LA CONSTELLATION DE LA VIERGE (1ère Partie)

LES DRUIDES SAISON 2 ÉPISODE 2

Les constellations et leurs images ont influencé les religions de la Préhistoire à nos jours. Le ciel étoilé est à l’origine de nombreux symboles des religions de l’Antiquité.

L’exemple de la constellation de la vierge et de son environnement immédiat est très significatif puisqu’elle est en lien direct avec la Grande Déesse des temps anciens et permet de décrypter nombre de spécificités iconographiques en rapport avec cette divinité.

LA GRANDE DÉESSE

Le berceau du culte de la Grande Déesse semble proche-oriental et il a essaimé dans toutes les directions, du Proche-Orient et de la Turquie jusqu’aux rivages de l’Atlantique et du Moyen-Orient jusqu’à la vallée de l’Indus. Les premiers paysans du néolithique ont emmené dans leurs bagages non seulement l’agriculture et les animaux domestiques, mais aussi leurs dieux, notamment le culte de la déesse Anat.

Le mythe d’Anat peut être classé parmi les éléments communs de la vieille civilisation agricole qui s’étendait de la Méditerranée orientale jusqu’à la plaine gangétique[1]

On peut même aller plus loin et prolonger cette influence jusqu’aux rivages de l’extrême occident, puisqu’en Irlande on retrouve Anat sous une forme à peine changée avec Ana (ou Anna[2], Anu, Dana, ou Don qui est la Déesse Mère des anciens Celtes. En Irlande, c’est la mère des dieux Dana, dont l’équivalent gallois est Dôn.

Le nom de la Grande Déesse Ana se retrouve dans celui de nombre de divinités féminines par exemple Anat au Proche-Orient, Inanna en Mésopotamie, Anahita en Iran. Cette persistance dans le temps et l’espace est remarquable puisque les noms des divinités changent souvent. Voir à ce propos SAISON 2 ANNEXE 8 Les druides et le nom secret des dieux

DES IMAGES EN COMMUN

Tous les peuples de l’Antiquité ont puisé au gré de leurs besoins dans un répertoire d’images en commun : les constellations que l’on trouve dans le ciel étoilé.  Les Grecs étant les seuls ayant mis l’histoire de leurs constellations par écrit, ce sont donc celle-ci qui sont restés. Bien sûr, la mythologie grecque n’est pas à l’origine des autres mythologies, elle n’est en fait que l’interprétation que les Grecs ont fait des images du ciel préexistantes. Il y a autant d’interprétations que de peuples.

Seule l’astronomie permet de décrypter le secret des symboles entourant la déesse.

LES DRUIDES ASTRONOMES

Or les druides sont des astronomes, c’est César lui-même qui le dit :

En outre, ils se livrent à de nombreuses spéculations sur les astres et leurs mouvements, sur les dimensions du monde et celles de la terre, sur la nature des choses, sur la puissance des dieux immortels et leurs attributions, et ils transmettent ces doctrines à la jeunesse[3].

De nombreux phénomènes astronomiques ont inspirés les druides notamment la précession des équinoxes ou encore certaines constellations qui marquent les grands moments saisonniers. Les constellations imprègnent tellement l’univers spirituel des druides que l’on peut même parler d’une véritable Religion des Étoiles. Ce qui signifie dans la pratique que les constellations que l’on peut voir ans le ciel étoilé sont en fait à l’origine des principales divinités des druides. Voir à ce propos SAISON 1 ÉPISODE 5 Le chaudron de Gundestrup et l’astronomie

Pourtant l’astronomie est une discipline rarement sollicitée pour apporter un éclairage sur la mythologie des Celtes.

LA CONSTELLATION DE LA VIERGE

La constellation de la Vierge (Virgo en latin) est un des plus importants personnages du ciel étoilé, car elle correspond à la Grande Déesse des anciens. La Vierge est une constellation zodiacale très ancienne, la deuxième plus grande après l’Hydre (Hydra) et également le seul personnage féminin du zodiaque. L’étoile la plus brillante de la constellation de la Vierge est α Virginis (L’Épi, ou Spica en latin), tandis que les autres étoiles formant la constellation sont relativement difficiles à repérer.

Cette constellation est une des plus importantes sources d’inspirations pour les artistes qui ont représenté la Grande Déesse. Celle-ci peut prendre de nombreux aspects et interpréter de nombreux rôles. Dans les mythologies du monde entier, cette déesse primordiale est à la fois la mère des dieux, mais aussi suivant les cas être leur épouse ou encore leur fille. Elle peut donc prendre le visage d’une jeune fille, être une mère ou une vieille femme. Ces trois aspects symbolisent le passé, le présent et l’avenir. Chez les Celtes, la déesse est souvent représentée sous son aspect triple.

LA CONSTELLATION DE LA VIERGE. Trois déesses celtiques du village de Vertault dans la région Bourgogne.

Trois déesses celtiques du village de Vertault dans la région Bourgogne, Est de la France (Musée de la civilisation celtique, Bibracte, France). (Wikimedia Commons).

Ce ne sont que les éléments qui entourent la constellation de la Vierge qui distinguent les différents personnages qu’elle incarne.

LA CONSTELLATION DE LA VIERGE. Figures mythologiques associées aux constellations au moment du solstice d’hiver. Le plafond de la salle de la Mappemonde.

Figures mythologiques associées aux constellations au moment du solstice d’hiver. Le plafond de la salle de la Mappemonde 1573-1575 est situé dans les appartements d’hiver du Palais Farnese, Caprarola, Italie. (Wikimedia Commons).

La Vierge est souvent représentée sous l’aspect d’une jeune fille, parfois ailée, étendue sur l’écliptique[4].

Représentation de la constellation de la Vierge, sur une collection de cartes des constellations de l’Urania's Mirror.

Représentation de la constellation de la Vierge, sur une collection de cartes des constellations de l’Urania’s Mirror, Londres, 1823. Dans la main droite, le personnage tient une palme et dans la main gauche un épi de blé, correspondant à l’étoile Spica. (Wikimedia Commons).

LA CONSTELLATION ET SES VOISINES

Cependant, les éléments entourant la Vierge sont nombreux. Chacune de ces constellations associées à la Vierge forme une image iconique qui a influencée les religions depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours.

En vert, la constellation de la Vierge. En rouge les éléments qui entourent cette dernière. D’après la carte du ciel de l’Association Française d’Astronomie, 2001.

Il faut commencer la description par le haut en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre avec un axe Vierge-Grande Ourse.

Les constellations de la Vierge et de la Grande Ourse. D'après la carte du ciel de l'Association Française d'Astronomie, 2001.

Les constellations de la Vierge et de la Grande Ourse. D’après la carte du ciel de l’Association Française d’Astronomie, 2001.

LA VIERGE ET LA GRANDE OURSE

Les représentations de la Vierge en compagnie de la Grande Ourse sont rares, pourtant il existe dans le monde celtique une magnifique statuette de bronze datée du IIème siècle, retrouvée à Muri, dans le canton de Berne, en Suisse, qui rassemble une Grande Ourse et la Vierge. L’œuvre d’art montre une femme qui tient une corbeille de fruits assise en face d’un énorme ours, celui-ci se tient au pied d’un petit arbre. Chose extraordinaire, l’astronomie permet même de préciser le sexe de l’animal représenté en face de la femme. Comme la constellation de la Grande Ourse est une femelle, il semble donc logique que la statuette représente une grande ourse sur ses quatre pattes, tête relevée et gueule entrouverte.

LA CONSTELLATION DE LA VIERGE. Déesse Artio avec la Grande Ourse. Muri, BERNE.

Déesse Artio avec la Grande Ourse. La déesse porte une corbeille de fruits indiquant la période de la récolte en Automne. statuette en bronze datées du IIe siècle et mises au jour à Muri, dans la région de Berne. La statuette fait 15,6 cm de hauteur sur 19 cm de longueur.

La sculpture repose sur un large socle rectangulaire en bronze portant l’inscription suivante :

Deae Artioni / Licinia Sabinilla

À la déesse Artio (ou Artionis) / de la part de Licinia Sabinilla

La femme assise est donc une divinité, la déesse Artio. On peut également noter que le blason officiel de la ville de Berne représente encore aujourd’hui un ours.

Blason de la ville de Berne.

Blason de la ville de Berne. (Wikimedia Commons)

ÉTYMOLOGIE

Artio provient d’Artos qui signifie « ours » en langue gauloise, animal emblématique de la royauté chez les Celtes. On retrouve la même racine dans d’autres langues celtiques : art en ancien irlandais, arth en gallois, arz en breton. C’est de cette même racine que provient le nom du roi Arthur.

On peut rapprocher cette racine de celle du nom de la déesse grecque Artémis, dont un attribut était l’ours (arctos en grec). Artémis serait donc l’équivalent grec de la déesse celtique Artio.

MYTHE DE LA GRANDE OURSE.

Callisto faisait partie de la suite d’Artémis qui imposait à ses compagnes une stricte chasteté. Zeus s’éprit d’elle et imagina une ruse pour la séduire. Il prit les traits d’Artémis pour l’approcher sans éveiller sa méfiance et s’unit à elle par surprise. Tombée enceinte à l’issue de ce viol, elle chercha à cacher son état à Artémis, mais fut découverte lors d’une baignade dans une rivière.

Artémis entra dans une vive colère et la chassa de sa suite. Callisto ayant enfanté un fils, Arcas, Héra, épouse de Zeus, choisit ce moment pour châtier sa rivale en la transformant en ourse, condamnant la malheureuse à trouver refuge dans la montagne. Quinze ans plus tard, Arcas, devenu jeune homme, chassait dans les montagnes lorsqu’il tomba nez à nez avec Callisto. Selon la plupart des versions du mythe, Zeus ne permit pas que le fils portât le coup fatal à sa mère : il les fit enlever tous deux pour les placer dans le ciel où ils forment les constellations de la Grande et de la Petite Ourse[5].

Constellation de la Grande Ourse (Ursa Major), dans l’Urania's Mirror, 1824.

Constellation de la Grande Ourse (Ursa Major), dans l’Urania’s Mirror, 1824. (Wikimedia Commons).

INTERPRETATION

Il faut lire la statuette de Muri de la façon suivante : Les constellations de la Grande Ourse et de la Vierge se font face. Les fruits dans le panier situent la scène en Automne. L’arbre derrière l’Ourse est l’arbre cosmique qui soutient la voûte céleste. Il est l’axe autour duquel tournent le firmament. Les fruits qu’il porte sont souvent des pommes en or qui ne sont rien d’autres que les étoiles qui scintillent la nuit dans le ciel étoilé.

LA VIERGE ET LES CHIENS DE CHASSE

Après la Grande Ourse, il faut descendre d’un cran. Un autre élément entoure la Vierge : Les Chiens de Chasse, en latin Canes Venatici.

Les constellations de la Vierge et des Chiens de Chasse. D'après la carte du ciel de l'Association Française d'Astronomie, 2001.

Les constellations de la Vierge et des Chiens de Chasse. D’après la carte du ciel de l’Association Française d’Astronomie, 2001.

Dans la nomenclature officielle ce sont les deux chiens de chasse du Bouvier (Boötes), appelé également Arcas ou Arcturus (tous ces noms sont basés sur celui de l’ours en grec). Le Bouvier conduit les Chiens de Chasse pour poursuivre les deux ourses (Ursa Major et Ursa Minor)

Les Chiens de chasse dans l'Uranographia de Johannes Hevelius.

Les Chiens de chasse dans l’Uranographia de Johannes Hevelius. (Wikimedia Commons).

Cependant le ou les chiens de chasse font également partie des éléments qui accompagnent la déesse. Par exemple Diane, la déesse chasseresse des Romains.

LA CONSTELLATION DE LA VIERGE. Diane, la déesse chasseresse et son chien, Marbre, IIe siècle, Musées du Vatican,

Diane, la déesse chasseresse et son chien, Marbre, IIe siècle, Musées du Vatican, Musée Chiaramonti, Rome. Source : Pinterest.

Diane a souvent été considérée comme une déesse à trois visages, connue sous le nom de Diana triformis : Diana, Luna et Hecate. C’est-à-dire Diane chasseresse, Diane lune, Diane des enfers. Diane a été vénérée comme une triple déesse à partir de la fin du VIe siècle av. J.-C. Diane a été assimilée à la déesse Artémis du panthéon grec, déesse de la nature sauvage, de la chasse et des accouchements. Fille de Zeus et de Léto, elle est la sœur jumelle d’Apollon. Il faut rajouter que Diane est une déesse Ana (Di-ana) et comme chez les Celtes, elle est une déesse triple.

LA VIERGE ET LA CHEVELURE DE BÉRÉNICE

On retrouve encore plus près de la Vierge, une constellation appelée la Chevelure de Bérénice (Coma Berenices).

Les constellations de la Vierge et de la Chevelure de Bérénice. D'après la carte du ciel de l'Association Française d'Astronomie, 2001.

Les constellations de la Vierge et de la Chevelure de Bérénice. D’après la carte du ciel de l’Association Française d’Astronomie, 2001.

La légende associée à cette constellation concerne Bérénice, la femme du roi d’Égypte, Ptolémée III qui avait promis de sacrifier sa longue chevelure d’or à Aphrodite si son mari revenait sain et sauf de la guerre. La déesse ravie de l’offrande plaça la chevelure dans le ciel étoilé afin que tous puissent l’admirer.

Chevelure de Bérénice. La constellation d’après le miroir d’Uranie,1825.

La constellation d’après le miroir d’Uranie,1825. (Wikimedia Commons).

Dans d’autres cultures, il s’agit tout simplement de la chevelure de la Grande Déesse.

LE CHAUDRON DE GUNDESTRUP

Le chaudron d’argent montre une scène étrange au cours de laquelle une servante peigne avec soins la longue chevelure d’un grand personnage.

LA CONSTELLATION DE LA VIERGE.

Plaque de la Grande Déesse. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.

Cette scène peut être interprétée de la façon suivante. Le grand personnage représente la constellation de la Vierge, la Grande Déesse des Celtes. Les cheveux peignés sont la version celtique de la chevelure de Bérénice. La femme assise à coté de la Déesse est la constellation Cassiopée (Cassiopeia), la seule femme assise dans le ciel étoilé.

Cassiopée d’après Johannes Hevelius, 1687.

Cassiopée d’après Johannes Hevelius, 1687. (Wikimedia Commons).

Cette femme assise est déjà présente avec la statuette de Berne et l’on pourrait l’interpréter comme la constellation de Cassiopée en face de la Grande Ourse. Cependant tous les personnages féminins que l’on trouve dans le ciel étoilé ne sont en fait que des avatars de la Grande Déesse, la constellation de la Vierge. Il s’agit tout simplement de la Grande déesse assise sur son trône. La Grande Déesse incarne la souveraineté, c’est pourquoi elle est assise sur un trône. Si pour les Grecs Cassiopée est une figure secondaire de la mythologie, il en va pas de même dans d’autres cultures. Comme le montre les exemples suivants, une femme souveraine assise sur un trône est une des images récurrentes de la Grande Déesse depuis des temps immémoriaux.

LA VIERGE ET LE LION

La Vierge (Virgo) et le Lion (Leo) forme une des plus anciennes associations d’images célestes puisque les premières œuvres d’art s’y référant remontent à la Préhistoire.

Les constellations de la Vierge et de la Chevelure de Bérénice. D'après la carte du ciel de l'Association Française d'Astronomie, 2001.

Les constellations de la Vierge et de la Chevelure de Bérénice. D’après la carte du ciel de l’Association Française d’Astronomie, 2001.

Comme le montre l’exemple d’une figurine qui représente un personnage féminin entouré par deux fauves. Cette œuvre d’art est datée de 6 250 av. J.-C. qui représente une déesse de la fertilité. Encore une femme assise sur un trône.

Figurine dite de la « Dame aux fauves » de Çatal Höyük.

Figurine dite de la « Dame aux fauves » de Çatal Höyük. Terre cuite, 20 cm de haut, Musée des civilisations anatoliennes, Ankara, Turquie. (Wikimedia Commons).

Beaucoup de spécialistes pensent que les félins représentés sont des panthères, pourtant le ciel étoilé est formel, il s’agit de lions, en l’occurrence de lionnes dont l’apparence sans crinière peut en effet induire en erreur.

Constellation du Lion (Leo) d’après l'Uranographia de Johannes Hevelius,1690.

Constellation du Lion (Leo) d’après l’Uranographia de Johannes Hevelius,1690. (Wikimedia Commons).

Cette même image de la déesse-mère avec deux fauves se retrouve quelques 6000 ans plus tard en Italie. Cybèle est assise sur son trône entourée par deux lions.

Cybèle (appelée ici Cybèbè), maîtresse des fauves, découverte dans le Latium, IIIe siècle av. J.-C., art hellénistique, Musée archéologique de Naples. (Wikimedia Commons).

On peut noter qu’au cours des millénaires, les lionnes se sont transformées en lions. Mais au fait, pourquoi deux lions ?

L’astronomie permet encore une fois de résoudre l’énigme. Tout simplement parce qu’il y a deux lions dans le ciel étoilé. Les constellations du Lion (Leo) et du Petit Lion (Leo Minor).

Leo Major and Leo Minor, d’après les cartes célestes du Miroir d’Uranie, 1825.

Leo Major and Leo Minor, d’après les cartes célestes du Miroir d’Uranie, 1825. (Wikimedia Commons).

L’exemple de la déesse aux lions démontre la remarquable persistance des symboles stellaires à travers les millénaires.

UN SAVOIR ANCIEN

Il faut tordre le cou à une idée reçue que les astronomes ont récemment inventés des constellations. Ainsi Leo Minor est considéré comme un ajout dû à Hevelius (1611-1687). Alors que les deux lions sont représentés aux côtés de la Dame aux fauves dès 6000 av. J.-C. en Anatolie.

Hevelius, astronome du XVIIe siècle, était tout simplement plus proche d’anciennes sources qui nous sont aujourd’hui inconnues. Il y a également l’exemple de la Constellation du Lézard (Lacerta) inventée soi-disant à la même époque, 1690, par le même Hevelius. Cette constellation se trouve sur l’itinéraire céleste de Peredur un héros gallois du Moyen Age exactement à l’endroit précis où l’on s’attend à trouver un dragon. Le hasard a ses limites.

LA VIERGE ET L’HYDRE

En mythologie, les interactions entre une femme et un serpent sont innombrables. L’image de la déesse tenant un serpent dans ses mains est très ancienne.

C’est pourtant la constellation de l’Hydre (Hydra) qui sollicitée dans ce cas, c’est-à-dire un immense serpent d’eau.

Les constellations de la Vierge et de l'Hydre. D'après la carte du ciel de l'Association Française d'Astronomie, 2001.

Les constellations de la Vierge et de l’Hydre. D’après la carte du ciel de l’Association Française d’Astronomie, 2001.

Gravure ancienne représentant la constellation de l’Hydre d’après Johann Bayer, Uranometria, 1603.

Gravure ancienne représentant la constellation de l’Hydre d’après Johann Bayer, Uranometria, 1603. (Source Wallhapp.com).

L’exemple le plus saisissant d’une utilisation de l’Hydre associé à la déesse-mère est d’origine chrétienne avec les statues de la Sainte Vierge qui se tient debout sur un serpent.

La Sainte Vierge qui marche sur un serpent d’eau.

La Sainte Vierge qui marche sur un serpent d’eau. Source : inconnue.

Il faut noter la présence d’un bateau qui indique que le reptile n’est pas un serpent ordinaire, mais une Hydre, c’est-à-dire un serpent d’eau.

LA VIERGE ET LA COUPE

La constellation de la Coupe (Crater en latin) est l’élément suivant qui fait partie de l’entourage de la constellation de la Vierge.

Les constellations de la Vierge et de la Coupe. D'après la carte du ciel de l'Association Française d'Astronomie, 2001.

Les constellations de la Vierge et de la Coupe. D’après la carte du ciel de l’Association Française d’Astronomie, 2001.

L’association entre la Vierge (Virgo) et la Coupe (Crater) est des plus anciennes et les représentations d’une femme tenant dans ses mains une coupe sont innombrables. Néanmoins, un exemple sort du lot.

Il s’agit de la pucelle qui porte lors d’un cortège la coupe la plus connue au monde : le Graal.

Arrivée de Perceval au château du Graal et Cortège du Graal, Manuscrit sur parchemin, Auteur Chrétien de Troyes (vers 1135-vers 1185).

Arrivée de Perceval au château du Graal et Cortège du Graal, Manuscrit sur parchemin, Auteur Chrétien de Troyes (vers 1135-vers 1185), Roman écrit vers 1181-1185, manuscrit copié vers 1330. Source : Bibliothèque Nationale de France.

Le Graal apparaît la première fois à la fin du XIIe siècle, dans le roman courtois, Perceval de Chrétien de Troyes. L’objet a subi de nombreuses transformations au cours de l’histoire. Chez Chrétien, c’est un vase, chez les continuateurs de Chrétien, c’est une écuelle ou une coupe. Dans la version cistercienne, c’est un calice. Chez Wolfram von Eschenbach, c’est une pierre tombée du ciel et dans le conte gallois Peredur, c’est un plateau portant une tête coupée.

La porteuse du Graal.

La porteuse du Graal, détail de l’image précédente.

Le Graal descend en ligne directe des anciens chaudrons celtiques qui ressuscitent, qui donnent la connaissance ou encore qui donnent l’abondance. Voir SAISON 1 ANNEXE 13 Les chaudrons celtiques

Le Graal est à l’origine d’une des quêtes les plus fantastiques de tous les temps.

SUR LA TERRE COMME AU CIEL

Il faut signaler que dans le ciel étoilé, c’est bel et bien une coupe qui est représentée puisque la constellation porte le nom de Crater, mot signifiant coupe en latin. Lors du Cortège du Graal, c’est une pucelle qui porte l’objet sacré, ce qui est une allusion à peine voilée à la constellation de la Vierge.

©JPS2023

[ACCUEIL]

[1] Mircea Eliade,  Histoire des croyances et des idées religieuses, Tome I, Éditions Payot, Paris, 2000,  p.169.

[2] Devenue Sainte Anne en Bretagne, mère de la Vierge Marie.

[3] César, Guerre des Gaules, Livre VI, 14, Traduction L.-A. Constans, Les Belles Lettres, Paris, 1989.

[4] L’écliptique est le plan dans lequel s’effectue l’orbite de la Terre autour du Soleil.

[5] Source Wikipedia.

Pour en savoir plus sur la constellation de la Vierge Vierge (constellation) — Wikipédia (wikipedia.org)