L’ŒUF DE SERPENT DES DRUIDES
LES DRUIDES SAISON 3 ANNEXE 12
Pline évoque dans un texte l’existence de l’étrange œuf de serpent de la tradition druidique.
UN RÉCIT OBSCUR
Pour cela il faut rappeler le mythe druidique qui dépeint comment un humain pénètre dans l’Autre Monde pour dérober un précieux talisman, L’œuf de serpent :
Il existe, en outre, une autre espèce d’œufs en grand renom dans les Gaules et dont les Grecs n’ont pas parlé. Des serpents s’enlacent + en grand nombre + ; avec leur bave et l’écume de leurs corps ils façonnent une sorte de boule appelée + urinum +. Les druides disent que cette façon d’œuf est projetée en l’air par le sifflement des serpents, et qu’il faut la rattraper dans un manteau sans lui laisser toucher la terre ; que celui qui s’en est emparé doit s’enfuir à cheval, car les serpents le poursuivent jusqu’à ce qu’ils soient arrêtés par l’obstacle d’une rivière ; l’épreuve qui fait reconnaître cet œuf est qu’il flotte contre le courant, même s’il est attaché avec de l’or. De plus avec cette ingéniosité qu’ils ont à envelopper de mystères leurs mensonges, les Mages prétendent qu’il faut les prendre pendant une certaine lune, comme s’il dépendait de la volonté humaine de faire coïncider avec cette lune l’opération des serpents. J’ai du reste vu cet œuf : il était de la grosseur d’une pomme ronde moyenne, et sur sa coque se remarquaient de nombreuses cupules cartilagineuses semblables à celle dont sont munis les bras des poulpes. Les Druides vantent fort son merveilleux pouvoir pour faire gagner des procès et pour faciliter l’accès auprès des souverains, mais c’est une si grande imposture qu’un chevalier romain du pays des Vocontiens qui, au cours d’un procès, en portait un sur son sein, fut mis à mort par l’empereur Claude sans autre motif que je sache. Pourtant ces enlacements de serpents et leur union féconde semblent être la raison qui a déterminé les nations étrangères à entourer, en signe de paix, le caducée de l’image de serpents ; c’est l’usage en effet que les serpents du caducée n’aient pas de crêtes[1].
Texte pour le moins obscur.
UN MYTHE FONDATEUR
Il est évident que Pline n’a pas tout compris. Ou plus simplement, comme l’enseignement des druides devait rester secret, il n’a pas eu connaissance de toutes les données nécessaires pour reconstituer le mythe fondateur du druidisme. Pourtant ce texte contient quelques informations intéressantes. La première confirme qu’il existait effectivement chez les Celtes un œuf de serpent de grand renom aux vertus magiques. La seconde information essentielle est que ce sont les druides, eux-mêmes, qui racontent cette histoire extraordinaire. Et ils expliquent comment récupérer cet œuf magique, mais gare, les serpents veillent. Ensuite que Pline ne croit pas aux vertus de cet œuf, mais que ceux qui croient courent la peine de mort. L’empereur Claude voulant éradiquer le druidisme, se reconnaître des croyances des druides pouvait être fatal. Pourtant ce qui reste le plus digne d’intérêt reste la description de cet étrange œuf de serpent.

Serpent enroulé autour de l’Œuf du Monde.Illustration tirée de l’ouvrage de Jacob Bryant, Analysis of Ancient Mythology, 1774. (Wikimedia Commons)
UN OURSIN FOSSILE
Les commentateurs de ce texte pensent en général que cet œuf de serpent correspond à un oursin fossile. Ce qui est d’ailleurs corroboré par des découvertes archéologiques. Comme cet exemple cité par C. J. Guyonvarc’h dans son ouvrage sur Les druides qui décrit une découverte faites par des archéologues :
En 1899 je fouillai, avec des collaborateurs, le tumulus du Poiron en Saint-Armand-sur-Sèvre (Deux-Sèvres) qu’entoure encore un remblai circulaire en terre. Ce tertre de 20 m de diamètre fut entamé jusqu’au-delà de son point central par une tranchée de 2 mètres de largeur et de 3.50m de profondeur. Il ne contenait qu’une petite capse[2], formée de six pierres de schiste, d’environ vingt et quelques centimètres de longueur, au milieu de laquelle un oursin fossile se trouvait enfermé[3].

Fossile d’un oursin de l’éocène (trouvé en Égypte). (Wikimedia Commons).
Cet oursin fossile ne peut être que le substitut rationnalisé de l’œuf de serpent mythique. Comme une petite croix portée autour du cou symbolise une appartenance au christianisme et de son enseignement. Cependant on attribue des vertus magiques à cet oursin fossile, comme le pouvoir de faire gagner des procès ou de faciliter l’accès auprès des souverains. Croire en lui équivaut à la peine de mort. Bien entendu une simple croix ou un oursin fossile ne peuvent pas résumer à eux seuls le corpus complexe d’une religion. La dernière information fournie dans le texte de Pline démontre que l’enlacement des serpents et leur union féconde est à l’origine du caducée. D’ailleurs ce dernier est une illustration des plus archaïques de l’union des dieux-serpents primordiaux enroulés autour de l’axe du monde.

Caducée L’union de deux serpents divins engendre l’œuf cosmique.
L’ŒUF DU MONDE
Très tôt les spécialistes ont également fait le rapprochement de cet œuf druidique avec l’œuf cosmique de la tradition hindoue qui est à l’origine de l’univers. Voici la version de la création du monde de l’Inde antique :
Au commencement, il n’y avait que le Non-Être. Il fut l’Être. Il grandit et se changea en œuf. Il reposa toute une année, puis il se fendit. Deux fragments de coquille apparurent : l’un d’argent, l’autre d’or. Celui d’argent, voilà la terre ; celui d’or, voilà le ciel. Ce qui était la membrane externe, voilà les montagnes ; ce qui était la membrane interne, voilà les nuages et les brumes ; ce qui était les veines, voilà les rivières ; ce qui était l’eau de la vessie, voilà l’océan[4].
Cet œuf primordial est à l’origine du monde. De ses différents composants sont créés la terre, le ciel et l’océan.
UN MYTHE DE LA CRÉATION
Il existe un autre mythe de la création qui évoque un œuf à l’origine de toutes choses. Il s’agit du mythe de la création des Pélasges qui le nom donné par les Grecs anciens aux premiers habitants de la Grèce.
Au commencement, Eurynomé, déesse de Toutes Choses, émergea nue du Chaos mais ne trouva rien de consistant ou poser ses pieds, c’est pourquoi elle sépara la mer d’avec le ciel et, solitaire, dansa sur les vagues. En dansant, elle se dirigea vers le sud et le vent agité sur son passage devint quelque chose de nouveau et de différent : elle pourrait ainsi faire œuvre de création. Poursuivant son chemin de sa démarche onduleuse, elle s’empara de ce vent du Nord, le frotta entre ses mains et voilà qu’apparut le grand serpent Ophion. Eurynomé dansait pour se réchauffer ; elle dansait sauvage et frénétique, devant Ophion et celui-ci, lentement, envahi par le désir, s’enroula autour de ses membres divins et s’unit à elle. Ainsi le vent du Nord, qu’on appelle aussi Borée, est fécondant, et c’est pourquoi les juments offrent leur croupe au vent et mettent au monde leurs poulains sans l’aide d’aucun étalon. C’est de la même manière qu’Eurynomé devint mère.
Ensuite ayant pris la forme d’une colombe, elle couva sur les vagues et, lorsque le moment fut venu, elle pondit l’Œuf Universel. Sur sa demande Ophion s’enroula sept fois autour de cet œuf jusqu’à ce qu’il éclose et se brise. Et de cet œuf sortirent ses enfants, c’est-à-dire tout ce qui existe : le soleil, la lune, les planètes, les étoiles, la terre avec ses montagnes, ses rivières, ses arbres, ses plantes et toutes les créatures vivantes[5].
Cet œuf primordial est encore une fois à l’origine du monde. Fruit de l’union d’une déesse oiseau et d’un serpent. C’est pourquoi le caducée est orné d’ailes.
LA NAISSANCE D’UN DIEU
Pour comprendre le secret de cet œuf primordial, il faut se rendre en Thrace. Ce pays est, durant l’Antiquité, le carrefour de plusieurs courants de pensées : pythagorisme, chamanisme, druidisme…Une terre de passage pour les conquérants ou les peuples à la recherche de terres nouvelles. Ce pays, véritable mille-feuille ethnique est surtout connu pour être la patrie de l’orphisme. Or le mythe de la création de la religion orphique rassemble quelques éléments qui ne devaient pas surprendre un druide de l’Antiquité.
Certains disent que les dieux et les créatures vivantes sont nés du fleuve Océanos[6] qui entoure le monde et que Téthys[7] est la mère de tous ses enfants.
Mais selon les Orphiques, la Nuit aux ailes noires, déesse que Zeus lui-même redoute, fut courtisée par le Vent et déposa un œuf d’argent dans le sein de l’obscurité ; et Éros[8], que certains nomment Phanès[9], sortit de cet œuf et mit en marche l’univers. Éros avait des ailes, deux sexes et quatre têtes et parfois sifflait comme un serpent ou bêlait comme un bélier. […] Phanès créa la terre, le ciel, le soleil et la lune mais c’était la triple déesse qui gouvernait le monde jusqu’au moment où son sceptre passa aux mains d’Ouranos[10].
Ce n’est plus l’œuf lui-même qui est à l’origine du monde, mais de l’œuf cosmique éclot un dieu qui crée le monde. Or cet être primordial monstrueux, parmi d’autres caractéristiques, siffle comme un serpent et bêle comme bélier. Il est évidemment plus que tentant de faire un parallèle avec le serpent à tête de bélier de la tradition druidique. Celui-ci apparaît à plusieurs reprises dans l’iconographie celtique.
Voir à ce propos SAISON 3 ANNEXE 5 Le serpent à tête de bélier
Pour comprendre la nature exacte de ce mystérieux serpent cornu, voir SAISON 3 ÉPISODE 10 Cernunnos et le serpent à tête de bélier.
Cette comparaison avec l’orphisme permet d’établir que le serpent criocéphale est une divinité primordiale plus vieille que les dieux eux-mêmes.
UN VOYAGE VERS L’AUTRE MONDE
Pour comprendre la signification de l’œuf de serpent des druides, il faut revenir au texte de Pline qui contient quelques informations intéressantes. L’interprétation du mythe rapporté est relativement simple et décrit un voyage dans l’Autre Monde, durant lequel un personnage (un druide ?) fait une incursion dans le royaume des morts et s’empare de l’œuf de serpent. Il doit impérativement respecter les phases de la lune pour réussir et une certaine façon de procéder pour récupérer l’œuf de serpent. Puis il s’enfuit à cheval (animal psychopompe) poursuivi par des serpents. Les serpents sont tout simplement des défunts, des morts qui prennent une apparence ophidienne. Ce qui est confirmé par les traditions antiques.
On conçoit généralement les habitants de l’Autre Monde sous une forme ophidienne[11].
Car c’est une croyance ancienne que de croire que les défunts se transforment en serpents. Même Pythagore dont l’enseignement semble proche de celui des druides semble adhérer à ce concept de génération spontanée.
Selon Pythagore, il nait un serpent de la moelle épinière d’un cadavre d’homme[12].
Ce qui signifie que dans le texte transmis par Pline, ce sont les âmes des défunts qui poursuivent le héros et qu’elles sont obligées de s’arrêter aux portes du monde des humains, symbolisées par un cours d’eau. Visiblement les défunts ne peuvent pas franchir cette frontière et pénétrer le monde des vivants. Tandis que certains héros, dans certaines conditions peuvent avoir accès au domaine des morts et en revenir vivants. Orphée en est un exemple.
LE HÉROS DU RÉCIT
Pour terminer il ne manque plus qu’un dernier élément : le héros du mythe. Pline n’en parle pas. Pourtant ce n’est pas un inconnu qui dérobe l’œuf de serpent, mais un héros fameux de la tradition celtique. Il s’agit de Brennos qui est chargé d’une mission, celle de ramener un précieux talisman. Ce récit préfigure l’aventure la plus grandiose de tous les temps : la Quête du Graal. Car Brennos n’est pas un simple nom, mais un titre de prestige ou même un grade initiatique, que porte le héros qui franchi les frontières de l’Autre Monde pour dérober l’œuf de serpent.
Pour percer le secret de ce mystérieux personnage, voir SAISON 2 ÉPISODE 20 Brennus
Ainsi que SAISON 2 ÉPISODE 21 La Quête du Graal
Pour connaître la nature exacte du Graal, voir SAISON 2 ÉPISODE 13 Le Graal
Selon les druides, l’œuf de serpent et ses équivalents ne sont que les symboles qui recouvrent un savoir lié à l’immortalité. Celle-ci n’est pas de ce monde et son secret doit être dérobé par un spécialiste capable de pénétrer le royaume des morts et… d’en revenir vivant.
Pour cela il manque un élément important.
LE RAMEAU D’OR
Le gui, appelé le rameau d’or par Virgile dans son Énéide, permettait de pénétrer et de ressortir vivant du royaume des morts. C’est ce que révèle la Sybille[13] au héros Énée[14].
Rejeton du sang des dieux, Troyen fils d’Anchise, facile est la descente à l’Averne[15] : nuit et jour est ouverte la porte du noir Pluton[16]. Mais revenir sur ses pas, sortir et parvenir à l’air d’en haut, c’est la grande affaire, c’est la vraie épreuve. Ne l’ont pu que les rares hommes qu’à aimés l’impartial Jupiter, ou les fils d’un dieu que leur ardeur vaillante a élevés jusqu’aux cieux. Tout l’entre-deux est couvert de forêts qu’encercle le sombre repli où s’écoule le Cocyte[17]. Mais si tu as une telle passion, un tel désir de voguer deux fois sur les eaux du Styx[18], de voir deux fois le noir Tartare[19] et qu’il te plaise de te prêter à une épreuve insensée, apprends ce qu’il faut commencer par faire. Dans un arbre au feuillage opaque se cache un rameau dont les feuilles, dont la baguette flexible sont en or ; on le dit voué en propre à la Junon des Enfers. Tout un bosquet le cache et l’ombre l’enclot au fond d’un vallon obscur. Mais il n’est donné à personne de pénétrer les profondeurs de la terre sans avoir d’abord détaché de l’arbre la pousse coiffée d’or : la belle Proserpine[20] a établi qu’on devait la lui apporter comme l’hommage qui lui est dû. Un premier rameau arraché, un second ne fait pas défaut, en or lui aussi, et ce rejet se couvre de feuilles du même métal. Donc fouille profondément du regard et, lorsque tu l’auras trouvé, que ta main le cueille selon le rite. Car, de lui-même, il viendra volontiers et facilement, si le destin t’appelle. Sinon, tous tes efforts n’en viendraient pas à bout et le fer tranchant ne pourrait le détacher[21].
Selon les dires de la Sybille, seul l’élu peut pénétrer le royaume des morts mais auparavant il doit cueillir le rameau de gui selon les rites. Pline nous a transmis les grands traits du rituel que pratiquaient les druides. L’utilisation d’une serpe d’or pour couper le rameau d’or s’impose. Ce rameau de gui était-il une sorte de laissez-passer pour le royaume des morts ?
DESCENTE AUX ENFERS
Encore fallait-il tout d’abord trouver l’endroit. D’après l’Énéide c’est aux portes des Enfers que l’on trouve le fameux rameau.
Or à peine avait-il fini de parler que survint du ciel un couple de colombes qui vint voler sous ses yeux et se posa sur le sol verdoyant. Le héros magnanime reconnut les oiseaux de sa mère et, plein de joie, il fait cette prière : « Oh, soyez mes guides, s’il est un chemin, et dirigez par les airs votre course vers le bosquet où le riche rameau ombrage la terre grasse. Et toi, ô ma divine mère, ne te dérobe pas en un moment critique. » Ayant dit, ils s’arrêtèrent pour observer quel signe elles donnaient, quelle direction elles prenaient. Et elles, tout en picorant, volaient devant eux pour les guider, sans jamais échapper à leurs regards. De là, lorsqu’elles parvinrent près des gorges de l’Averne à l’odeur infecte, les colombes s’élevèrent d’un coup d’aile, planent dans l’air limpide et vont se percher à l’endroit souhaité, en haut de l’arbre à la double nature où, tranchant par sa couleur, l’éclat de l’or scintilla à travers les rameaux. Ainsi fait le gui au fond des bois, durant la froidure du solstice : il verdoie d’un feuillage tout récent qui n’est pas produit par son arbre et dont la pousse dorée s’entoure autour du tronc. Telle se faisait voir la frondaison d’or dans une yeuse[22] touffue, telles crépitaient au vent léger ses feuilles de métal. Énée s’en empare sur le champ, arrache avidement le rameau trop lent à venir et le porte à la demeure de la sibylle prophétesse[23].Chargement en cours…
Il est fort dommage que Pline ne dise pas si le cavalier gaulois qui pénètre dans l’Autre Monde pour dérober l’œuf de serpent porte sur lui le rameau de gui, le fameux rameau d’or, qui lui permettra de ressortir vivant du royaume des morts. Le chamane voyage lui-aussi dans le monde des esprits. Mais le chemin est semé d’embûches[24]. Il doit pour cela d’abord traverser la Rivière du Temps[25] avant d’accéder à l’Arbre de Vie, duquel il tirera la connaissance pour guérir un malade.
Certes l’œuf de serpent n’est pas de ce monde par contre le gui recèle un secret qui permet de voyager dans l’Au-delà et surtout si l’on en croit l’Énéide d’en revenir.
Avec tous ces éléments portés à notre connaissance, et en réinterprétant les symboles, on peut même se poser la question suivante. Comme pour les chamanes sud-américains avec ayahuasca, faut-il ingérer une décoction à base de gui pour s’aventurer dans l’Au-delà et ramener le secret de l’immortalité ?
Le gui contient un mélange complexe de nombreux alcaloïdes ainsi que des protéines aux propriétés toxiques. Comme avec tous les poisons, sans savoir, une ingestion sans le dosage adéquat peut être mortelle.
LE VOYAGE VERS L’AUTRE MONDE
On peut avancer l’hypothèse qu’un tel voyage vers l’Autre Monde figure sur une pièce de monnaie gauloise des Vénètes d’Armorique sur laquelle on peut voir un aurige conduire un char. Beaucoup d’éléments surnaturels indiquent qu’il ne s’agit pas d’un simple attelage destiné au transport de personnes. Le cheval est androcéphale, le char semble survoler deux personnages et différents signes abstraits entourent la scène. On peut tenter de l’interpréter avec toute la prudence qui s’impose.

Statère vénète, Armorique, Type au cheval marin en cimier. Face avant tête d’un personnage avec au-dessus un cheval à queue de poisson. Revers : Cheval androcéphale conduit par un aurige tenant les rênes et une branche dont les rameaux sont terminés par trois points, à laquelle est attaché un étendard carré et frangé. Sous le cheval, un personnage allongé muni d’une aile déployée. (Source : www.numisbids.com).
Le conducteur tient une branche de gui reconnaissable à ses trois boules. Cette dernière étant le Rameau d’or que cite Virgile dans l’Énéide. Ce rameau de gui est la « clef » qui permet au héros de traverser les portes des Enfers et surtout de ressortir vivant du royaume des morts. Sous le char, la Victoire, avec de grandes ailes, le guide. Le conducteur du char avec son cheval piétine un adversaire mourant. Ce dernier symbolise-t-il la mort et la Victoire est-elle « la Victoire sur la mort » ? La question mérite d’être posée. L’équidé est lui-même en rapport avec la mort puisqu’il est un animal psychopompe, c’est à dire « conducteur des âmes ». Le modèle de ce cheval androcéphale « à tête humaine » existe dans la mythologie celtique. Un bon exemple est le roi Marc’h de Cornouaille aux oreilles de cheval. Il est à la fois un personnage de la légende arthurienne. Il est présent dans les traditions, bretonne et cornique. Son nom (Marc’h signifie « cheval » en breton) et ses attributs (des oreilles du même animal) lui confèrent un rôle conducteur des âmes vers l’Autre Monde. Dans une autre légende Marc’h est roi de Poulmarc’h et possède un cheval fantastique, qui peut traverser la mer et galope aussi vite que le vent. L’animal est surnommé « Morvac’h », ce qui signifie « cheval de la mer » en breton. Ainsi cette scène nous présente un héros qui traverse les Enfers, vainc la mort et revient vivant du domaine des morts.
Voir ÉPISODE 2 ANNEXE 27 Le cheval androcéphale des Celtes
©JPS2024
ACCUEIL
NOTES :
[1] Pline l’ancien, Histoire naturelle, Livre XXIX, XII, par. 52 à 54, Traduction A. Ernout, Les Belles Lettres, Paris, 2003.
[2] Boite utilisée pour protéger des objets précieux ou fragiles.
[3] Françoise Leroux, Christian J. Guyonvarc’h, les Druides, Éditions Ouest-France, Rennes, 1986, p330.
[4] Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Robert Laffont/Jupiter, Paris, 1982, p.690. D’après la Chândogya Upanishad (3,19).
[5] Robert Graves, Les Mythes grecs, Tome I, Le mythe pélasge de la Création, Hachette Littératures, Paris, 1999, p.35.
[6] L’Océan personnifié. Il entoure la Terre comme un immense fleuve.
[7] Elle symbolise la fécondité des eaux nourricières.
[8] Dieu grec qui symbolise les forces primordiales qui dominent le monde avant la naissance des dieux et des hommes. A l’époque classique Éros perd son coté inquiétant et devient le dieu de l’amour.
[9] Autre nom de l’Éros primitif, fait partie des cinq divinités primordiales. Né de l’œuf cosmique, il est à l’origine de la création.
[10]Robert Graves, Les mythes grecs, Tome I, Hachette, Paris, 2000, pp.38-39. Ouranos est la personnification du ciel, c’est pourquoi les dieux célestes sont appelés ouraniens.
[11] Ananda K. Coomaraswamy, La doctrine du sacrifice, Dervy, Paris, 1997, p.107.
[12] Isidore de Séville livre 12, 4, 48.
[13] La Sybille est une prophétesse.
[14] Énée est un des héros de la guerre de Troie, fils du mortel Anchise et de la déesse Aphrodite. Il est chanté par le poète Virgile dans l’Énéide, dont il est le personnage central.
[15] Les Romains, situaient les entrées des Enfers dans les gouffres du lac Averne.
[16] Dieu des Enfers.
[17] Le Cocyte, « né des larmes » est un des fleuves des Enfers.
[18] Autre fleuve des Enfers.
[19] L’endroit le plus profond des Enfers.
[20] Reine des Enfers.
[21] Vigile, L’Énéide, Chant VI, 124-148, Traduction Paul Veyne, Albin Michel / Les Belles Lettres, Paris, 2012.
[22] Terme occitan désignant le Chêne vert (Quercus ilex).
[23] Vigile, L’Énéide, Chant VI, 190-211, Traduction Paul Veyne, Albin Michel / Les Belles Lettres, Paris, 2012.
[24] Des esprits malveillants peuvent vouloir l’égarer.
[25] Cette rivière est le reflet de l’âme du voyageur. Les eaux en sont calmes ou troublées, limpides ou obscures. Au cours droit ou sinueux.
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