MASQUE D’AGAMEMNON
En 1876, lors de fouilles sur le site antique de Mycènes, l’archéologue allemand Heinrich Schliemann découvre dans une tombe le corps d’un guerrier qui porte sur son visage un masque en or pur qu’il attribue au légendaire roi Agamemnon.
LA CITADELLE DE MYCÈNES
Les ruines de l’antique citadelle de Mycènes se trouve au sommet d’une colline dominant les plaines de l’Argolide dans le Péloponnèse. Schliemann y fait une série de découvertes remarquables. Un véritable trésor. Parmi les bijoux, les perles d’ambre, les épées, les vases, le chercheur allemand découvre notamment des tombes dans le cercle funéraire A qui renferment les corps de princes guerriers entourés d’armes et arborant de spectaculaires masques funéraires en feuilles d’or martelé.
Cercle funéraire A (à gauche) et entrée de la citadelle (à droite). (Wikimedia Commons).
Le cercle funéraire A est un cimetière royal du XVIe siècle av. J.-C. situé au sud de la porte des Lionnes, l’entrée principale de la citadelle de l’âge du bronze de Mycènes, érigée au XIIIe siècle avant notre ère. Elle tire son nom de la sculpture représentant deux lionnes en pose héraldique placée en fronton au-dessus de la porte. Le site comporte toutes les caractéristiques des anciennes cités grecques : acropole, palais grandioses, fresques, d’imposantes fortifications qui démontrent que de puissants seigneurs ont vécu dans cette cité fortifié.

La porte des Lionnes à Mycènes. (Wikimedia Commons).
Le masque en or découvert par Heinrich Schliemann fait partie des cinq masques découverts dans le cercle funéraire A à Mycènes. Trois dans la tombe IV et deux dans la tombe V.
LE MASQUE DE LA TOMBE V
L’archéologue allemand pense avoir découvert le masque mortuaire du mythique roi Agamemnon, souverain de Mycènes. Personnage immortalisé dans l’épopée grecque L’Illiade par le poète Homère auteur du texte fondateur littérature grecque antique qui raconte par le détail la fameuse guerre de Troie durant laquelle les Achéens conduits par Agamemnon affrontent les Troyens du roi Priam. La réalité de cette guerre demeure impossible à prouver, même après plus d’un siècle de fouilles sur le site d’Hisarlik, lieu supposé des ruines de la Troie de l’Antiquité.
Cependant, des recherches récentes laissent à penser que le masque date de 1550-1500 av. J.-C., soit plusieurs siècles avant la date supposée de la guerre de Troie. Cette découverte démontre l’existence d’une importante civilisation grecque de l’âge du bronze : les Mycéniens qui dominaient la mer Égée entre 1600 et 1100 av. J.-C. Les tablettes de linéaire B représentent la plus ancienne forme archaïque de grec connue. Cette écriture, utilisée par les Mycéniens, est apparue vers 1375 av. J.-C. Découverte en 1900, les tablettes ne seront déchiffrée seulement en 1952.

Masque funéraire, connu sous le nom de « masque d’Agamemnon ». Or massif, trouvé dans la Tombe V du site de Mycènes par Heinrich Schliemann en 1876, daté du XVIe siècle av. J.-C. Conservé au Musée national archéologique d’Athènes. ©Xuan Che/worldhistory.org
Le masque d’Agamemnon est toutefois le plus extraordinaire des cinq masques retrouvés sur le site archéologique. L’objet finement fabriqué à partir d’une feuille d’or massif montre un visage en trois dimensions délicatement gravées, aux sourcils arqués, des yeux clos, un long nez droit, une moustache en pointe et une barbe bien taillée.
Le masque en or est actuellement exposé au Musée national archéologique d’Athènes.
LES MASQUES DE LA TOMBE IV
La tombe IV est la plus grande tombe du cercle A et celle possédant le mobilier le plus riche. Deux des hommes inhumés dans la tombe portaient des masques et des cuirasses en or.

Masque mortuaire en or repoussé retrouvé dans la tombe 4 du cercle A à Mycènes. Vers 1600-1500 avant J.-C. Athènes, Musée archéologique national. (Wikimedia Commons).

Masque en or, Cercle A, tombe IV, NAMA 253. (Wikimedia Commons).
Parmi les objets présent dans la tombe on peut notamment retenir un magnifique rhyton en argent en forme de tête de taureau avec des cornes dorées.
Le rhyton un vase à boire en terre cuite ou en métal mesurant environ 25 centimètres de hauteur qui se présente sous la forme d’une corne à une anse, comportant une ouverture de fond par laquelle le liquide, le plus souvent du vin, s’écoule et dont l’extrémité se termine la plupart du temps par une tête animale.

Rhyton en argent en forme de tête de taureau. Les cornes, la rosette frontale, le mufle sont en or. NAMA 384, tombe IV, XVIe siècle av. J.-C. (Wikimedia Commons).
Pour en savoir plus sur la symbolique de cette tête de taureau, notamment les cornes d’or, voir SAISON 1 ÉPISODE 4 Le taureau aux cornes d’or
Et pour la rosette frontale du bovidé, voir SAISON 1 ÉPISODE 3 Un étrange symbole
LA GUERRE DE TROIE
La guerre de Troie est un conflit légendaire de la mythologie grecque opposant les Achéens aux Troyens. C’est le prince troyen Pâris qui déclenche les hostilités en enlevant Hélène, épouse du roi de Sparte, Ménélas. Pour rétablir son honneur, Ménélas, l’époux bafoué, lève avec son frère Agamemnon, roi de Mycènes, une armée rassemblant la plupart des rois grecs pour assiéger la ville de Troie.
L’Iliade, texte probablement composé entre -850 et -750 par Homère, détaille les événements survenus lors de la guerre de Troie.
UNE COLLINE STRATÉGIQUE
C’est la colline d’Hisarlik à l’entrée du détroit des Dardanelles, à l’extrême ouest de la Turquie qui peut être identifiée à la Troie historique. Puisque c’est à cet endroit que gisent les ruines imposantes d’une ville de l’âge du bronze. D’une trentaine de mètres de hauteur, cette colline est formée des décombres accumulés au cours des millénaires d’occupation humaine. La découverte d’objet en or et en argent ont convaincu Heinrich Schliemann qu’il avait trouvé le trésor de Priam, le vieux roi de Troie immortalisé par Homère dans l’Iliade. Comme pour Mycènes, le trésor s’avéra antérieur de plusieurs siècles à la date présumée de la guerre de Troie. En fait neuf cités se superposent sur la colline d’Hisarlik que les spécialistes ont numérotées de Troie I, construite vers 3000 av. J.-C. à Troie IX, la ville romaine d’Ilium, datant du Ier siècle avant notre ère. Aujourd’hui encore, la majorité des archéologues estiment que les vestiges correspondant le mieux au récit d’Homère sont ceux de Troie VIIa (1300-1190 av. J.-C.), brutalement détruite vers puisqu’on y a trouvé des signes d’un conflit violent : des traces d’incendie, des balles de frondes et des pointes de flèches.
D’après les calculs d’Ératosthène, la prise de Troie par les Achéens a lieu dans la nuit du 11 au 12 juin 1184 av. J.-C. lors d’une éclipse solaire.

La prise de Troie représentée sur une céramique à figures rouges par un artiste athénien, le Peintre de Brygos, 490 av. J.-C. Musée du Louvre, Paris. (Wikimedia Commons).
LE CHEVAL DE TROIE
Un des épisodes les plus célèbre de la guerre de Troie met en scène un grand cheval en bois.
Après un siège de dix ans, les grecs n’ont pas réussi à conquérir Troie par la force, c’est alors qu’ils essaient de le faire par la ruse. Sur une idée d’Ulysse, les Grecs construisent un énorme cheval en bois dont l’intérieur est creux et dans lequel ils dissimulent des guerriers. Ils laissent ensuite le cheval non loin de Troie en faisant croire à une offrande au dieu Poséidon. Ensuite ils simulent leur départ en brûlant leur camp et en s’embarquant sur leurs navires. Ainsi ils font croire aux Troyens qu’ils abandonnent le champ de bataille et toute velléité de conquérir la ville. En réalité ils se dissimulent derrière l’île de Ténédos non loin des côtes troyennes.

Le vase de Mykonos, Musée archéologique de Mykonos (Inv. 2240), portant sur sa panse une des représentations les plus anciennes du cheval de Troie, vers 670 av. J.-C.
