ESUS ET L’ARBRE DE VIE

LES DRUIDES SAISON 2 ÉPISODE 13

ORION ET ESUS (2ème partie)

D’après nombre de mythologies, l’arbre de vie porte des fruits qui donnent l’immortalité. Le serpent est le gardien de cet arbre sacré et le détenteur du secret de l’immortalité.

L’ARBRE ET LE DIEU

Orion/Esus est à la fois le dieu qui déclenche la fin du monde en abattant l’arbre cosmique qui soutient la voûte céleste. Voir SAISON 2 ÉPISODE 12 Esus

Mais le dieu est également un tueur de dragon et le détenteur du breuvage d’immortalité.

Esus commet cet acte meurtrier en abattant un simple arbre. Ce bas-relief, comme un blason en héraldique contient beaucoup plus d’informations qu’il ne semble au premier abord.

L’ARBRE DE VIE. Esus, Pilier des Nautes (Musée de Cluny, Paris).

Esus, Pilier des Nautes (Musée de Cluny, Paris).

Pour cela il faut décrypter cette image.

L’ARBRE SACRÉ

Pourtant avant de continuer, il faut se pencher sur un élément majeur de la pensée druidique : l’axe du monde. Dans nombre de civilisations anciennes le sanctuaire est constitué de plusieurs éléments. L’un d’eux est la pierre sacrée, l’omphalos, le centre du monde. Cependant cette pierre n’est pas seule dans le sanctuaire, elle forme un binôme archaïque avec l’arbre sacré. Pourquoi ? Une fois de plus un simple regard vers le ciel étoilé peut nous livrer la réponse. Tout simplement parce que la plupart des sanctuaires des peuples antiques ne sont qu’une projection du ciel sur un morceau de terre sacrée. Suivant la formule employée en alchimie et dans l’hermétisme : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas[1] ». Si la pierre sacrée au milieu du sanctuaire n’est qu’une représentation symbolique de l’étoile polaire, le centre de la voûte céleste. L’arbre, quant à lui, n’est qu’une projection de l’axe du monde (Axis mundi), ce trait imaginaire qui traverse la terre et monte au ciel pour soutenir la voûte céleste.

L’ARBRE DE VIE. Pour les druides l’arbre sacré, qui peut également être un pilier, correspond à l’axe terrestre qui soutient la voûte céleste.

Pour les druides l’arbre sacré, qui peut également être un pilier, correspond à l’axe terrestre qui soutient la voûte céleste. L’acte d’abattre cet axe déclenche la fin du monde. (Dessin : JPS2023).

L’ARBRE DE VIE EN MÉSOPOTAMIE

L’arbre cosmique est sans doute l’une des notions les plus universelles conçue par l’humanité.  Une idée que l’on retrouve dans toutes les civilisations anciennes. Comme le démontre l’exemple mésopotamien.

Le Kiskanu (l’arbre primordial mésopotamien) est d’origine céleste, le lapis-lazuli représentant la nuit bleu sombre, constellée d’étoiles ; ses branches s’étendent en direction de l’océan encerclant les terres qui reposent sur lui. Les racines de l’arbre descendent jusqu’à l’apsu, l’abîme primordial, dont il est sorti le premier. Kiskanu est la demeure du dieu de la fertilité, de l’agriculture et des arts, en particulier de l’écriture, mais aussi de sa mère Bau, elle-même divinité de l’abondance des champs et reine des troupeaux.

Kiskanu est le prototype des arbres de vie, si souvent représentés dans l’iconographie mésopotamienne. Ils y sont d’ordinaire escortés de créatures terrestres qui tirent d’eux leur existence, capridés, oiseaux et serpents, entourés d’astres ou d’êtres ailés, car c’est vers le ciel, leur origine, qu’ils se dressent. Chacun de ces emblèmes à un sens bien déterminé qui précise le rôle cosmologique de l’arbre.

Cet arbre primordial, les archéologues l’ont découvert aussi à Mohenjo-Daro, la ville principale de la civilisation de l’Indus, contemporaine des cités-États sumériennes de la vallée de l’Euphrate. S’il est schématisé à la manière de l’arbre mésopotamien et accompagné des mêmes symboles, il s’agit ici du figuier, dans le feuillage duquel se produit l’épiphanie de la déesse nue. Ces représentations serviront ensuite de modèles à celles qui décorent les monuments du sud de l’Inde, édifiés par les Dravidiens qui occupaient le pays bien avant que l’invasion aryenne les refoule vers le sud. Ficus religiosa demeurera en Inde l’arbre sacré ; à son pied, le Bouddha parviendra à l’illumination.

De l’arbre de vie mésopotamien procédera, par ailleurs, celui qui, selon la Genèse, croît au milieu du jardin planté dans l’Eden par Yahvé pour y accueillir Adam. Jaillissent de ses racines les quatre fleuves qui irriguent le paradis terrestre[2].

L’ARBRE DE VIE. Sceau mésopotamien représentant l’arbre cosmique et le sacrifice du Taureau céleste

Sceau mésopotamien représentant l’arbre cosmique et le sacrifice du Taureau céleste (à noter l’étoile au-dessus de l’arbre qui correspond à l’étoile polaire qui indique le Nord). Syrie, XVIIe siècle av. J.-C. Hématite, h. 2,4 cm. Source : BnF, Monnaies, Médailles et Antiques.

L’arbre sacré prend une place prépondérante dans d’autres cultures, comme le monde nordique.

L’ARBRE PRIMORDIAL SCANDINAVE

Une des évocations les plus grandioses de l’arbre primordial se trouve dans la mythologie germanique, il s’agit du frêne Yggdrasil.

C’est Yggdrasil qui est l’arbre cosmique par excellence. Ses racines plongent jusqu’au cœur de la terre, là où se trouve le royaume des géants et l’Enfer. Auprès se trouve la fontaine miraculeuse Mimir (la « méditation », le « souvenir »), où Odhin[3] a laissé un œil comme gage et où il retourne sans cesse afin de rafraichir et d’augmenter sa sagesse. C’est toujours dans les mêmes parages, près d’Yggdrasil, que se trouve la fontaine Urd ; les dieux y tiennent quotidiennement leurs conseils et y dispensent la justice. Avec l’eau de cette fontaine, les Nornes[4] arrosent l’arbre géant afin de lui redonner de la jeunesse et de la vigueur. La chèvre Heidrun[5], un aigle, un cerf[6] et un écureuil[7] se tiennent dans les branches d’Yggdrasil ; à ses racines se trouve la vipère Nidhögg, qui essaie de l’abattre. L’aigle livre tous les jours combat à la vipère. Lorsque l’Univers tremblera jusque dans ses assisses, dans le cataclysme qu’annonce le Völuspâ[8] et qui mettra fin au monde, afin d’instaurer une nouvelle période, paradisiaque, Yggdrasil sera secoué très fortement, mais non pas abattu[9].

L’ARBRE DE VIE. Yggdrasil l'Arbre-Monde, avec les animaux qui vivent sur lui. Extrait du manuscrit islandais du XVIIe siècle

Yggdrasil l’Arbre-Monde, avec les animaux qui vivent sur lui. Extrait du manuscrit islandais du XVIIe siècle « AM 738 4to » conservé à l’Árni Magnússon Institute d’Islande. (Wikimedia Commons).

L’ARBRE SACRÉ DES CELTES

Cet arbre sacré existe également dans la mythologie celtique du Pays de Galles qui comporte la description d’un arbre primordial qui se situe à la frontière entre notre monde et l’Au-Delà.

Il (Peredur) poursuivit son chemin vers la vallée d’une rivière : les bords de la vallée étaient boisés, et il y avait des prairies de chaque côté de la rivière. D’un côté de la rivière, il vit un troupeau de mouton blancs, et de l’autre, un troupeau de moutons noirs. Lorsque l’un des moutons blancs bêlait, l’un des moutons noirs passait de l’autre côté et devenait blanc ; lorsqu’un mouton noir bêlait, un mouton blanc passait de l’autre côté et devenait noir. Il vit au bord de la rivière un grand arbre, dont une moitié brûlait depuis la racine jusqu’à la cime, et dont l’autre moitié avait un feuillage verdoyant[10].

Nombre de commentateurs ont vu dans cet arbre sacré la séparation entre le monde des vivants (les moutons blancs) et le monde des morts (les moutons noirs). Quand l’âme d’un mourant pénètre l’Autre Monde elle change de nature. Il est intéressant de noter que les échanges entre ces deux mondes se produisent dans les deux sens. Les auteurs grecs et latins disaient que les Celtes croyaient que les âmes sont immortelles et qu’il y a une autre vie chez les morts. Mais apparemment l’inverse est vrai aussi, que pour les morts une autre vie est possible chez les vivants[11]. Voir SAISON 1 ANNEXE 31 Les druides et l’immortalité de l’âme

LE PILIER COSMIQUE

La notion d’un axe du monde existe dans de nombreuses civilisations, mais l’Axis Mundi n’est pas toujours un arbre, il existe des variantes, dont la plus célèbre est la colonne ou pilier cosmique.

Chez les Germains de l’époque historique, les croyances relatives au frêne cosmique se sont aussi longtemps perpétuées. Pour eux l’univers était supporté par un arbre gigantesque. Certaines tribus élevaient sur les hauteurs des piliers faits du tronc d’un très gros arbre. L’un d’eux nous est bien connu, Irminsul, le pilier cosmique qui, pour les Saxons, soutenait la voûte céleste[12].

Cependant, l’arbre sacré, le pilier cosmique, n’est pas seul. Un autre élément essentiel du sanctuaire est souvent représenté à ses côtés : il s’agit du serpent. Association que l’on retrouve dans un grand nombre de traditions. Pour comprendre cette association étrange il faut revenir vers l’astronomie, seule science susceptible de décrypter nombre de mystères druidiques.

LA CONSTELLATION DU DRAGON

Si l’on prend l’axe autour duquel tourne la terre et que l’on prolonge cet axe vers le ciel étoilé, il indique un point central, point autour duquel tourne la voûte céleste avec ses milliards d’étoiles. De plus cet axe terrestre pointe vers une constellation d’une importance capitale : la constellation du Dragon (Draco).

L’axe terrestre pointe en direction de la constellation du Dragon. Ce qui donne l’impression que le Dragon s’enroule autour de cet axe. (Dessin JPS2023°.

Ceci pour la théorie, en vérité la machinerie céleste est beaucoup plus complexe, car l’axe de la terre est incliné et impose à notre planète un mouvement de rotation qui ressemble à celle d’une toupie. Ce qui fait que l’axe terrestre décrit un cercle dans le ciel. Il faut près de 26000 ans à l’axe terrestre pour faire un tour complet. Ce mouvement est appelé Précession des Équinoxes. L’axe de la terre lorsqu’il fait ce tour complet croise parfois la position d’une étoile qui devient alors pour un certain temps l’étoile polaire, l’astre qui indique le pôle Nord céleste. Étoile essentielle pour les voyageurs et les navigateurs depuis toujours puisqu’elle indique le Nord. Pour plus de détail voir SAISON 1 ANNEXE 9 L’étoile polaire

Ce mouvement en cercle de l’axe terrestre nous importe peu pour la suite puisque le centre théorique de ce cercle indique toujours la constellation du Dragon. Cette dernière semble s’enrouler autour de l’axe terrestre.

Etoile polaire au cours des ages

Trajet en cercle de l’axe terrestre sur la voûte céleste sous l’effet du mouvement de la précession des équinoxes, à noter l’étoile polaire actuelle à la pointe de la queue de la Petite Ourse et l’étoile polaire vers 2700 av. J.-C. dans la queue de la constellation du Dragon. Le point rouge est le point théorique pointé par l’axe terrestre sans l’effet de la précession des équinoxes. Il passe par la constellation du Dragon et donne l’impression que le Dragon s’enroule autour de cet axe. (Source : Wikimedia Commons)

Il faut ajouter que depuis les temps les plus anciens, le Dragon n’est en fait qu’un serpent monstrueux. C’est pourquoi la constellation est souvent représentée sous l’aspect d’un serpent géant. Voir à ce propos SAISON 1 ANNEXE 11 La représentation du dragon à travers les âges

Miroir d'Uranie Dragon

La constellation du Dragon (Draco) et La Petite Ourse (Ursa Minor) d’après le Miroir d’Uranie, Illustration de Sidney Hall, 1825, Source Bibliothèque du Congrès (Wikimedia Commons)Image de la constellation du Dragon (Draco).

Pour un observateur qui se trouve sur terre, la constellation du Dragon semble s’enrouler autour de l’axe terrestre. Comme nous l’avons vu précédemment, pour les astronomes de la Préhistoire cet axe est souvent représenté sous la forme d’un arbre (ou d’un pilier). De plus cet arbre sacré porte des fruits, mais pas n’importe lesquels, ce sont des fruits qui donne l’immortalité à celui qui s’en empare.  Cependant cet arbre sacré a un gardien, le serpent (projection de la constellation du Dragon). Cette association arbre/serpent se retrouve dans un grand nombre de mythologies.

L’ARBRE ET LE SERPENT

Qui ne connait la célèbre scène du serpent parleur de la Genèse ?

L’ARBRE DE VIE. Adam et Ève et le serpent d’après le Codex Vigilanus.

Adam et Ève et le serpent d’après le Codex Vigilanus Manuscrit enluminé de la péninsule ibérique, 10ème siècle.

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait fait. Il dit à la femme : Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?

La femme répondit au serpent : Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort.

Le serpent répliqua à la femme : Pas du tout ! Vous ne mourrez pas !

Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal[13].

S’ensuit la malédiction des deux humains qui doivent quitter le jardin d’Eden. Ce qui ressort de ce texte, c’est que le serpent les a trompés, il leur a promis de devenirs des dieux et ils sont devenus des humains, avec si l’on peut dire tous les inconvénients. Les douleurs de l’enfantement et la soumission à l’homme pour Ève. Un dur labeur quotidien pour trouver sa subsistance pour Adam. Et bien sûr une mort certaine pour les deux au bout d’une vie difficile. Car le serpent les a piégés, il leur a indiqué le mauvais arbre. Il existe en effet dans le jardin d’Eden un second arbre, celui dont on ne parle jamais, un végétal aux vertus autrement exceptionnelles que la connaissance du bien et du mal. C’est en tout cas ce qui ressort des mots prononcés par Dieu après la faute commise par les deux humains.

Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous, pour connaitre le bien et le mal ! Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours[14] !

Adam et Ève sont chassés du Paradis avant pu s’emparer des fruits de l’Arbre de Vie. Car d’après la Bible, il existe bel et bien deux arbres au Paradis. L’un est l’arbre de la Connaissance du bien et du mal dont Adam et Ève ont croqué le fruit défendu. L’autre est celui qui est planté au milieu du jardin d’Eden, l’Arbre de Vie, celui qui donne l’immortalité à l’élu qui mange de son fruit. Mais pourquoi un arbre central devrait-il donner la vie éternelle ? La réponse est encore une fois tracée dans le ciel. Cette notion d’immortalité provient de la constatation faite par les premiers humains s’intéressant aux astres, que les étoiles tournent autour de l’axe cosmique. Or, les quelques constellations les plus proche du pôle céleste ne se couchent jamais sous l’horizon, et elles sont de ce fait considérées dans l’Antiquité comme immortelles[15].

Il semble que ces deux arbres, celui de la Connaissance d’abord puis celui de la Vie, ne sont que des étapes initiatiques essentielles dans la quête de l’immortalité pour devenir comme des dieux. Les humains ont passé la première initiation celle de la Connaissance mais pas la seconde qui donne la vie éternelle, le serpent a bien joué son rôle de gardien du secret de l’arbre de Vie en égarant Adam et Ève. Depuis cette malédiction les êtres humains n’ont qu’un rêve, le plus fou d’ailleurs, celui de percer le secret de l’immortalité.

L’ARBRE ET LE SERPENT EN GRÈCE

Il existe dans la mythologie grecque un autre très bel exemple de l’association arbre-serpent.

Héraklès combattant Ladon, le gardien de l'arbre aux pommes d'or.

Héraklès combattant Ladon, le gardien de l’arbre aux Pommes d’or. Relief romain d’une lampe à huile d’époque tardive, Staatliche Antikensammlungen, Munich.

Il s’agit du mythe des Pommes d’or du jardin des Hespérides. Le récit est long, mais il mérite d’être étudié de plus près.

Héraclès avait accompli ses Dix Travaux en l’espace de huit ans et un mois ; mais Eurysthée[16], qui n’avait pas compté ni le second ni le cinquième, lui en infligea deux autres. Le Onzième des Travaux consistait à rapporter les fruits du pommier d’or, ce cadeau de la Mère-Terre à Héra dont elle avait été si heureuse qu’elle l’avait planté dans son jardin divin. Le jardin se trouvait sur les pentes du mont Atlas, là où les chevaux du char du Soleil, hors d’haleine, achèvent leur randonnée et où les troupeaux d’Atlas — mille moutons et mille vaches — se promènent paisiblement dans les pâturages[17]. Lorsqu’un jour Héra s’aperçut que les filles d’Atlas[18], les Hespérides[19], à qui elle avait confié la garde de l’arbre, volaient les pommes, elle fit s’enrouler Ladon le dragon vigilant autour du pommier pour en interdire l’approche.

D’après certains, Ladon était le fils de Typhon[20] et d’Échidna[21] ; d’après d’autres, il était le dernier né des enfants de Céto et Phorcys[22] ; d’après d’autres encore, il était le fils par parthénogenèse de la Terre-Mère[23]. Il avait cent têtes et parlait en utilisant ses diverses langues[24].

On n’est pas d’accord sur le lieu où vivaient les Hespérides : certains disent que c’était sur le mont Atlas, dans le territoire des Hyperboréens[25], ou sur le mont Atlas en Maurétanie ; ou bien quelque part au-delà de l’Océan ; ou bien dans deux îles près du promontoire appelé cap Occidental qui se trouvent près des Hespéries éthiopiennes, aux frontières de l’Afrique. Bien que les pommes fussent à Héra, Atlas en était fier, comme un jardinier de ses beaux fruits et Thémis[26] l’avertit : Un jour, bientôt, Titan, ton arbre sera dépouillé de son or par un fils de Zeus. Atlas, qui n’avait pas encore été condamné à porter le globe terrestre sur ses épaules, construisit des murs solides autour du jardin et chassa tous les étrangers de son territoire ; il est bien possible que ce soit lui qui ait affecté Ladon à la garde des pommes d’or.

Héraclès, ignorant dans quelle direction se trouvait le jardin des Hespérides, traversa l’Illyrie jusqu’au fleuve Pô, patrie du dieu marin Nérée[27], l’Oracle. En cours de route, comme il traversait l’Échédoros, petite rivière de Macédoine, Cycnos, fils d’Arès et de Pyréné, lui lança un défi. Arès se présenta comme second de Cycnos et déjà organisait le combat quand Zeus envoya un trait de foudre entre eux et ils interrompirent leur combat. Quant enfin Héraclès arriva sur le Pô, les nymphes du fleuve, filles de Zeus et de Thémis, le conduisirent à Nérée qui était endormi. Héraclès se saisit du vénérable dieu de la mer et s’agrippant à lui malgré ses multiples métamorphoses, le contraignit à lui dévoiler le moyen de prendre les pommes d’or. Mais, d’après certains, Héraclès alla querir ses renseignements auprès de Prométhée.

Prométhée[28] avait conseillé à Héraclès de ne pas cueillir lui-même les pommes mais utiliser Atlas pour le faire à sa place et de le soulager pendant ce temps de son formidable fardeau ; donc en arrivant au jardin des Hespérides, il demanda à Atlas de lui rendre ce petit service. Atlas aurait fait vraiment n’importe quoi en échange d’une heure de répit, mais il redoutait Ladon qu’Héraclès tua alors d’une flèche tirée par-dessus le mur du jardin[29]. Héraclès s’était donc baissé pour recevoir le poids du globe terrestre sur les épaules et Atlas était parti ; il s’en revenait à présent avec trois pommes cueillies par ses filles. Il trouvait que la liberté était délicieuse. Je vais apporter moi-même ces pommes à Eurysthée, dit-il, si tu portes les cieux pendant quelques mois encore. Héraclès fit semblant d’accepter, mais comme il avait été prévenu par Nérée de n’accepter aucune proposition de ce genre, il pria Atlas de porter le globe pendant un instant, pendant qu’il mettrait un coussinet sur la tête. Atlas, facilement trompé, posa les pommes sur le sol et reprit sn fardeau. Héraclès alors les ramassa et s’éloigna en lui faisant un petit salut ironique.

À quelques mois de là, Héraclès apporta les pommes à Eurysthée qui les lui rendit ; il les offrit alors à Athéna qui les restitua aux nymphes, car il était illicite que la propriété d’Héra leur fut enlevée. Héraclès, ayant soif, après avoir accompli ce labeur frappa la terre de son pied et fit jaillir un ruisseau qui, par la suite, devait sauver les Argonautes lorsqu’ils furent pris par la soif dans le désert de Lybie. Entre-temps Héra, pleurant Ladon, le plaça au milieu des étoiles où il figure la constellation du Dragon[30].

LE DRAGON GREC

On retrouve dans ce texte le thème du jardin avec en son centre un arbre, sur l’arbre se trouvent des fruits[31] qui donne l’immortalité, ainsi que le dragon qui est le gardien de l’Arbre de Vie. Mieux encore, ce texte donne une indication essentielle. Ladon n’est rien d’autre que la constellation du Dragon. Ce qui conforte la thèse astronomique développé tout au long des articles précédents.

Par la suite, le douzième des travaux d’Héraklès devient une descente aux enfers dont le héros revient. Or ce sont les pommes d’or du jardin des Hespérides qui donnent à Héraklès le pouvoir de vaincre la mort. Ce n’est qu’après être passé par la mort qu’il accède à l’immortalité et rejoint ainsi les dieux. Si Héraclès réussit sa mission et accède au rang d’immortel, Adam et Ève échouent[32] et ce n’est d’après la tradition chrétienne qu’un lointain de leurs descendants qui, à travers son sacrifice, vainc la mort, ressuscite et donne la vie éternelle : le Christ. D’après certaines légendes médiévales le bois de la croix utilisé lors de la crucifixion serait issu de l’Arbre de Vie. Il existe même quelques rares gravures anciennes montrant le Christ crucifié directement sur l’Arbre de Vie.

Gravure montrant au premier plan le Christ crucifié sur un pommier qui porte des fruits portant les noms de vertus ; à l’arrière-plan une mer orageuse, des chutes d’eau et un sanglier dans un vignoble. Avec des titres français gravés, plusieurs citations de la Bible et deux textes en deux colonnes donnant des explications sur le tableau. Auteur anonyme, vers 1780-1800. © British Museum

LE DRAGON ET LA COLONNE

Le serpent qui s’enroule autour de l’axe terrestre est une image qui a marqué l’histoire religieuse de l’humanité et qui se retrouve dans de nombreuses mythologies ; le serpent de la genèse et le dragon du jardin des Hespérides ne sont que deux exemples parmi d’autres. Il existe également des images qui associe le dragon et la colonne, ainsi cette enluminure de 1372 montrant Moïse et le serpent d’airain.

Le serpent d’Airain. Petrus Comestor, Bible historiale de 1372, Meermanno Koninklijke Bibliotheek, (La Haye Pays-Bas).

Le récit biblique raconte l’un des nombreux moments où les Israélites ont douté de Dieu. Alors Yahweh envoie sur eux une plaie de serpents venimeux. Seuls ceux qui regardent le serpent d’airain ont la vie sauve.

L’Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. (Bible, Nombres 21:8-9).

Cependant l’auteur de l’enluminure n’a peint ni une perche ni un serpent. Mais un dragon assis sur une colonne. Illustration parfaite de l’axe terrestre avec à son sommet la constellation du Dragon[34]. Un initié ?

LES POMMES D’OR

D’après le mythes grec, les Pommes d’or du jardin des Hespérides confèrent l’immortalité à celui qui les mange. Il existe des pommes au mêmes vertus dans la mythologie nordique, ce sont les pommes de la déesse de la jeunesse Idunn (parfois confondue avec la déesse Freyja).

Freyja et les pommes d’or, qui confèrent aux dieux la jeunesse éternelle (illustration par Arthur Rackham, 1910). (Wikimedia Commons).

Ces pommes ont le pouvoir de rajeunir celui qui en mange. Car contrairement aux divinités des panthéons d’autres cultures, les dieux nordiques ne sont pas immortels et doivent leur jeunesse aux pommes magiques de la déesse Idunn.

Le thème de l’immortalité avec ses variantes, vie éternelle et éternelle jeunesse, est omniprésent dans les quelques exemples cités.

UN DIEU GAULOIS INCONNU

Il existe une sculpture d’un dieu gaulois qui est accompagné par un chien avec deux oiseaux perchés sur ses épaules. Le personnage s’appui sur un bâton tordu, dans son autre main il tient une serpe et dans les replis de son vêtement on peut apercevoir des fruits.

Dieu aux oiseaux, sculpture gallo-romaine, Découvert au hameau de Moux, conservé au musée archéologique de Dijon (Wikimedia Commons).

Il n’y a qu’un seul personnage dans l’iconographie gauloise qui est représenté en compagnie d’un chien, c’est Orion sur le chaudron de Gundestrup. Voir SAISON 1 ÉPISODE 5 Chaudron de Gundestrup et astronomie

Plus souvent encore Orion est représenté sous les traits de Sucellus en compagnie de son fidèle chien. Voir SAISON 2 ÉPISODE 6 Sucellus

Dans le cas présent, il semble que c’est une figuration mixte de Sucellus et son chien avec des caractéristiques d’Esus puisque ce dieu porte sur lui des attributs typiques du dieu bûcheron : serpe, branche ou tronc d’arbre coupé et les Pommes d’or de l’Arbre de Vie. Voir SAISON 2 ÉPISODE 12 Esus

Sans compter que dans le mythe grec c’est Héraklès qui s’empare des Pommes d’or du jardin des Hespérides. Or Orion et Héraklès ne sont qu’un seul et même personnage. Voir SAISON 2 ÉPISODE 5 Ogmios

Pommes d’or que le personnage de la sculpture du dieu aux oiseaux tient dans les replis de son vêtement. Des pommes magiques qui donnent l’immortalité à celui qui les mange. La présence des deux corbeaux s’explique également: voir SAISON 2 ÉPISODE 7 Mithra

La quête de l’immortalité est également la mission principale d’un autre avatar d’Orion, Brennus dont le nom est dérivé de celui du corbeau. Voir à ce propos SAISON 2 ANNEXE 11 Brennos

Il ne faut pas oublier que chaque monument inspiré par la religion druidique , même parmi les plus simples, comporte toujours plusieurs niveaux de lecture.

LES ARBRES CELTIQUES

L’arbre ou la colonne soutenant le ciel existe également chez les Celtes à travers quelques rares images d’un serpent enroulé autour d’un pilier ou d’un arbre.

Cette association entre l’arbre et le serpent se retrouve sur un objet d’une valeur inestimable, trouvé en 1929, haut de 6.5 cm et d’un diamètre de 8.5 cm qui résume, comme le chaudron de Gundestrup,  la religion des druides. Daté du 1er siècle av J.-C., le gobelet appelé « aux dieux gaulois » est une merveilleuse pièce en argent[35].  Le décor est composé d’un arbre avec à son sommet une boule de gui, vient ensuite une première scène avec une divinité entourée d’un sanglier, d’un aigle, d’une tortue et d’un corbeau ; une deuxième scène rassemble autour d’un second personnage un chien, un cerf ; les deux groupes sont séparés par un serpent enroulé autour d’un arbre. Il suffit de porter son regard vers le ciel étoilé pour décrypter cet objet étonnant qui décrit les divinités les plus importantes du panthéon celtique.

Gobelet aux dieux gaulois en argent. Musée de la civilisation gallo-romaine, Lyon.

Gobelet aux dieux gaulois en argent. Musée de la civilisation gallo-romaine, Lyon.

Cependant, c’est surtout l’ophidien et l’arbre qui va retenir notre attention puisqu’il représente le serpent ou dragon céleste qui est enroulé autour de l’arbre cosmique. Ce dernier sépare le ciel en deux parties avec de chaque côté des constellations bien précises, Aigle, Cerf, Corbeau etc. De plus, comme le chaudron de Gundestrup, le gobelet de Lyon met en scène deux personnages qui ont imprégnés toute la pensée religieuse du monde antique. Ce sera le sujet de la Saison 4.

LE SERPENT ET LE PILIER

Une autre image du serpent et de l’axe primordial vient du Royaume Uni avec un ophidien[36] enroulé autour d’un pilier découvert à Lypiatt Park dans le Gloucestershire.

Pilier de Lypiatt Park, Gloucestershire, Grande Bretagne.

Pilier de Lypiatt Park, Gloucestershire, Grande Bretagne.

Il faut également évoquer un magnifique bas-relief[37] représentant le fameux serpent à tête de bélier qui est lui aussi est lové autour d’un pilier. Avec le temps ce motif n’est plus central mais fait partie d’un contexte mettant en scène d’autres divinités. Ces quelques exemples apportent la preuve que l’association arbre/pilier/serpent n’est pas chose inconnue dans l’iconographie celtique[38].

Détail du pilier de Mavilly n°2, Musée de Dijon.

Détail du pilier de Mavilly n°2, Musée de Dijon.

LES DRUIDES « CONNAISSEURS DE L’ARBRE »

L’image de l’arbre primordial est le symbole par excellence de la présence divine, puisqu’il relie le ciel et la terre, de ses branches les plus hautes il traverse les régions célestes, Demeure des dieux et enfonce ses racines dans les profondeurs souterraines jusqu’au royaume des divinités infernales. Entre les deux, s’étend le monde des hommes et de toutes les créatures vivantes. Une des étymologies possibles du mot druide est « le connaisseur de l’arbre ».

Mais pas de n’importe quel arbre ! Il s’agit en l’occurrence de la connaissance du secret de l’arbre cosmique, centre du monde, support de l’univers et porteur des fruits qui donnent l’immortalité.

Les Celtes croyaient que la fin du monde se produirait lorsque le ciel tomberait sur la tête des humains. C’est-à-dire lorsque la colonne ou l’arbre sacré qui soutient la voûte céleste serait abattu. C’est Esus qui d’après le pilier des Nautes et l’autel de Trêves abat cet arbre cosmique.

Mais ce n’est pas tout, parfois dans certaines mythologies, notamment celle des Celtes, l’arbre sacré et le serpent fusionnent et ne font plus qu’un…

(À suivre…)

L’ARBRE DE VIE JPS2023 (Texte écrit en 2016, remanié en 2023)

[ACCUEIL]

NOTES :

[1] Une des formules les plus célèbres composant la Table d’émeraude (Tabula Smaragdina en latin). Selon la légende, elle présente l’enseignement d’Hermès Trismégiste, fondateur mythique de l’alchimie, et aurait été retrouvée dans son tombeau, gravée sur une tablette d’émeraude.

[2] Jacques Brosse, Mythologie des arbres, Éditions Payot & Rivages, Paris, 2001, pp.33-34.

[3] Odhin ou Odin, le principal dieu de la mythologie scandinave. Dieu de la guerre, de la sagesse et de la poésie.

[4] Déesses du Destin.

[5] Qui nourrit de son lait les guerriers d’Odin.

[6] Quatre cerfs qui broutent les jeunes pousses de l’arbre géant dès qu’elles paraissent.

[7] L’écureuil qui monte et descend transmet les défis mutuels que se portent l’aigle et le serpent.

[8] Poème qui raconte l’histoire et le destin du monde, des origines jusqu’au crépuscule des dieux.

[9] Mircea Eliade, Traité d’histoire des religions, Payot, Paris, 1999, pp.238-239.

[10] Les Quatre Branches du Mabinogi, Traduction Pierre- Yves Lambert, Gallimard, Paris, 1993, p.266.

[11] Les carnavals de printemps et ceux d’automne (Halloween) sont des points de contacts privilégiés entre ce monde-ci et l’Autre Monde.

[12] Jacques Brosse, Mythologie des arbres, Éditions Payot & Rivages, Paris, 2001, p.22.

[13] La Bible de Jérusalem, Genèse, 3, 1-5, Les Éditions du Cerf, Paris, 1998.

[14] La Bible de Jérusalem, Genèse, 3, 22, Les Éditions du Cerf, Paris, 1998.

[15] Aux latitudes tempérées de l’hémisphère nord (45°) seuls la Grande et la Petite Ourse, la Girafe, Céphée, Cassiopée et bien sûr le Dragon sont des constellations circumpolaires au sens strict, donc qui ne se couchent jamais sous l’horizon et qui font partie du club restreint des constellations immortelles.

[16] Roi d’Argolide et commanditaire des douze travaux d’Héraclès.

[17] Les pommes d’or auraient été en réalité de magnifiques moutons (mélon signifie à la fois « mouton » et « pomme ») ou bien des moutons avec une étrange toison rouge ressemblant à de l’or, qui étaient gardés par un berger appelé Dragon, à qui les filles d’Hespéros, les Hespérides, avaient coutume d’apporter de la nourriture. Héraclès emporta les moutons et tua ou enleva le berger. Robert Graves, Les mythes grecs, Tome II, Hachette, Paris, 2000, pp.147. Ces étranges ovins rappellent les moutons noirs et blancs du conte gallois Peredur.

[18] Titan, après sa révolte contre les dieux de l’Olympe il est condamné par Zeus a porter le globe terrestre.

[19] Nymphes du couchant, fille d’Atlas et d’Hespéris, le soir ou le couchant personnifié. Donc toute cette histoire se passe à l’ouest, au couchant, autrement dit en occident.

[20] Sur le pilier cosmique celte s’affrontent le dragon Typhon et Zeus, le dieu de l’orage occidental. Ici c’est le fils de Typhon qui est le gardien du pilier ou arbre cosmique.

[21] Le nom signifie « vipère » mère d’innombrables monstres comme Cerbère le chien à trois têtes, gardien de l’enfer ou l’Hydre de Lerne. Épouse de Typhon ou de Python sous le nom de Delphyné. En fait elle est la mère de tous les dieux serpentiformes. Ces dieux-serpents sont les divinités des habitants d’Europe avant l’arrivée des Indo-Européens et leurs dieux, tueurs de dragons, Zeus ou Apollon ou comme dans ce texte Héraclès.

[22] Monstres marins primordiaux.

[23] La Terre-Mère est une divinité primordiale, celles-ci sont souvent représentées sous forme de serpents. Toutes les divinités citées Échidna, Céto ne sont que des émanations du même serpent des commencements, la Terre-Mère.

[24] Encore un serpent doué de la parole.

[25] Plusieurs indications vont dans le sens d’une localisation occidentale du jardin des Hespérides. Stonehenge est le temple rond des Hyperboréens. Les premiers Indo-Européens ont tué le culte du Dragon dans ce centre spirituel des premiers habitants d’Europe occidentale.

[26] Déesse de la Justice.

[27] Très ancien dieu marin.

[28] Titan, lui-aussi, connu pour avoir dérobé le feu sacré aux dieux. Comme punition, il fut enchainé, sur ordre de Zeus, sur le plus haut sommet du Caucase, où chaque jour pendant des siècles, un aigle vint ronger le foie sans cesse renaissant. Héraclès tua le rapace d’une de ses flèches et délivra le titan.

[29] Il ne faut pas oublier que c’est un peuple d’archers qui renverse le culte du dragon à Stonehenge. Apollon, le meurtrier du dragon Python à Delphes, est lui aussi un archer.

[30] Robert Graves, Les mythes grecs, Tome II, Hachette, Paris, 2000, pp.142-143.

[31] Si dans la tradition grecque le fruit de l’immortalité est une pomme, la nature du fruit cité dans la Bible n’est pas précisée.

[32] Adam et Ève n’étaient pas immortels avant le péché, mais il n’avait pas conscience d’être mortel, donc ils vivaient heureux, sans l’angoisse d’une fin prochaine. Les premiers hominidés ne vivaient pas dans la peur de la mort car ils ignoraient tout de ce moment fatidique.

[33] D’après certaines légendes le bois de la croix utilisé lors de la crucifixion serait issu de l’Arbre de Vie.

[34] Sur le portail nord de la cathédrale de Chartres, on peut voir Moïse avec les Tables de la loi serrant contre lui une colonne à chapiteau. Sur cette dernière trône un petit dragon ailé dont la queue s’enroule autour du pilier de pierre.

[35] Visible au Musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon.

[36] Les spécialistes penchent pour la représentation d’un serpent à tête de bélier. Anne Ross, Pagan Celtic Britain, Cardinal Edition, London, 1974 p.187.

[37] Pilier de Mavilly n°2, Musée de Dijon.

[38] N’oublions pas non plus la mention du caducée par Pline dans son texte consacré à l’œuf des druides.

« Pourtant ces enlacements de serpents et leur union féconde semblent être la raison qui a déterminé les nations étrangères à entourer, en signe de paix, le caducée de l’image de serpents ». Pline l’ancien, Histoire naturelle, Livre XXIX,  XII, par. 52 à 54, Traduction A. Ernout, Les Belles Lettres, Paris, 2003.

Or le caducée n’est rien d’autre qu’un serpent enroulé autour d’un axe.

Pour être tout à fait complet il faut également citer le texte de Lucain quand il évoque les sanctuaires druidiques.

« […] que des dragons (il dit bien dracones), enlaçant les troncs, rampaient çà et là.

Lucain, La Pharsale, Livre III, vers 421-422, Traduction A. Bourgery, Éditions Les Belles Lettres, Paris, 1976.

C’est tout simplement la seule évocation par un auteur antique d’un lien entre un sanctuaire druidique et des dragons enroulés autour de troncs d’arbres. Ce n’est pas une image poétique pour séduire le lecteur mais la réalité rencontrée sur le terrain par les Romains.

SOURCES :

Ladon (créature fantastique) — Wikipédia (wikipedia.org)

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