CONAN LE BARBARE

LE FILM

En 1982 sort le film Conan The Barbarian de John Milius avec dans le rôle principal Arnold Schwarzenegger. James Earl Jones (Thulsa Doom), Sandahl Bergman (Valeria), Gerry Lopez (Subotaï), Makoto « Mako » Iwamatsu (Akiro), Max von Sydow (le roi Osric), Ben Davidson (Rexor), Sven-Ole Thorsen (Thorgrim) complètent la distribution.

Les Cimmériens. Conan The Barbarian de John Milius (1982). © 20th Century Fox, 1982.

Conan The Barbarian de John Milius (1982). © 20th Century Fox, 1982.

LES ORIGINES

Conan est un guerrier Cimmérien né sous la plume exceptionnelle de Robert E. Howard et publié dans les pulp magazines avant de devenir une icone de l’heroic fantasy à travers les films, les comics et la télévision.

Pour en savoir davantage, voir ROBERT E. HOWARD

Voir également LES CIMMÉRIENS

L’HISTOIRE

L’histoire raconte le parcours d’un garçon dont les parents sont assassinés sous ses yeux. Réduit en esclavage, il va passer quinze ans de sa vie à pousser une gigantesque meule à moudre le grain avec ses compagnons d’infortune. Seul survivant, il devient un féroce gladiateurs dans les arènes en terrassant ses adversaires dans des combats sanglants. Libéré Conan devient mercenaire puis un voleur décidé à se venger des assassins de ses parents avec l’aide de ses amis, la belle Valeria et de l’archer Subotaï. Son adversaire est un puissant magicien, chef d’une secte de fanatiques pratiquant le cannibalisme.

Les Cimmériens. Affiche conçue par Renato Casano du film Conan the Barbarian, de John Milius.

Affiche conçue par Renato Casano du film Conan the Barbarian, de John Milius. © 20th Century Fox, 1982.

Même si le scénario est une création originale, John Milius réussit avec brio à rendre l’atmosphère épique et violente, à la fois réaliste et fantastique des récits de Robert E. Howard.

JOHN MILIUS

John Milius,  né le  à Saint Louis, dans le Missouri, aux États-Unis, est un réalisateur, producteur et scénariste américain.

John Milius (Wikimedia Commons).

John Milius (Wikimedia Commons).

John Milius est devenu au fil du temps une figure légendaire du cinéma américain, passionné par le surf et fasciné par les armes à feux, il est un grand admirateur de Gengis Khan et se définit lui-même comme un anarchiste zen.

Ses principales références sont John Ford et Akira Kurosawa pour le cinéma et Moby-Dick de Herman Melville pour la littérature.

Voir à ce propos MOBY-DICK

Au milieu des années 1970, John Milius est l’un des scénaristes les plus demandés d’Hollywood, grâce aux scripts pour les films L’inspecteur Harry (1971, non crédité), Jeremiah Johnson (1972) et Juge et Hors-la-loi (1972). Peu satisfait de la manière dont son travail est transcrit à l’écran, il décide de réaliser ses propres récits. Ses débuts de réalisateur se font avec Dillinger (1973), portrait du célèbre braqueur de banque John Dillinger. Il réalise ensuite Le Lion et le Vent (1975) avec Sean Connery dans le role d’un chef berbère qui prend en otage une ressortissante américaine dans le Maroc du début du siècle dernier.

John Milius collabore aux Dents de la mer (1975), film de Steven Spielberg en signant le fameux monologue sur le naufrage de l’USS Indianapolis que prononce le personnage de Quint, joué par Robert Shaw. Il réalise ensuite une œuvre plus personnelle avec Graffity Party (1978), une histoire semi-auto-biographique de jeunes surfeurs sur le point de partir au Viêt Nam. En 1980, John Milius est nommé aux oscars pour la meilleure adaptation pour Apocalypse Now (1979), réalisé par Francis Ford Coppola et basée sur Au cœur des ténèbres, livre de Joseph Conrad,  paru en 1899.

Affiche de sortie en salle par Bob Peak. (Wikimedia Commons)

Affiche de sortie en salle par Bob Peak. (Wikimedia Commons).

Il participe à l’écriture de la comédie guerrière 1941 (1979) de Steven Spielberg. Il est également producteur pour Retour vers l’enfer (1983), un film de Ted Kotcheff qui met en scène un commando de vétérans qui partent récupérer des prisonniers de guerre américains au Viêt Nam. Il s’aventure également à la télévision en écrivant un épisode de Deux flics à Miami (Un coup de froid) et en tournant une histoire de La cinquième dimension (Chasse ouverte). Il réécrit ensuite le script de L’aube rouge (1984) et réalise le film, une uchronie imaginant une Troisième Guerre mondiale durant laquelle l’Union soviétique envahit les Etats-Unis avec l’aide des pays du pacte de Varsovie et de pays communistes d’Amérique latine. De jeunes américains prennent le maquis pour combattre les Russes.  Le film est un succès commercial, mais la presse libérale accuse Milius de jouer le jeu de la propagande anticommuniste du président Ronald Reagan. Pour Hollywood, John Milius véhicule une image politiquement incorrecte et il rencontre ensuite d’énormes difficultés pour monter ses projets. Néanmoins il écrit les scripts pour deux films de Walter Hill Extrême préjudice (1987) et Geronimo (1993). John Milius réalise ensuite L’adieu au roi (1989), inspiré d’un roman de Pierre Schoendorfer, l’histoire d’un déserteur de l’armée américaine qui devient le roi d’une île de Bornéo. Il réalise ensuite Le vol de l’Intruder. Le film met en scène des pilotes de bombardiers d’assaut A-6 Intruder de l’US Navy pendant la guerre du Viêt Nam. Il réalise pour la télévision Motorcycle gang (1994) puis une mini-série Rough Riders (1997). Il crée pour le petit écran la série Rome (2005),  un succès critique et commercial. Il crée également la série Pharaoh (2013).

John Milius dirigeant Arnold Schwarzenegger sur le tournage de Conan le Barbare (1982)

Il faut également mentionner la musique mémorable de Basil Poledouris en état de grâce qui compose une incroyable symphonie guerrière pour le film.

LA TOUR DU SERPENT

Le film contient une scène fameuse qui n’est pas sans rappeler un conte gallois. Conan et ses compagnons escaladent la Tour de Set qui abrite dans sa fosse sacrificielle un serpent géant gardien d’un grand rubis nommé l’Œil du Serpent. Les trois voleurs veulent dérober le talisman sacré. Hélas, le monstre se réveille.

Les Cimmériens. Le temple du serpent. © 20th Century Fox, 1982

Le temple du serpent. © 20th Century Fox, 1982

Conan tue le serpent à l’aide de Subotaï et récupère la pierre précieuse.

Les Cimmériens. Conan affronte le serpent géant. © 20th Century Fox, 1982.

Conan affronte le serpent géant. © 20th Century Fox, 1982.

Dans le conte gallois, Peredur ab Evrawc (Peredur, fils d’Evrawc)[3], le héros au cours d’une de ses aventures doit affronter un serpent. Il se renseigne sur le gardien d’une pierre précieuse. Un chevalier noir lui dit ceci :

Seigneur, voici : c’est en me battant avec le serpent noir du Carn[4]. Il y a un monticule qu’on appelle Cruc Galarus (le Tertre douloureux), et sur ce monticule il y a un carn, dans le carn un serpent, et dans la queue du serpent une pierre. La pierre a cette vertu que quiconque la tient dans une main peut avoir, dans l’autre, tout ce qu’il peut désirer d’or. C’est en me battant avec le serpent que j’ai perdu mon œil[5].

Le héros gallois tue le serpent et récupère la pierre précieuse et la donne à son vassal Etlym à l’Épée rouge. Cette pierre ressemble à la pierre philosophale des alchimistes qui transforme le plomb en or et qui permet de fabriquer l’élixir de longue vie. La mention d’un chevalier noir et d’un chevalier rouge n’est pas fortuite. Pour réaliser le Grand Œuvre[6], l’alchimiste doit passer par les étapes Nigredo, Albedo, Rubedo (œuvre au noir, au blanc et au rouge). Peredur étant dans ce cas le chevalier blanc.

BONUS

©JPS2022

ACCUEIL

SOURCES :

John Walsh, Conan le barbare, L’histoire d’un film culte, Éditions Huginn & Muninn/Dargaud, 2024.

Mad Movies Classic N°21, La saga barbare du roi de l’heroic fantasy.

Conan le Barbare (film) — Wikipédia