (Saïda, Liban). Musée du Louvre.
Pour en apprendre davantage, voir SAISON 2 ÉPISODE 7 Orion et Mithra
En Mésopotamie, c’est Gilgamesh qui reprend le rôle d’Orion pour vaincre le Taureau céleste.

Plaque votive. Représentation de Gilgamesh, le roi-héros de la ville d’Uruk, combattant le « taureau des cieux ». (Wikimedia Commons).
Pour plus de détails, voir SAISON 2 ÉPISODE 8 Orion et Gilgamesh
OPHIUCHUS
Si Orion figure à la fois dans le ciel étoilé et sur le chaudron de Gundestrup. Il semble logique que son alter ego Ophiuchus, qui est à la fois son frère jumeau, son adversaire et rival pour la royauté sur le monde des dieux, figure lui-aussi sur le chaudron de Gundestrup. Et c’est bien le cas, car Ophiuchus apparaît sur le chaudron d’argent, lui aussi avec son animal fétiche, qui l’identifie de façon certaine : le serpent.

Carte du ciel avec les constellations Ophiuchus et Serpent (Serpens) en rouge. Source : Carte du ciel Sirius ©Freemedia, Bern.
C’est en tant que Maître des animaux qu’apparaît Ophiuchus sur le chaudron de Gundestrup, manipulant un serpent. Ophiuchus est également appelé le Serpentaire.

Le dieu Cernunnos entouré par des animaux. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré. (Nationalmuseet de Copenhague) (Wikimedia Commons).
Le même personnage du Serpentaire qui manipule la constellation du Serpent (Serpens) tel qu’il est présenté par les atlas célestes anciens.

Ophiuchus et la constellation du Serpent, Johann Bayer, Uranometria, 1603. (Source Wallhapp.com).
Les druides ont donné un nom et une fonction au Serpentaire : Cernunnos, le Maître des animaux.
DES DIEUX D’UNE ANTIQUITÉ PRODIGIEUSE
Ce duo de divinités est très ancien puisque les archéologues les ont retrouvés sur un bas-relief vieux de 11000 ans.
Lors de fouilles commencées en 2021, des archéologues ont découvert sur le site archéologique de Sayburç (sud-est de la Turquie) un relief sculpté sur un pan de mur de près de quatre mètres de long représentant des humains et des animaux. Cinq figures gravées côte à côte. Le personnage principal est façonné en haut-relief tandis que les autres éléments du panneau sont sculptés en relief plat. Ces sculptures sont datées du IXe millénaire avant J.-C. Voir également : Découverte sensationnelle d’un bas-relief vieux de 11000 ans en Turquie

Deux scènes distinctes sont représentées sur le mur : à gauche, un homme affronte un taureau ; à droite, un homme en haut-relief entouré de deux panthères. (©Bekir Köşker)
La première scène, à gauche, montre un homme armé d’une lance qui affronte un taureau avec de grandes cornes.

La scène du taureau de Sayburç. ©Bekir Köşker.
Il s’agit bien sûr d’Orion armé d’une lance qui affronte un Taureau furieux. La ressemblance avec la gravure de l’atlas céleste de Flamsteed est frappante.

Orion et le Taureau (Taurus), Atlas Celeste, de John Flamsteed, Édition Fortin, 1776.
UN DIEU ENTOURÉ D’ANIMAUX
Ce qui pourrait finalement être interprété comme une scène de chasse ordinaire ne l’est plus lorsque l’on observe la deuxième partie du bas-relief sur laquelle est représenté un personnage se tenant entre deux félins.

Figure masculine tenant son phallus au milieu de deux félins (un mâle et une femelle). ©Bekir Köşker
Cette scène montre une figure humaine qui tient son phallus dans sa main droite. Bien que la tête soit endommagée, un visage rond, de grandes oreilles, des yeux exorbités et des lèvres épaisses sont visibles. Il porte un collier (ou un tour de cou) de forme triangulaire. Le personnage est sculpté en haut-relief entouré de deux félins, représentés de profil. Leur bouche est ouverte, les dents menaçantes et leurs longues queues sont repliées vers le corps.
Il s’agit ne s’agit pas d’un humain attaqué par de grands félins, mais d’une représentation précoce d’une divinité figée dans une posture hiératique : le Maître des animaux. La caractéristique principale de ce dieu est d’être entouré par des animaux qui peuvent changer suivant la latitude des pays.
LE MAÎTRE DES ANIMAUX À TRAVERS LES ÂGES ET LES CIVILISATIONS
ÉGYPTE
Le Maître des animaux est toujours entouré d’animaux sauvages comme sur le couteau du Gebel el-Arak. Un couteau en ivoire d’hippopotame et en silex datant de la fin de la période Nagada II (vers -3300/3200) en Égypte qui montre un personnage qui maîtrise deux lions mâles. Sur la deuxième ligne deux chiens, des dogues aux oreilles dressées. Troisième ligne, une antilope et un bouquetin. Quatrième ligne, un autre bouquetin et il semble (d’après d’autres motifs retrouvés notamment en Mésopotamie) une lionne attaquant un taureau. Dernière ligne, un chasseur tenant en laisse un chat des marais dressé pour la chasse et un autre animal à sabots, bovin ou caprin.

Le couteau du Gebel el-Arak, couteau en ivoire d’hippopotame et en silex (vers -3300/-3200), Égypte. L’arrière du manche représente un homme entre deux lions, Musée du Louvre. (Wikimedia Commons).
DEUX FRÈRES ENNEMIS
Ce n’est pas uniquement dans l’iconographie qu’apparaissent Orion et Ophiuchus, mais également sous la forme de deux dieux parmi les plus importants du panthéon égyptien. Les deux frères ennemis Osiris (Orion) et Seth (Ophiuchus).
Le mythe transmis par la formule 157 des Textes des Sarcophages s’énonce sous forme d’un récit dialogué entre les dieux Rê et Horus, assorti de gloses. On apprend qu’un jour Horus fut blessé à l’œil, et qu’il s’en est plaint à Rê. Son œil, après avoir été frappé, ne voyait plus que du « blanc » et du « noir ». Un récit étiologique désigne les coupables sous la forme d’un oryx blanc et d’un porc noir. Or, cette bête noire est particulièrement inquiétante ; le texte y insiste : elle est une manifestation — c’est-à-dire, une forme — du dieu Seth, l’adversaire par excellence, le meurtrier d’Osiris, qui de surcroît veut dépouiller Horus de son héritage (la fonction fonction royale)[1].
Le porc noir assimilé à Seth, meurtrier d’Osiris, est un détail très important pour la suite.
L’Égypte antique a beau être une civilisation très ancienne, cela ne signifie pas qu’il n’y a eu beaucoup de changements, d’adaptations et de dérives au cours du temps, au point que les deux frères jumeaux sont presque devenus méconnaissables. Les peuples adaptent leurs dieux à leurs besoins. Cependant fait notoire, les deux frères sont restés en Égypte des adversaires et ne sont pas devenus des amis comme Gilgamesh et Enkidu en Mésopotamie.
INDE
Le Maître des animaux se retrouve également en Inde, comme par exemple sur ce sceau de la vallée de l’Indus. À ne pas en douter l’homme qui maîtrise les deux félins, lions ou tigres, est une divinité.

Sceau de la civilisation de la vallée de l’Indus, avec le motif du maître des animaux d’un homme maîtrisant deux lions ou tigres (2500-1500 avant JC).
Un autre sceau de la vallée de l’Indus montre le Maître des animaux entourés par un éléphant, un rhinocéros, un buffle et un tigre. Sous le dieu, sans doute deux bouquetins.

Sceau découvert lors des fouilles du site archéologique de Mohenjo-Daro dans la vallée de l’Indus. Ce sceau dit de « Pashupati » (Seigneur des Animaux), montre un personnage assis, peut-être ithyphallique, entouré d’animaux. (2600–1900 avant J.-C.).
Le personnage est figuré dans une position qui n’est pas sans rappeler l’image du chaudron de Gundestrup. Un dieu cornu entouré d’animaux sauvages. Plus de deux mille ans et des milliers de kilomètres séparent ces images.

Cernunnos, assis en tailleur, Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.
LE DIEU CORNU
Les deux personnages portent des cornes. L’un de bovidé, l’autre d’un cervidé. Du côté droit le taureau et le cerf sont remplacés par un rhinocéros et un buffle. Du côté droit un éléphant et un tigre remplacent le lion et le loup. À noter que l’animal en haut à droite, dans les deux cas, heureux hasard, partent en direction de la droite. Ce qui est en contradiction avec le reste de la composition. Dans le cas du dieu celtique, le taureau, le cerf et le loup sont les emblèmes du dieu cornu. Alors que le lion est, sur le chaudron de Gundestrup, l’emblème de la déesse. C’est sans doute la raison de cette inversion.
Voir SAISON 3 ANNEXE 3 Chaudron de Gundestrup et calendrier
HINDOUISME ET MITHRAISME
Si dans le druidisme, Orion et Ophiuchus sont deux divinités égales. L’Inde n’a retenu que le Maitre des animaux, Pashupati, ce qui signifie «Maître du troupeau», la forme la plus ancienne du Dieu Shiva. Un dieu tueur de bovidé comme Orion n’a pas pu s’imposer à des peuples qui considèrent les vaches comme sacrées. À l’inverse des Iraniens n’ont retenu que cet aspect avec le dieu Mithra et n’ont donné aucune suite notable au Maître des animaux. Ces deux ethnies au départ très proches linguistiquement et culturellement se sont construites sur leur antagonisme religieux. On peut même parler de frères ennemis. Pour se distinguer d’un point de vue religieux, ces deux ethnies ont pris des chemins très différents, on peut même ajouter de totalement contraire. Les Indiens ont continué dans la voie polythéiste en privilégiant Shiva et son ami le taureau Nandi. Tandis que les Iraniens ont fait le choix inverse en inventant le dualisme, le mazdéisme et le zoroastrisme, qui allaient servir de creuset aux religions monothéistes : Judaïsme d’abord puis Christianisme et Islam ensuite.
Voir également l’annexe 3 en bas de page.
Voir également l’Annexe 3 en bas de page
GRÈCE
En Grèce, le Maître des animaux apparaît sous les traits d’Orphée charmant les animaux sauvages.

Orphée et les animaux sauvages, mosaïque, Dallas Museum of Art. (Wikimedia Commons).
Cependant en Grèce, c’est le duo Apollon-Dionysos qui reprend la fonction des jumeaux Orion et Ophiuchus. Puisque les deux dieu grecs se partagent à tour de rôle le sanctuaire de Delphes considéré comme le centre du monde grec. Apollon affronte le serpent, animal-symbole (ou animal-attribut) de Dionysos/Ophiuchus. Tout comme Orion affronte le taureau, autre animal-symbole d’Ophiuchus qu’il porte le nom de Cernunnos, Dionysos ou Shiva.

Apollon affrontant le serpent Python. Entre les deux, le chaudron à trois pieds symbole de Delphes, Statère, Crotone, Lucanie, vers 420 av. J.C.
Dionysos, dieu grec, partage avec Cernunnos, divinité celtique, et Shiva, dieu hindou, les mêmes animaux fétiches : en premier lieu le serpent et le taureau, mais également, le bouc, le cerf , le cheval et le sanglier. Alors que l’Orion celtique partage avec Apollon un préférence pour le corbeau et un canidé (pour Orion, le chien et pour Apollon, le loup). Une étude détaillée devra être établie pour toutes ces divinités. Mais surtout Dionysos partage avec Cernunnos et Shiva (dans les anciens temps) la caractéristique d’être cornu.

Le dieu Shiva et le taureau Nandi. Shiva est représenté avec ses attributs traditionnel. La pierre (linga), le serpent, le taureau etc. à noter qu’il ne porte pas de cornes comme le proto-Shiva des sceaux harappéens, mais une Lune cornue dans ses cheveux. Source : India Crafts.
Euripide dans les Bakkantes aux vers 100 décrit Dionysos « encorné comme un taureau » [2].

Lorsque Dionysos n’est pas cornu, il chevauche un taureau, illustration tirée de peintures de vases grecs de J. E. Harrison et D. S. MacColl, publiées en 1894.
Il va sans dire que le dieu peut prendre la forme d’un de ses animaux-attributs, le taureau par exemple et c’est sous cette forme qu’il est sacrifié sur la plaque du fond du chaudron de Gundestrup.
POURQUOI CETTE RESSEMBLANCE À TRAVERS LES ÂGES ?
Parce que les humains ont représenté les constellations qui trônaient au-dessus de leurs têtes depuis des temps immémoriaux. Ces images sont devenues des archétypes iconographiques pour des millénaires. Une sorte de répertoire d’images en commun très ancien que les différents peuples utilisent suivant leurs besoins. D’un côté Orion qui se bat contre le taureau céleste, de l’autre le Maître des animaux. Il n’y a pas forcément d’influence directe des uns sur les autres, même si celle-ci ont existées. Il est vain de chercher une origine chez un peuple précis puisque la source de cette Religion des Étoiles est inscrite dans le ciel étoilé. Il suffit de lever les yeux. Ainsi Ophiuchus peut se nommer Cernunnos en Gaule, Dionysos en Grèce, Orphée en Thrace ou Shiva en Inde, il restera pour toujours la seule et unique constellation dans le ciel étoilé, peu importe son nom. Cela n’a pas grand sens de chercher si Dionysos est plus ancien que Cernunnos ou Orphée puisque c’est le même concept qui est exprimé et ce concept existe depuis les temps les plus anciens. Ce ne sont que les nombreux changements au cours des millénaires, de populations, de civilisations, de croyances etc. qui ont différencié ces différentes divinités. Leur donnant une personnalité propre qui les distingue des autres.
Bien sûr les hommes adaptent ces images à leur temps. Ainsi l’armement peut changer, une massue, une lance ou une épée. Les animaux peuvent également changer un loup ou un cerf en Europe, des léopards en Asie Mineure ou un éléphant et un tigre en Inde. Cependant les personnages et leurs fonctions restent les mêmes.
ORION ET OPHIUCHUS EN MÉSOPOTAMIE
Ces personnages se retrouvent également en Mésopotamie sous les noms de Gilgamesh, roi de la cité d’Uruk, et Enkidu, l’homme sauvage qui vit parmi les gazelles. Les héros du premier mythe de l’humanité mis par écrit.

Sceau cylindre sumérien qui reprend la même scène que sur panneau en Turquie. Un des héros maîtrise le taureau tandis que l’autre se bat contre un lion.

Gilgamesh terrassant le Taureau céleste (empreinte de sceau-cylindre syrien du XVIIe s. av. J.-C.).

Sceau sumérien représentant la divinité qui maîtrise deux lions.
Plusieurs indices laissent penser que malgré l’ancienneté de l’épopée de Gilgamesh, ce récit est le plus altéré par rapport au récit des origines, le moins compris, celui qui mélange les personnages. Enkidu n’est plus l’adversaire saisonnier de Gilgamesh, mais devient son ami, son allié. C’est un changement d’idéologie majeur et une trahison au niveau du récit originel. L’invention de l’écriture et le passage au patriarcat pur et dur y sont pour beaucoup.
Voir à ce propos SAISON 2 ANNEXE 8 Gilgamesh
LA RELIGION DES ÉTOILES
Orion et Ophiuchus ne se retrouvent pas seulement dans l’iconographie de certaines civilisations, mais l’affrontement entre les deux jumeaux divins fait partie du corpus de la Religion des Étoiles. Cette dernière a traversé les millénaires et se retrouve encore à l’état de vestige dans les mythes de nombreuses civilisations du monde. Seul le chaudron de Gundestrup sauvegarde la structure mythique originelle intacte. Celle des deux jumeaux qui s’affronte de façon cyclique. Ils meurent à tour de rôle pour laisser la royauté sur le monde à l’autre. Le meurtre rituel des jumeaux intervient lors de cycles courts et de cycles longs.
LA MORT DES JUMEAUX CÉLÈSTES
Le cycle court est saisonnier. La partie sombre de l’année appartient à Orion et la partie claire de l’année appartient à Ophiuchus/Cernunnos. Par exemple, le souverain de la partie sombre de l’année est tué à la fin de celle-ci et c’est son frère jumeau qui le remplace pour régner sur la partie claire de l’année. Idem pour le roi de la saison claire, lorsque celle-ci prend fin, Ophiuchus/Cernunnos est sacrifié et c’est Orion ressuscité qui prend sa place durant la période sombre de l’année. Ce sont des cycles de mort et de renaissance qui se déroulent selon le calendrier druidique. Ce dernier est représenté sous la forme d’une roue. Ainsi les deux frères jumeaux se partagent le calendrier. Le meurtre rituel d’Ophiuchus/ Cernunnos est représenté sur le chaudron de Gundestrup par le fameux sacrifice triple du taureau par Orion.

Plaque intérieure du chaudron de Gundestrup. Triple sacrifice du taureau. À noter que le félin tacheté (une panthère), en haut, indique le Sud, tandis que le chien d’Orion, en bas, indique le Nord. Le Nord et le Sud sont inversés par rapport à nos cartes actuelles. © Copenhague, Nationalmuseet. Voir SAISON 2 ANNEXE 1 Le chaudron de Gundestrup et la course du Soleil
Le dieu Cernunnos étant marqué par le chiffre trois.
Voir à ce propos SAISON 3 ANNEXE 1 Tarvos Trigaranus
Le meurtre rituel d’Orion figure également sur le chaudron d’argent puisque Orion meurt sous les coups de boutoir d’un sanglier

Le combat à mort entre Orion et le sanglier. Détail du chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré. (Nationalmuseet de Copenhague).
Il s’agit du point culminant du récit qui est raconté par le chaudron de Gundestrup puisqu’Orion, comme Adonis, est blessé mortellement par le sanglier et meurt à l’issu de cet affrontement.

Adonis blessé par le sanglier. Œuvre de Pierre François Lejeune, entre 1750 et 1790. Musée de la Ville de Bruxelles.
Orion et Adonis sont tués par un sanglier et Seth le meurtrier d’Osiris est assimilé à un porc noir. En Égypte, un puissant tabou couvrait cet animal et on ne pouvait pas dire qu’Osiris a été tué par cet animal considéré comme impur. C’est pourquoi Seth prend généralement l’aspect d’un animal mystérieux dont on n’a pas encore démontré l’origine. Animal dont l’apparence a sans doute été élaboré en opposition totale avec les caractéristiques du porc honni.
La suite du mythe est encore plus extraordinaire puisque Orion n’est pas seulement un dieu qui meurt, mais également un dieu qui ressuscite.
LES ÈRES ASTROLOGIQUES
Il existe aussi des cycles plus longs, très longs puisqu’ils s’étendent sur une ère astrologique entière soit 2160 ans. Dans ce cycle long, les deux jumeaux règnent également en alternance sur les ères astrologiques. C’est lors de la fin de l’ère du Taureau par exemple que Ophiuchus/ Cernunnos est sacrifié sous la forme d’un taureau géant sur la plaque du fond du chaudron de Gundestrup. La rivalité cyclique entre ces deux jumeaux compose ce que l’on peut appeler la Religion des Étoiles puisqu’elle est basée sur l’interaction des deux constellations entre elles. Celles-ci descendant à tour de rôle sous l’horizon, laissant pour un temps la place à sa rivale.

Les jumeaux qui se partagent le calendrier sous forme de roue. Fourreau d’épée en bronze, Hallstatt, vers 400 av. J.-C. © Naturhistorisches Museum Wien (Source phm)
Voir à ce propos SAISON 1 ANNEXE 10 Les ères astrologiques
LE DIEU ORION
Il est étrange qu’une constellation qui trône en majesté dans le ciel étoilé durant les mois d’hiver n’ait aucune importance dans les mythologies du monde antique.
UN DIEU TOMBÉ DANS L’OUBLI
Si le dieu Orion est un illustre inconnu au bataillon des divinités celtiques. Il est également l’un des dieux les plus importants de l’Antiquité puisqu’il fait partie d’un système religieux remontant à plus de 10000 ans avant J.-C. Orion a laissé une trace dans toutes les civilisations du monde antique. Le chaudron de Gundestrup est un des plus précieux témoignage de ce système d’une ancienneté incroyable.
LES JUMEAUX ASTRAUX
Orion et Ophiuchus forment ce l’on appelle un couple de jumeaux divins qui sont rivaux pour accéder à la royauté à tour de rôle au côté de la déesse.

La Grande Déesse et les Dioscures celtes à l’âge adulte, à gauche Orion, à droite Ophiuchus et au centre la Vierge céleste. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet
Cette image est elle-même une projection des constellations d’Orion, d’Ophiuchus et de la Vierge sur une plaque du chaudron de Gundestrup.

Le triangle Orion-Ophiuchus-Vierge (Virgo). Source : Carte du ciel Sirius ©Freemedia, Bern.
LES JUMEAUX DIVINS
Dans le mythe qui défile à travers les images du chaudron de Gundestrup, Orion et Ophiuchus interprètent le rôle des Dioscures. Les Dioscures sont nommés Castor et Pollux chez les Romains et Kástôr et Poludeúkês chez les Grecs.
Les druides connaissaient bien ces jumeaux divins puisqu’un passage de Diodore de Sicile emprunté à Timée affirme que :
Les Celtes riverains de l’Océan ont une vénération particulière pour les Dioscures[3].
Déesse Mère avec les Dioscures encore nourrissons. Déesse mère avec deux enfants, de diverses provenances, II ou IIIe siècle ap. J.-C. Musée archéologique de St-Germain en Laye (Ile de France). (Wikimedia Commons).
DEUX ROIS POUR UN SEUL TRÔNE
Dans la mythologie grecque, selon les versions, les Dioscures sont vivants et morts à tour de rôle. C’est la version qui a également été retenue par les druides puisque suivant leurs modèles dans le ciel étoilé, Orion est le roi du ciel d’hiver et Ophiuchus/Cernunnos, le roi du ciel d’été. Lorsque l’un descend sous terre et meurt, l’autre est assis sur le trône bien vivant. Au changement de saison c’est l’inverse. Comme les Égyptiens de l’antiquité, les druides considèrent que les constellations vivent (lorsqu’elles sont visibles dans le ciel) et meurent (lorsqu’elles sont invisibles). Dans un éternel affrontement les deux frères se succèdent donc l’un à l’autre, dans une ronde infinie, sur le trône pour partager la royauté avec la Grande Déesse.
UN ÊTRE DIVIN ET UN HOMME SAUVAGE
Ce sont les Dioscures indiens, les Ashvins, dont le nom signifie « dresseur de chevaux » ou « cavalier », qui apportent une précision importante sur la classification des Dioscures. L’un est le fils d’un dieu tandis que l’autre est le fils d’un homme et porte parfois le nom d’un animal. Ainsi le premier est appelé Sahadeva ce qui signifie « semblable aux dieux » et le second porte le nom de Nakula qui signifie « mangouste ». Ce couple existe aussi dans le druidisme avec Orion qui est représenté sous forme humaine semblable aux dieux et Cernunnos qui est le Maitre des animaux et qui porte des bois de cerf. Le divin et l’animal. En Mésopotamie, le héros Gilgamesh est un dieu aux trois-quarts, tandis que son compagnon d’aventures Enkidou est au départ un homme sauvage vivant dans la steppe parmi les gazelles.
ORION ET OPHIUCHUS DANS LE CHRISTIANISME
Ce couple dioscurique existe également dans le Christianisme avec Jésus « le fils de Dieu ».

La Transfiguration de Jésus Christ, Raphaël (1483–1520), musées du Vatican.
Et Jean le Baptiste qui vit dans le désert :
Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. (Matthieu 3.4).
Saint Jean-Baptiste, en homme sauvage, vivant dans le désert et vêtu d’une peau de bête. Chapelle Saint-Jean-Baptiste à Château-Arnoux/Saint-Auban.
Jean le Baptiste est traditionnellement vêtu d’une peau de bête et est figuré en compagnie d’un agneau.
Encore une fois l’être divin et l’homme sauvage. Il n’y a aucune influence des uns sur les autres, simplement un recours à un répertoire d’images ou de concepts, commun à toutes les civilisations dans lesquels on peut puiser pour exprimer une idée ou forger un mythe.
Autre parallèle. Selon la tradition Jésus est né le 24 décembre et Jean le 24 Juin. Orion est le roi du ciel d’hiver et Ophiuchus, le roi du ciel d’été. La Religion des Étoiles traverse le temps et les civilisations.
Parfois, Jésus est remplacé par saint Jean l’Évangéliste. Les deux saints chrétiens reproduisent la structure précédente. L’Évangéliste est fêté au solstice d’hiver tandis que le Baptiste est fêté au solstice d’été.
Les ressemblances entre Orion et Jésus ne s’arrêtent pas là, puisqu’ils ont en commun la résurrection.
Pour en apprendre davantage, voir SAISON 3 ANNEXE 11 La résurrection d’Orion
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[ACCUEIL]
ANNEXE 1 :
LES JUMEAUX DIVINS EN AMÉRIQUE PRÉCOLOMBIENNE
Xolotl est le frère jumeau de Tlahuizcalpantecuhtli (« seigneur de l’étoile du matin »), un des titres de Quetzalcóatl, qui représente Vénus dans sa phase ascendante, et avec qui il forme un des aspects du dualisme du serpent à plumes, Xolotl étant associé à la phase descendante de Vénus, l’étoile du soir. Xolotl est généralement associé au chien.
Sculpture aztèque d’une tête de Xolotl, mise au jour dans le centre historique de Mexico et exposée dans la salle mexica du musée national d’anthropologie de Mexico.
Tandis que Quetzalcóatl est un serpent à plumes.
Sculpture Quetzalcóatl Quetzalcóatl, sculpture sur pierre sur le temple de Quetzalcóatl, Teotihuacán, Mexique. Source : britannica.com
Ce qui est strictement l’inverse des attributs des dieux de l’ancien monde. Orion (Cautès) est associé au chien et il est représenté comme l’étoile montante tandis que c’est Ophiuchus Cautopatès) qui est représenté avec un serpent et est assimilé à l’étoile descendante.

Mithra est aidé par un serpent et par un chien lorsqu’il sacrifie le Taureau céleste. Groupe statuaire du mithréum de Sidon, 389. Mithra met à mort le Taureau, encadré par Cautopatès dont la torche est pointée vers le bas à gauche et Cautès à droite dont la torche est pointée vers le haut. Musée du Louvre. (Wikimedia Commons).
ANNEXE 2 :
Le dieu cornu a connu des fortunes diverses selon les contrées et les religions. Il est resté un dieu chez les Celtes avec Cernunnos et chez les Indiens avec Shiva. Même si ce dernier a perdu ses cornes au cours du temps qui ont été discrètement remplacées par un croissant de lune dans les cheveux du dieu. Le dieu cornu est devenu dans le Christianisme la figure de l’adversaire : le Diable.

Baphomet. Illustration d’Éliphas Lévi, Dogme et Rituel de la Haute Magie, Tome 2, 1856. (Wikimedia Commons).
ANNEXE 3 :
LES HOMMES À TÊTE DE CHIEN DU SAHARA
Comment deux ethnies culturellement proches peuvent prendre des trajectoires radicalement différentes pour se distinguer les unes des autres.
Par exemple les communautés néolithiques du Sahara de deux régions voisines avaient chacune brodé, sur un fond culturel commun, leur propre image du mythe de l’homme à tête de canidé pour se différencier de leurs voisins.
L’un des groupes a mis en avant des hommes à tête de canidé pacifiques qui ont des oreilles et /ou un museau pointu, avec une queue courte éventuellement rebiquée, qui ne sont pas armés mais qui se participent souvent à des actes sexuels.

Théranthropes en coït, à Adjefu dans la Tasīli-n-Ajjer. Style d’Iherǝn (Photo Bernard Fouilleux), à droite, la même photo, après traitement DStretch YRE PS.
L’autre groupe pour se différencier totalement des autres a pris la voie inverse en mettant en avant des hommes à têtes de canidés agressifs qui ont des oreilles rondes et/ou un museau carré à truffe proéminente, avec une denture hypertrophiée, qui sont armés de haches ou de couteaux et qui portent souvent des trophées.

L’une des énigmatiques gravures rupestres du Messak (Libye), représentant un homme à tête de canidé (photo © JLLQ).
SOURCES :
Le porc en Égypte ancienne – Chapitre III. Le mythe du porc noir – Presses universitaires de Liège
Les hommes à tête de chien du Sahara retrouvent la parole. – Hominides
NOTES :
[1] Volokhine, Youri. « Chapitre III. Le mythe du porc noir ». Le porc en Égypte ancienne, Presses universitaires de Liège, 2014.
[2] Bernard Sergent, le dieu fou, Éditions Les Belles Lettres, Paris , 2016, p. 255.
[3] Diodore de Sicile, IV, 56, 4, au Ier siècle av. J.-C.
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