LA LUNULE DE CHÃO DE LAMAS
La lunule de Chão de Lamas est un des trois artefacts en argent qui à travers leurs iconographie révèlent les croyances secrètes des druides.
UN CROISSANT LUNAIRE
La lunule lusitanienne de Chão de Lamas est un de pectoral en forme de croissant, d’où la désignation de lunule. Officiellement, cette lunule en argent a été élaboré par les Lusitaniens à la fin du IIe siècle av. J.-C. Pourtant les motifs sont bien celtiques et se rattachent directement à l’histoire qui est racontée par le chaudron de Gundestrup.
LA RELIGION DES ÉTOILES
La religion des druides est basée sur l’astronomie et l’iconographie des 3 artefacts — chaudron de Gundestrup – gobelet de Lyon – Lunule de Chão de Lamas — met en scène deux constellations. Ces deux constellations — Orion et Ophiuchus — apparaissent dans le mythe fondateur du druidisme sous la forme de deux jumeaux divins qui règnent chacun sur une partie de l’année. L’un lors de la saison claire (printemps-été) l’autre sur la saison sombre (automne- hiver). La lunule raconte leur naissance dans des conditions que l’on pourrait qualifier d’alchimique. Le Chaudron de Gundestrup dévoile dans son iconographie leur rivalité pour la royauté suprême et leurs exploits. Le chaudron comme le gobelet de Lyon montre également les deux jumeaux dans des postures parfois hiératiques qui mettent en avant leur fonction ou des scènes d’actions qui montrent ces personnages lors de leurs exploits ou lors d’événements importants, souvent astronomiques, qui jalonnent leur existence. Le mythe de ces deux jumeaux se termine de façon tragique par un meurtre rituel qui se renouvelle pourtant dans un cycle sans fin de mort et de résurrection.

Axe Orion Ophiuchus. Orion et Ophiuchus forment la paire de Dioscures des Gaulois. Ce sont eux que l’on retrouve en vedette sur le chaudron de Gundestrup. D’après la carte du ciel de l’Association Française d’Astronomie, 2001.
LA GENÈSE DES DIEUX
La lunule dévoile les métamorphoses des deux jumeaux divins, de l’état d’embryon à l’âge adulte. Ils sont engendrés par l’union des deux serpents primordiaux que l’on assemble pour fermer le pectoral. Bien que jumeau, ce qui les distingue l’un de l’autre est leur nature profonde. L’un étant d’apparence humaine, mais de nature divine et il est immortel. Tandis que l’autre est un mortel pouvant prendre une apparence animale. Cette animalité se traduit à travers l’apparence ou tout simplement par le nom.

La Lunule lusitanienne de Chão de Lamas, exposée au Musée archéologique national de Madrid.
C’est pourquoi l’un est un embryon humain (en haut à gauche), il correspond à Orion. Tandis que le second forme un embryon animal (en haut à droite) et correspond au Maître des animaux, Cernunnos. En Inde, les deux jumeaux (Dioscures) portent des noms qui marquent cette différence entre humain et animal puisque l’un est appelé Sahadeva ce qui signifie « semblable aux dieux » tandis que le second est appelé Nakula « mangouste »[1]. Dans un mythe du Pays de Galles, Lleu[2] naît juste après son jumeau Dylan, celui-ci prenant aussitôt l’aspect d’une créature marine (phoque ou dauphin) et nageait aussi bien que les poissons les plus agiles, et pour cette raison on l’appela Dylan fils de la Vague. C’est pourquoi des vagues stylisées sont représentées sous l’embryon animal.
LES NOCES ALCHIMIQUES
La transmutation alchimique n’étant pas absente du processus de transformation puisque leurs embryons se forment dans les limbes ou ether puis prennent des chemins distincts. L’un emprunte la voie alchimique dite humide (à droite) symbolisée par des vagues stylisées et l’autre la voie sèche (à gauche) figurée par le symbole astronomique et astrologique du Soleil entouré de nuages vaporeux.

Symbole astronomique et astrologique du Soleil, ainsi que le symbole alchimique de l’or.
Les jumeaux passent ensuite par différents stades de développement pour finir par apparaître côte à côté sous forme humaine (les médaillons).
Pour en savoir davantage, voir SAISON 2 ANNEXE 33 Le message des druides
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Sources :
Lúnula lusitana do Chão de Lamas – Wikipédia, a enciclopédia livre
