CERNUNNOS (MERCURE)
LES DRUIDES SAISON 3 ÉPISODE 13
CERNUNNOS ET MERCURE
En Gaule, Cernunnos et Mercure ne forment qu’un seul et même dieu, leurs attributs sont les mêmes.
MERCURE SELON CÉSAR
César évoque dans ses écrits un mystérieux dieu Mercure que vénèrent particulièrement les Gaulois.
Le dieu qu’ils honorent le plus est Mercure. Il a un grand nombre de statues ; ils le regardent comme l’inventeur de tous les arts, comme le guide des voyageurs, et comme présidant à toutes sortes de gains et de commerce. (De bello gallico, VI, 17).
Le conquérant des Gaules mentionne dans son commentaire que Mercure est le dieu le plus honoré par les Gaulois et qu’il est représenté par un grand nombre des statues. Il existe en effet plus de 470 inscriptions et plus de 570 statues ou bas-relief de Mercure qui confirment les dires de César. Ce dernier avance également que ce dieu est l’inventeur de tous les arts, qu’il est le guide des voyageurs et qu’il dispense la richesse à travers le commerce. Cette dernière remarque a certainement dû plaire et rassurer les nombreux commerçants romains qui cherchaient de nouveaux débouchés pour leurs produits après la paix imposée par César aux Gaulois. La première mention — celle de l’inventeur de tous les arts — a induit un grand nombre de commentateurs modernes dans l’erreur en les faisant croire que le Mercure gaulois est un avatar du grand dieu celtique Lug, ce qu’il n’est définitivement pas. Cette confusion vient du fait que Lug est qualifié dans les textes irlandais de Samildanach, c’est-à-dire de « polytechnicien », parce qu’il était inventeur et praticien de tous les arts. Alors qu’en vérité le Mercure gaulois est un double gallo-romain de l’autre grand dieu des Gaulois : Cernunnos.
CE QUE DIT LE CIEL ÉTOILÉ
Le ciel étoilé est catégorique, il ne peut y avoir de confusion entre les deux. Lug est clairement un avatar d’Orion et Cernunnos/ Mercure est une projection du Serpentaire (Ophiuchus) qui se trouve à l’autre bout de la voûte céleste. Cet antagonisme entre les deux jumeaux Lug et Cernunnos est inscrit depuis des temps immémoriaux dans le ciel étoilé. C’est une constante de la Religion des Étoiles. Dans leur sagesse infinie, les dieux ont placé ce message dans le firmament et tout aède qui se respecte pouvait contrôler l’information en levant les yeux vers le ciel étoilé.

Axe Orion Ophiuchus. Orion et Ophiuchus forment la paire de Dioscures des Gaulois. Ce sont eux que l’on retrouve en vedette sur le chaudron de Gundestrup. D’après la carte du ciel de l’Association Française d’Astronomie, 2001.
L’iconographie du chaudron de Gundestrup offre une confirmation éclatante de cette théorie astrale puisque sur la plaque du fond on trouve une représentation de constellations d’Orion et du Taureau qui s’affrontent.
Chaudron de Gundestrup. Plaque du fond avec l’énorme taureau central, l’homme armé d’une épée, le chien, un ours roulé en boule et un animal fantastique. (Nationalmuseet de Copenhague).
La même scène tirée d’un atlas céleste daté de 1776.

Orion et Taurus de John Flamsteed, Atlas céleste, 1776, Édition Fortin.
Pour un déchiffrement détaillé de la plaque du fond, voir SAISON 1 ÉPISODE 5 Chaudron de Gundestrup et astronomie
Tandis qu’une des plaques intérieures dévoile une figuration de la constellation du Serpentaire (Ophiuchus) dont l’une des caractéristiques principales est de tenir un grand serpent dans ses mains.

Cernunnos, le Serpentaire, tenant dans sa main un grand serpent. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré. (Nationalmuseet de Copenhague).
Le même personnage tiré d’un atlas céleste de 1603.

Ophiuchus et la constellation du Serpent, Johann Bayer, Uranometria, 1603. (Source Wallhapp.com).
Pour un déchiffrement de cette plaque qui est à la fois une horloge donnant les heures de la journée un calendrier avec les saisons et les fêtes celtiques et une table d’orientation qui indique les quatre points cardinaux, voir entre autres SAISON 3 ÉPISODE 3 Cernunnos
Il faut dire que les plaques du chaudron de Gundestrup donne infiniment plus d’informations astronomiques que les gravures simplistes des cartes célestes du XVIIe et XVIIIe siècles.
Ceci dit on peut affirmer que Cernunnos est en effet le Mercure gaulois cité par César. Il suffit de le vérifier à travers les quelques points communs entre ces deux divinités.
CERNUNNOS DANS L’ICONOGRAPHIE GAULOISE
LA STÈLE DE REIMS
C’est en partant de la stèle de Reims que l’on peut rassembler les premiers éléments.
Sur ce monument, un Cernunnos barbu occupe la place d’honneur, il est assis en tailleur au centre de la composition.

Stèle de Reims, le dieu cornu entre Apollon et Mercure, 1er siècle, Musée Saint-Remi, Reims.
Le dieu portait de grands bois de cerf sur sa tête qui ont hélas disparu. On peut en restituer le tracé d’après les traces d’arrachement sur le fond de la stèle. Cernunnos porte un torque autour du cou. Il est également un dispensateur de richesses. On peut voir sur son bras gauche un sac gonflé où sa main droite puise et déverse soit des pièces de monnaies soit des graines de céréales. Cernunnos en tant que Maître des animaux est souvent représenté en compagnie d’animaux. Dans le cas présent, c’est un taureau, un cerf et un rat (en haut). Accessoirement, le dieu cornu est entouré par Apollon à gauche et Mercure à droite qui jouent le rôle des Dioscures auprès du dieu. Cette opposition Apollon-Mercure en arrière-plan confirme encore une fois que le dieu Lug ne peut pas être à la fois apollon et Mercure qui sont deux dieux fondamentalement différents.
Voir à ce sujet, SAISON 2 ANNEXE 28 Le dédoublement des dieux
La plupart des éléments qui entourent Cernunnos sur la stèle de Reims sont repris au gré des statues et bas-reliefs pour caractériser le Mercure gaulois.
LA STÈLE DE BOLARDS
Auxquels il faut ajouter la tricéphalie qui est une des caractéristiques majeures du dieu Cernunnos. Cette particularité est présente sur un autre monument gaulois : la stèle dites des « Bolards » dont le nom vient d’un site archéologique gallo-romain situé à Nuits-Saint-Georges (Côte-d’Or). Dans les vestiges de ce grand sanctuaire, qui a succédé à un temple gaulois, on a retrouvé une stèle regroupant trois divinités.
Cette stèle, en partie endommagée ou effacée, est composée de deux scènes distinctes. Dans la partie haute, trois divinités sont représentées assises avec chacune le pied gauche posé sur un tabouret. En bas, une frise avec plusieurs animaux. Pour le déchiffrement de cette partie du monument, voir SAISON 3 ÉPISODE 4 Cernunnos et le cerf

Stèle des Bolards représentant trois divinités gauloises. (Nuits-Saint-Georges, Côte-d’Or). Source : archeogalloromaine.blog4ever.com
Les trois personnages sont de gauche à droite, une déesse-mère, aujourd’hui acéphale, vêtue d’une tunique longue serrée à la taille et d’un manteau posé sur l’épaule. Elle tient une corne d’abondance et une patère. À ses pieds une corbeille de fruits. Au centre, une divinité à demi nue qui porte sur l’épaule un drapé ramené ensuite sur les genoux et tombant le long de la jambe qui laisse apparaître un buste aux seins marqués et un sexe masculin. Le visage aux est encadré d’une chevelure qui tombe sur les épaules et une couronne crénelée est posée sur le sommet de la tête. Cette divinité tient également une corne d’abondance et une patère. À ses pieds se trouve un petit serpent. À droite, une divinité masculine vêtue d’une tunique courte et d’un manteau agrafé sur l’épaule qui lui couvre la poitrine. La tête barbue est tricéphale : une tête et un seul cou pour trois visages, les deux yeux sur la face centrale étant aussi les yeux droit et gauche des faces latérales. De chaque côté d’un front dégarni part une corne.
Les bois de cerf et le torque sont des éléments qui donnent une identité précise à la divinité représentée : il s’agit du dieu Cernunnos.
Voir à ce propos SAISON 3 ÉPISODE 3 Cernunnos et le torque
Ainsi que SAISON 3 ÉPISODE 4 Cernunnos et le cerf
Au pied du personnage, un autre élément qui distingue Cernunnos des autres divinités : un sac qui évoque souvent, sur d’autres reliefs, les richesses qu’il dispense.
Mais surtout, Cernunnos est tricéphale.

Détail de la stèle des Bolards, le dieu Cernunnos tricéphale. (Cl. Fasquel).
Il ne peut y avoir aucun doute, c’est bien Cernunnos avec des bois de cerf qui est tricéphale sur ce monument.
LES ATTRIBUTS DU DIEU
Les quelques traits qui caractérisent Cernunnos sont les suivants :
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Le dispensateur de richesse
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Le Maître des animaux
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La position assise que certains appellent « bouddhique »
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Le torque
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La tricéphalie du dieu
LE MERCURE GAULOIS
La statuette de Mercure trouvée à Dax est de facture classique et porteur des attributs immédiatement reconnaissables : le caducée, la bourse et le pétase[1]. Auxquels s’ajoutent deux des animaux familiers du dieu, le bouc et le coq.

Statuette en bronze représentant Mercure accompagné d’un coq à sa droite, et d’un bouquetin à sa gauche. Mercure est debout, nu et déhanché, son corps posé sur son pied droit, le pied gauche restant en arrière, relevé. Il porte un pétase ailé sur la tête, tient à sa main droite une bourse et dans l’autre un caducée (cassé). Il est chaussé de crépides (sans ailes) et porte un manteau court sur son épaule gauche. (Landes, Musée de Borda, Dax) Source : alienor.org
LA RICHESSE ET LES ANIMAUX
Ces quelques attributs se croisent avec ceux de Cernunnos puisque cette statue reprend l’idée du dispensateur de richesse avec la présence d’une bourse dans l’une des mains du dieu. Il y a également la présence de deux animaux, le coq et le bouc qui accompagnent Mercure et qui ne sont pas sans rappeler l’entourage du Maître des animaux. Sans oublier les serpents du caducée. Le serpent en général et le serpent criocéphale en particulier étant l’un des attributs les plus importants du dieu cornu des gaulois.
ASSIS EN TAILLEUR
Une statue de Mercure, trouvée à Pouy-de-Touges en 1877, montre un dieu assis en tailleur, il porte des braies et un manteau lui couvre tout le reste du corps. C’est une posture typique de Cernunnos et jamais celle du Mercure classique qui est généralement représenté debout.

Mercure assis en tailleur de Pouy-de-Touges. Musée Saint-Raymond de Toulouse
LE TORQUE
Le Weihestein fait partie des monuments les plus significatifs de l’histoire des religions gallo-romaines. Le côté avant montre le dieu romain Mercure nu portant un torque autour du cou, il est représenté avec une compagne, très probablement la déesse mère gauloise Rosmerta. Le dieu semble avoir eu une fonction protectrice. La dédicace sur la stèle est la suivante :
I]ndus Mediom(atricus) Mercurio v(otum) s(olvit) l(ibens) merito)
« Indus, le Médiomatrice, a rempli son vœu envers Mercure avec plaisir et à juste titre ».
L’inscription identifie parfaitement le dieu Mercure et fait exceptionnel, celui-ci, porte un torque autour du cou.

Autel de Trèves, sur la face principale figure Mercure. Daté de 30-70 après J.-C., Rheinisches Landesmuseum Trier.
Il y a également un autre point commun entre Cernunnos et Mercure. Celui d’une divinité protectrice des carrefours qui guide et protège les voyageurs contre les mauvaises rencontres, non seulement des brigands, mais aussi des revenants et des mauvais esprits.
LE TRICÉPHALE GAULOIS
C’est cependant la tricéphalie qui est une des caractéristiques majeures du Mercure gaulois. Cette particularité extraordinaire est une création originale des Gaulois qui n’existe pratiquement pas dans le monde grec[2] et absent du monde romain et qui permet de distinguer facilement le Mercure gaulois des autres dieux.
Le dieu tricéphale des Gaulois présente des variations sur le thème des trois faces ou des trois têtes. Parfois, il apparaît avec trois têtes, parfois avec une tête centrale et de deux têtes plus petites de part et d’autre ou encore avec trois visages.

Dieu tricéphale de Condat. 2e siècle ap. J.-C., Calcaire, collection Musée d’Aquitaine. (Photo mairie de Bordeaux).
On peut noter que le tricéphale gaulois de Condat porte un torque et que deux trous de scellement sont destinés à recevoir des bois de cerf. Le torque et les bois de cerf sont deux attributs propres au dieu Cernunnos.
LE DIEU AUX TROIS VISAGES
On peut également signaler le monument découvert sous l’Hôtel-Dieu dans l’île de la Cité de Paris. Salomon Reinach en fait la description suivante. Un dieu à trois visages tient de la main droite une bourse, le même de la main gauche tient une tête de bélier ou un serpent à tête de bélier[3] et un petit bouc, dont on distingue les cornes et la barbe, est couché aux pieds du dieu. Sur ce monuments les attributs de Cernunnos et de Mercure s’emmêlent : la tricéphalie, la bourse, le bouc, (le serpent à) tête de bélier. En tout cas le bas-relief est endommagé et en partie effacé, ce qui rend l’interprétation difficile.

Bloc quadrangulaire du pilier dit « aux armes de Mars », à l’enfant au casque et au dieu tricéphale. Monument découvert en 1867 dans les fouilles de l’Hôtel-Dieu. Musée Carnavalet, Histoire de Paris. Source : parismuseescollections.paris.fr
Cependant il s’agit indéniablement d’un personnage à trois visages. Dans la main droite du dieu, Salomon Reinach qui a bien étudié l’œuvre, distingue un sac ou une bourse. Malgré les différents éclairages, il n’est pas évident de reconnaître cette bourse. Salomon Reinach a d’abord identifié la grosse boule qui se trouve au pied du dieu tricéphale comme une grosse tortue posée sur le sol. Cet animal étant un des attributs du Mercure gaulois. Mais le savant est revenu sur son jugement et a ensuite distingué sans aucun doute possible un petit bouc. Soit, le bouc étant sans conteste un autre attribut de Mercure. Pour ce qui est du bélier, le dieu porte de façon incontestable la tête de cet animal dans sa main gauche. On peut voir la main et une partie de la manche du personnage sous la tête du bélier. Plus difficile est l’interprétation de l’objet qui semble descendre vers le sol. Replis d’un manteau comme semble le penser Salomon Reinach ? Une hampe sur laquelle est fiché la tête de l’animal ? Une enseigne ? à noter que ce bélier n’a pas de cornes.
LE DRAGON GAULOIS
On peut avancer l’hypothèse que cet étrange objet est en fait un étendard, une enseigne militaire, qui allie la tête d’un bélier avec le corps d’un serpent. Ce genre d’enseigne était appelée draco par le peuple Dace et qui a été repris ensuite par les Romains. Le draco était fixé sur une lance, avec une gueule de loup entrouverte faite en métal, souvent en bronze, parfois en argent, tandis que le reste du corps était formé d’étoffes peintes ou de peaux qui, en forme de manche à air, s’agitaient avec des mouvements pareils à ceux d’un serpent, quand le vent entrait par la gueule. Les Gaulois avaient-il une variante de ces enseignes avec une tête de bélier ? Les fameux replis de manteau que mentionne Salomon Reinach ne sont-ils pas une étoffe ou une peau qui forme le corps du serpent ?

Dragon dace de la colonne de Trajan. (Wikimedia Commons).
On peut noter que la tête de loup de la colonne de Trajan tout comme la tête de bélier du bas-relief de l’Hôtel-Dieu sont rendus de façon très réalistes et non comme des objets en métal faisant partie d’une enseigne.
AUTRES DIEUX TRICÉPHALES
Quelle est la signification de cette tricéphalie ?
Plusieurs hypothèses ont été avancées. Elle peut correspondre au monde souterrain des morts, au monde intermédiaire des hommes et au monde céleste des dieux. Elle peut également représenter le passé, le présent et le futur ou encore le début, le milieu et la fin au sens de création, de préservation et de destruction.
Dans l’hindouisme, la Trimūrti (trois formes en sanskrit) est la partie manifestée de la divinité suprême qui se fait triple pour présider aux différents états de l’univers. La Trimūrti est souvent représentée par les têtes des dieux Brahmâ, Vishnou et Shiva réunies sur un seul corps.

Shiva Mahadeva tricéphale. Grotte n° 1 de l’île d’Éléphanta proche de Bombay. (Wikimedia Commons).
Cette tricéphalie est très ancienne puisqu’elle est déjà présente sur un sceau de la vallée de l’Indus représentant Shiva datant du IIIe millénaire av. J.-C.

Sceau découvert lors des fouilles du site archéologique de Mohenjo-Daro dans la vallée de l’Indus. Ce sceau dit de « Pashupati » (Seigneur des Animaux), montre un personnage assis, peut-être ithyphallique, entouré d’animaux. (2600–1900 avant J.-C.).
Pour en savoir davantage voir, SAISON 3 ANNEXE 4 Le dieu Mercure des Gaulois
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IMAGE MISE EN AVANT :

Statuette en bronze représentant Mercure. Source : alienor.org
SOURCES :
Mercure (mythologie) — Wikipédia
BIBLIOGRAPHIE :
Salomon Reinach, Cultes, Mythes et Religions, Éditions Robert Laffont, Paris, 1996.
Simone Deyts, Images des dieux de la Gaule, Éditions Errance, Paris, 1992.
Gérard Poitrenaud, Dans les cercles de Cernunnos, Le dieu primordial des Celtes et ses avatars, Éditions Lucterios, 2017.
NOTES :
[1] Couvre-chef généralement ailé porté par les représentations du dieu Hermès ou de Mercure.
[2] Salomon Reinach signale des Hermès tricéphales à Athènes placés aux carrefours et un Hermès tricéphale en Arcadie. Ces tricéphales grecs appartiennent au plus vieux fonds de la mythologie figurée des Grecs. Salomon Reinach, Cultes, Mythes et Religions, Éditions Robert Laffont, Paris, 1996, p. 783.
[3] Salomon Reinach n’est pas certain, il penche pour une tête de bélier et les plis du manteau en place du serpent criocéphale. Vu la position de la main du dieu, il semble qu’il a raison.
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