CERNUNNOS (ROUE DU TEMPS)
LES DRUIDES SAISON 3 ANNEXE 9
CERNUNNOS ET LA ROUE DU TEMPS
Cernunnos apparaît en d’autre occasions sur le chaudron de Gundestrup. Notamment dans une scène importante de passation de pouvoir entre deux dieux.
LE DIEU PÈRE
Le personnage central est bien connu, il s’agit de Taranis, le dieu-père, l’équivalent du Zeus grec et du Jupiter romain.

Plaque du dieu à la roue. Chaudron de Gundestrup. (Nationalmuseet de Copenhague).
Il remet la roue du temps à son fils Cernunnos. Celui-ci est reconnaissable grâce à son animal fétiche : le serpent à tête de bélier. Le griffon central est quant à lui l’animal symbole du Dieu-père. Les quatre animaux qui encadrent la scène sont des points cardinaux. Les panthères indiquent le sud et les griffons le nord. Une inversion qui est typique des temps anciens et contraire à nos habitudes actuelles.
Voir à ce propos SAISON 2 ANNEXE 1 Chaudron de Gundestrup et course du Soleil
LE DIEU DU TONNERRE
Même si le nom de Taranis évoque le tonnerre. De l’indo-européen *Ten-H-ros dont la signification serait le « maître du tonnerre ». Il est toutefois représenté dans l’iconographie gauloise avec la foudre en main, ce qui semble logique, et surtout avec une roue. Ce qui est moins conventionnel.

Taranis au Musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. (Wikimedia Commons).
Contrairement à Zeus et Jupiter auxquels on associe plutôt la foudre seule.

Zeus tenant le foudre de la main droite et un bâton/sceptre de la main gauche. Vase attique à figures rouges, v. 470 av. J.-C. (Wikimedia Commons).
Cette différence est parfois expliquée par le fait que la roue du char de Taranis fait un bruit du tonnerre. Explication un peu simpliste, mais qui fait partie de l’accumulation des poncifs concernant les druides qui adorent, c’est bien connu, des animaux, des sources des arbres etc[1]. C’est oublier un peu vite que les druides sont des astronomes. En fait Taranis donne « la Roue du Temps » à son fils Cernunnos, le dieu cornu. Celui-ci est facilement reconnaissable grâce à son animal symbole par excellence, le serpent à tête de bélier. Ce qui fait de lui un avatar d’Ophiuchus, le Serpentaire.
UNE ROUE CALENDAIRE
La Roue du Temps est un calendrier à huit rayons qui symbolisent quatre fêtes solaires (équinoxes du printemps et d’automne, solstices d’été et d’hiver) et les quatre fêtes lunaires (Samain / Samonios · Imbolc · Beltaine · Lugnasad). Pourquoi une roue ?
Parce que le temps liturgique dans toutes les religions est circulaire avec des fêtes qui reviennent dans un intervalle régulier sans fin ni commencement.
LA ROUE COSMIQUE
Il existe encore une roue à plus grande échelle, la roue du zodiaque composée de douze constellations. Chaque ère (ère du Taureau, du Bélier, des Poissons etc.) dure 2160 ans. Le tour complet est fait en 25 920 ans. Quel rapport avec la roue représentée sur la plaque du chaudron d’argent ?

La roue du zodiaque suit un lent mouvement à rebours de 25 920 ans avec en toile de fond les douze signes du zodiaque. Source : globalrumblings.blogspot.com
Voir également SAISON 1 ANNEXE 8 La précession des équinoxes
ainsi que SAISON 1 ANNEXE 10 Les ères astronomiques
Parce que c’est justement la constellation d’Ophiuchus qui est la treizième constellation du zodiaque.
Ophiuchus et la constellation du Serpent, Johann Bayer, Uranometria, 1603. (Source Wallhapp.com).
Comme chez les douze autres, le Soleil traverse cette constellation, lors de son parcours de l’écliptique en une année. Pourtant elle n’est jamais mentionnée, elle ne fait pas partie de la roue, mais elle est cependant la constellation la plus importante. Car c’est Ophiuchus qui est le Maître de cette roue gigantesque. Il ne fait pas partie de la roue comme les autres constellations pour une raison très simple. Parce qu’il tient cette gigantesque roue cosmique d’une main comme sur la plaque du chaudron de Gundestrup. Roue qu’il reçoit de son père Taranis.
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SOURCES :
Pour en savoir plus sur le dieu du tonnerre celtique
Taranis (mythologie) — Wikipédia
NOTES :
[1] Ce n’est pas un arbre ou un animal qui est vénéré, mais le dieu dont l’arbre ou l’animal est le signe. Ainsi un arbre touché par la foudre peut convenir pour figurer Taranis, dieu du tonnerre, sans avoir recourt à une image sculptée qui représente le dieu sous une forme humaine. Représenter les dieux à l’image de l’homme est une abomination pour un druide. Comment faire entrer la puissance, la grandeur et la splendeur des habitants du ciel dans une enveloppe aussi étriquée. Ce n’est qu’après l’effondrement de l’interdit sur la représentation des dieux que les Gaulois ont figuré leurs divinités.

