CELTES : DES COUPEURS DE TÊTES

LES DRUIDES SAISON 2 ANNEXE 23

L’étude de la mort chez les Celtes réserve quelques surprises et également beaucoup d’incompréhension de la part de notre monde moderne.

DES COUPEURS DE TÊTES

Les guerriers celtes sont décrits dans les textes antiques comme des coupeurs de têtes. Les textes sont trop nombreux et trop précis pour pouvoir nous faire douter un seul instant de la réalité de cette coutume. En voici quelques uns.

DIODORE DE SICILE (historien grec du Ier siècle av. J.-C., contemporain de Jules César et d’Auguste. Auteur de la Bibliothèque historique, une monumentale histoire universelle) :

Aux ennemis tombés ils enlèvent la tête qu’ils attachent au cou de leurs chevaux ; puis remettant à leurs serviteurs les dépouilles ensanglantées, ils emportent ces trophées en entonnant le péan et en chantant un hymne de victoire, et ils clouent à leurs maisons ces prémices du butin, comme s’ils avaient en quelques chasses, abattu de fiers animaux.

Quant aux têtes de leurs ennemis les plus illustres, imprégnés d’huile de cèdre, ils les gardent avec soin dans un coffre, et ils les montrent aux étrangers, chacun se glorifiant de ce que pour telle ou telle de ces têtes un de ses ancêtres ou son père ou lui-même n’a pas voulu recevoir une grosse somme d’argent. On dit que quelques-uns d’entre eux se vantent de n’avoir pas accepté pour une de ces têtes son pesant d’or[1].

POLYBE (vers 200 av. J.-C.-vers 120 av. J.-C., général, homme d’État, théoricien politique et l’un des historiens de la Grèce antique les plus réputés. Il est l’auteur des Histoires qui narrent principalement l’expansion de Rome) :

(À Rome, au moment du siège du Capitole, après la bataille du Tibre) Les Celtes le premier jour achevèrent de couper les têtes des ennemis morts suivant la coutume de leur nation[2].

CELTES : DES COUPEURS DE TÊTES. Têtes coupées du sanctuaire d’Entremont.

Têtes coupées du sanctuaire d’Entremont. À noter que ce ne sont pas des crânes nus, mais des crânes embaumés avec de l’huile de Cèdre comme le dit Strabon. Effectivement les archéologues ont retrouvé « la présence de biomarqueurs de résine de conifère ainsi que des molécules organiques de composés aromatiques obtenus après chauffage, des substances diterpénoïdes». Ce qui signifie que ces têtes ont été bouillie dans un mélange de plantes, afin que la peau durcisse et devienne plus résistante pour la conservation, puis enduite avec de la résine. La recette exacte étant gardée secrète. Les diterpénoïdes sont présents dans de nombreuses plantes utilisées pour leurs propriétés médicinales. (Musée Granet, Aix-en-Provence ; Photo C.N.R.S., A. Chéné).

STRABON,  (vers 63 av. J.-C. et mort après 23 ap. J.-C., géographe, philosophe et historien grec) :

Leur irréflexion s’accompagne aussi de barbarie et de sauvagerie, comme si souvent chez les peuples du Nord. Je pense à cet usage qui consiste à suspendre à l’encolure de leur cheval les têtes de leurs ennemis quand ils reviennent de la bataille, et à les rapporter chez eux pour les clouer devant les portes[3]. Posidonius dit avoir vu lui-même en bien des endroits ce spectacle, qui d’abord le répugnait, mais qu’il avait fini avec l’accoutumance, à supporter sereinement. Ils embaumaient à l’huile de cèdre les têtes des ennemis de marque pour les montrer aux étrangers et refusaient de les rendre contre rançon, fut-ce au prix d’un poids égal d’or[4].

Encore POLYBE :

(Lors de la bataille de Télamon, sort du consul Atilius) : À ce moment il arriva que Gaius en étant venu lui-même aux mains et combattant au plus haut point de façon téméraire, perdit la vie ; sa tête fut rapportée aux rois des Celtes[5].

TROGUE POMPÉE (historien gallo-romain du Ier siècle av. J.-C., . contemporain de l’empereur Auguste, il est l’auteur d’un ouvrage d’histoire de référence, les Histoires Philippiques) :

(À propos des Gaulois qui envahirent la Macédoine sous la direction de Belgius) : Ptolémée, atteint de multiples blessures, est fait prisonnier. Sa tête est coupée, fixée à une lance et promenée sur tout le champ de bataille pour inspirer la terreur aux ennemis[6].

CELTES : DES COUPEURS DE TÊTES. Dans les sanctuaires celtiques, il était habituel d’exposer nombres de têtes coupées prélevées sur des adversaires vaincus.

Dans les sanctuaires celtiques, il était habituel d’exposer nombres de têtes coupées prélevées sur des adversaires vaincus. Reconstitution du dépôt d’armes et de têtes coupées du site du Cailar, dans le Gard, et ses trophées impressionnants. Crédits: David Geoffroy (court-jus production), L. Pernet et R. Roure.

Voir également SAISON 2 ANNEXE 24 Le sanctuaire des druides

GAULOIS ET ROMAINS

Deux visions totalement différentes de la guerre se sont opposées durant les confrontations entre Romains et Celtes. Les premiers sont devenus aux cours des siècles une armée soudée et organisée avec des soldats qui se battent pour la gloire de leur général et la gloire de Rome. Tandis que les seconds ne recherchent que le combat individuel pour leur gloire personnelle. En Gaule, les Celtes se sont mis au combat collectif de façon très tardive, et d’ailleurs trop tard pour changer leur destin face au génie militaire romain. Vercingétorix n’a eu que très peu de temps pour changer les habitudes de combat des Gaulois face aux troupes de César. Cependant dans l’urgence, il a toutefois posé d’énormes problèmes au général romain[7]. Les Romains avaient un commandement unique, alors que Vercingétorix devait composer avec d’autres chefs gaulois, ce qui a entrainé des négociations interminables, des défections et des jalousies. Cependant au final, ce n’est pas l’indiscipline de ses troupes ou une quelconque incompétence en matière de commandement qui ont eu raison de la résistance gauloise. Mais tout simplement un motif religieux puisque à Alésia, une partie des troupes de secours ne sont pas intervenues parce qu’une éclipse totale de la Lune a eu lieu la nuit avant la bataille[8]. Une éclipse de Lune était toujours interprétée comme un mauvais présage et les guerriers se sont arrêtés net sans considération tactique ou stratégique et ont abandonné les troupes de Vercingétorix à leur sort. Aller de l’avant, aurait été violer un interdit religieux ce qui aurait entrainé une malédiction des dieux. Les dés étaient jetés…

LE GUERRIER GAULOIS

Ce n’était pas dans le caractère des guerriers gaulois que de se cacher dans l’anonymat d’une troupe même bien organisée. Car le combat pour un guerrier celte est un rituel. Le combattant commence par lancer un défi à un adversaire à sa taille puis s’ensuit la glorification de la lignée du guerrier ensuite le combat singulier à armes égales et l’engagement se termine par la décapitation du vaincu. D’ailleurs chez les Celtes se sont des décapitations de guerriers morts au combat et non des victimes vivantes égorgées comme des animaux. En tout cas la noblesse gauloise a sombré lors de la guerre des Gaules en se fracassant contre un contingent sans cesse renouvelé et presque inépuisable de soldats de métier. Cette hécatombe a laissé un vide au sommet de la hiérarchie du pays qui n’a été comblée que par la noblesse germanique, notamment les Francs, lors des migrations des peuples germains au Vème siècle après J.-C.

VAINQUEURS ET VAINCUS

La recherche d’une gloire personnelle explique cette coutume de couper les têtes, le trophée démontre la valeur du guerrier et le prestige du vaincu rejaillit sur le vainqueur. C’est une pensée magique, pas de place pour la stratégie, c’est le plus fort, le plus valeureux qui gagne.

Quand les troupes sont rangées, ils ont l’habitude de s’avancer hors des rangs et de provoquer les plus braves de ceux qui leur sont opposés à un combat singulier, en agitant leurs armes pour frapper de terreur leurs adversaires. Si quelqu’un obéit à leur défi, ils chantent les prouesses de leurs ancêtres, font étalage de leurs propres vertus, insultent celui qu’ils ont en face, le ravalent, en un mot essayent par leurs paroles d’enlever toute confiance à son âme[9].

Aux trophées les plus prestigieux est réservé une place à part :

(Après le massacre de l’armée romaine dans la forêt Litana) : C’est là que tomba Postumius, alors qu’il combattait de toutes ses forces pour ne pas être pris. Les Boïens, triomphant, portèrent dans le temple qui est le plus vénéré chez eux les dépouilles enlevées au cadavre et la tête coupée du général. Puis après avoir nettoyé la tête, comme c’est la coutume chez eux, ils incrustèrent le crâne d’or ; c’était pour eux un vase sacré qui servait à faire des libations les jours de fête, en même temps qu’une coupe pour le prêtre et le desservant du temple[10].

Il existe des « coupes » semblables dans l’Himalaya. Les kapala ( du sanskrit kapāla « crâne ») sont des coupes faites à partir d’un crâne humain utilisé en tant que récipient lors de rituels propres au tantrisme hindou et au bouddhisme tantrique.

CELTES : DES COUPEURS DE TÊTES. Kapala réalisé à partir d’un crâne humain reposant sur son présentoir. L’usure des surfaces de découpe indique son usage intensif au cours des rituels du bouddhisme tantrique.

Kapala réalisé à partir d’un crâne humain reposant sur son présentoir. L’usure des surfaces de découpe indique son usage intensif au cours des rituels du bouddhisme tantrique. Source : www.pourlascience.fr

LA MORT DE CICÉRON

D’ailleurs la décapitation des ennemis n’est pas l’apanage des seuls Celtes. D’autres peuples l’ont pratiquée. Citons les Israélites qui d’après la Bible coupaient régulièrement les têtes de leurs ennemis. Par exemple David qui décapite Goliath et qui exhibe le trophée devant les Philistins avant de ramener la tête coupée à Jérusalem (Samuel I, 17, 48-58). Les Philistins se vengeront par la suite en trouvant après une bataille la dépouille du roi Saül parmi les ennemis tués, ils emporteront sa tête en trophée et l’exposeront partout dans leur pays (Samuel, I, 31, 8-10). Les exemples sont nombreux. Les Romains ne sont pas en reste. Il faut citer en entier la cruelle destinée de la tête de l’immense orateur Cicéron.

Quand la tête de Cicéron leur fut enfin apportée (arrêté dans sa fuite, il avait été mis à mort), Antoine, après lui avoir adressé de sanglants reproches, ordonna de l’exposer sur les Rostres, plus en vue que les autres, afin qu’en ce même endroit d’où le peuple l’avait entendu parler contre lui, il l’y pût voir, la main droite coupée; Fulvie prit la tête dans ses mains, avant qu’on l’emportât, et, après l’avoir insultée par des paroles amères et avoir craché dessus, elle la plaça sur ses genoux ; puis, lui ouvrant la bouche, elle en tira la langue, qu’elle perça avec les aiguilles dont elle se servait pour parer sa tête, tout en l’accablant de railleries criminelles[11].

Cicéron, grand pourfendeur des mœurs barbares des Celtes, est tombé sur plus barbare qu’eux, ses propres compatriotes romains.

LA QUÊTE DU GRAAL

Chez les Celtes, la tête d’un vaincu illustre devient un récipient sacré dédié au culte[12]. Ce qui rappelle l’épopée du Graal ou le vase sacré est tout d’abord une tête posée sur un plat dans la version la plus archaïque. Comparons donc ce cortège du Graal insolite avec celui plus conventionnel de Chrétien de Troyes :

Peredur s’assit à côté de son oncle, et ils discutèrent. Puis il vit deux jeunes gens entrer dans la grande salle puis dans la chambre, portant une lance d’une taille indescriptible ; trois ruisseaux [de sang] la parcouraient tout au long, de la pointe jusqu’à terre. Lorsque les gens de la cour virent cela, tous se mirent à crier et à gémir si fort que c’était insupportable. Mais l’homme n’interrompit pas pour autant sa conversation avec Peredur ; il ne lui apprit pas ce que c’était, et l’autre ne lui posa pas de question.

Après un moment de silence, ensuite, voici deux jeunes filles qui entrent avec un grand plat, sur lequel il y avait une tête d’homme et du sang en abondance. Chacun se mit alors à crier et gémir au point qu’il était pénible de rester dans la même maison[13].

La tradition d’une tête coupée posée sur un plat existe également dans le Christianisme.

CELTES : DES COUPEURS DE TÊTES. La Tête de saint Jean-Baptiste, Tableau peint en 1507 par Andrea Solari. Il représente la tête de Jean le Baptiste, tranchée et disposée dans une coupe. Musée du Louvre.

La Tête de saint Jean-Baptiste, Tableau peint en 1507 par Andrea Solari. Il représente la tête de Jean le Baptiste, tranchée et disposée dans une coupe. Musée du Louvre. (Wikimedia Commons).

LA VERSION CLASSIQUE

Ensuite la version de Chrétien de Troyes, plus classique, qui ne révèle pas la vraie nature du Graal, mais dont les continuateurs feront la coupe dans laquelle Joseph d’Arimathie recueillit le sang du Christ.

Tandis qu’ils causent à loisir, paraît un valet qui sort d’une chambre voisine, tenant par le milieu de la hampe une lance écarlate de blancheur. Entre le feu et le lit où siègent les causeurs ils passent, et tous voient la lance et le fer dans leur blancheur. Une goutte de sang perlait à la pointe du fer de la lance et coulait jusqu’à la main du valet qui la portait. Le nouveau venu voit cette merveille et se raidit pour ne pas s’enquérir de ce qu’elle signifie. C’est qu’il lui souvient des enseignements de son maître en chevalerie : n’a-t-il pas appris de lui qu’il faut se garder de trop parler ? S’il pose une question, il craint qu’on le tienne à vilenie. Il reste muet.

Alors viennent deux autres valets, deux fort beaux hommes, chacun en sa main un lustre d’or niellé ; dans chaque lustre brûlait dix cierges pour le moins. Puis apparaissait un Graal, que tenait entre ses deux mains une belle et gente demoiselle, noblement parée, qui suivait les valets. Quand elle fut entrée avec le Graal, une si grande clarté s’épandit dans la salle que les cierges pâlirent, comme les étoiles ou la lune quand le soleil se lève. Après cette demoiselle en venait une autre, portant un tailloir d’argent. Le Graal[14] qui allait devant était de l’or le plus pur ; des pierres précieuses y étaient serties, des plus riches et des plus variées qui soient en terre ou en mer ; nulle gemme ne pourrait se comparer à celle du Graal[15].

Cet objet mystérieux, à l’origine de la Quête la plus fabuleuse de tous les temps, était ce le crâne d’un être exceptionnel avant de devenir une coupe ?

LE HÉROS MORT AU COMBAT

Jusqu’à présent nous avons étudié les trophées pris aux ennemis, mais il existe également une coutume concernant les têtes des héros morts au combat. Ce sont les guerriers amis qui récupèrent la tête cette fois, comme dans cet autre récit gallois qui décrit le destin de la tête du héros Bran-le-Béni. Ce dernier est un héros majeur de la mythologie galloise. C’est un géant, roi de Bretagne. Il possède un chaudron qui lui permet de ressusciter les guerriers morts. Il donne sa sœur Branwen comme épouse au roi d’Irlande. Celui-ci la maltraite. Bran organise une expédition pour la venger. Cette campagne tourne au désastre. Le chaudron magique est détruit et Bran est blessé à la jambe par une lance empoisonnée. Il demande à ses sept compagnons survivants de lui couper la tête. Celle-ci, enterrée à Londres, protègera l’île de Bretagne contre tous les envahisseurs.

Bran-le-Béni  ordonna qu’on lui coupe la tête.

Prenez ma tête, dit-il, emportez-la jusqu’à la Colline Blanche (Y Gwynvryn) à Londres, et enterrez-la avec la face tournée vers la France. Vous allez faire route pendant longtemps ; pendant sept ans vous resterez festoyer à Harddlech, tandis que les oiseaux de Rhiannon chanteront pour vous. Ma tête sera pour vous une compagnie aussi agréable que lorsque vous l’avez connue, au mieux de sa forme, sur mon corps. Vous resterez vingt-quatre ans à Gwales en Pembroke. Jusqu’à ce que vous ouvriez la porte du côté de l’Aber Henvelen, en direction de Cornouailles, vous pourrez rester là sans que la tête ne se corrompe. Mais sitôt que la porte sera ouverte, vous ne pourrez plus rester là. Vous gagnerez Londres pour y enterrer la tête, puis vous continuerez votre chemin de l’autre côté[16].

LA TÊTE DU CORBEAU

Bran est dérivé du nom du corbeau en vieux celtique (Branos). Or, en alchimie, couper la tête du corbeau est une des étapes pour parvenir au Grand Œuvre, la pierre philosophale. Le poète alchimiste Raymond Lulle écrit:

Tu auras alors la Tête de Corbeau que les Philosophes ont tant cherchée, sans laquelle le Magistère ne peut exister. (Raymond Lulle, La clavicule, VIII).

CELTES : DES COUPEURS DE TÊTES. Le corbeau et le crâne, symboles du Nigredo[9]. Frontispice du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli (1926).

Le corbeau et le crâne, symboles du Nigredo. Frontispice du Mystère des Cathédrales de Fulcanelli (1926). Illustration de Julien Champagne. (Wikimedia Commons).

Nicolas Flamel dans son Traité des Figures hiéroglyphiques (Chapitre VI) écrit :

Mais veux-tu savoir que veut dire cet Homme qui prend l’épée ? Il signifie qu’il faut couper la tête au Corbeau, c’est-à-dire à cet Homme vêtu de diverses couleurs, qui est à genoux.

J’ai pris ce trait et figure d’Hermès Trismégiste en son Livre de l’Art secret, où il dit :

Ôte la tête à cet homme noir ; coupe la tête au Corbeau, c’est-à-dire blanchis notre Sable.

[…] La noirceur s’appelle la tête du Corbeau, laquelle ôtée, à l’instant vient la couleur blanche.

Pour aboutir à la pierre philosophale, il faut passer par trois étapes majeures du processus alchimique : l’Œuvre au noir (Nigredo), l’Œuvre au blanc (Albedo) et l’Œuvre au rouge (Rubedo). Couper la Tête du Corbeau symbolise le passage entre deux étapes du Grand Œuvre.

UN PRÉCIEUX TALISMAN

La tête coupée de Bran enterrée dans une colline devient un talisman protecteur de l’ile de Bretagne contre toute invasion. Cette colline devient ainsi la tombe du fondateur de la dynastie, un centre sacré. Ce qui rappelle la colline du Capitole à Rome. Centre religieux de Rome. De Caput « tête ». But ultime de l’expédition des Gaulois en terre romaine. La légende stipule que lorsque les Romains ont creusé les fondations du temple de Jupiter, ils ont retrouvé l’énorme crâne d’un guerrier étrusque.

Ici est le Capitole, où fut jadis trouvée cette tête d’homme qui, au dire des devins, annonçait qu’à cette place serait la tête du monde, la souveraine des empires[17].

Et que penser du Golgotha, également une colline du crâne, sur laquelle Jésus fut crucifié.

Arrivés à un lieu-dit Golgotha, c’est-à-dire lieu-dit du Crâne[18].

Crucifixion du Christ avec la Vierge et les Saints, à noter la petite grotte avec le crâne d’Adam, Fra Angelico (vers 1395–1455).

Crucifixion du Christ avec la Vierge et les Saints, à noter la petite grotte avec le crâne d’Adam, Fra Angelico (vers 1395–1455). (Wikimedia Commons).

La tradition religieuse considère que dans ce même lieu fut déposé le crâne d’Adam, ancêtre par excellence de l’humanité. Nous sommes au plus près du mystère des crânes. Voir également SAISON 2 ANNEXE 13 Le Graal

Pour le guerrier celte, le combat ne connaît que deux issues : la victoire ou la mort. Couper la tête de l’adversaire ou se faire couper la tête, telle est la question.

DERNIER PETIT DÉTAIL

On peut également signaler que dans la série Astérix, Obélix collectionne les casques des légionnaires tabassés comme le faisait ses modèles gaulois qui recueillait les crânes des ennemis vaincus pour les accrocher dans leur sanctuaire.

Obélix collectionnant les casques des légionnaires romains.

Obélix collectionnant les casques des légionnaires romains. © Les Éditions Albert René.

Réminiscence volontaire ou involontaire d’une coutume ancestrale des Gaulois de la part des auteurs de la bande-dessinée ?

©JPS2024 (Une grande partie du texte date de 2016).

[ACCUEIL]

NOTES :

[1] Diodore de Sicile, Livre V, 29, in Mœurs et coutumes des Gaulois, Traduction E. Cougny, Éditions Paleo, Clermont-Ferrand, 2010.

[2]Diodore de Sicile, Livre XIV, 115, in Jean-Louis Brunaux, Les religions gauloises, Éditions Errance, Paris, 2000, p.249.

[3] D’après les archéologues ces têtes étaient accrochées ou clouées aux porches des temples gaulois.

[4] Strabon, Géographie, Livre IV, 4, 5, Traduction F. Lasserre, Les Belles Lettres, Paris, 2003.

[5] Polybe, Histoires, II, 28, 10, Jean-Louis Brunaux, Visages de la mort et du mort en Gaule celtique, Revue archéologique de Picardie, 1998.

[6] Trogue Pompée, Histoires Philippiques, Extrait de Justin, Epitoma Historiarum Philippicarum, Jean-Louis Brunaux, Visages de la mort et du mort en Gaule celtique, Revue archéologique de Picardie, 1998.

[7] Au final ce n’est pas l’indiscipline de ses troupes qui ont fait perdre Vercingétorix, mais

[8] Voir à ce propos l’excellente étude consacrée à cet événement par les auteurs Alain Deyber et David Romeuf, Les derniers jours d’Alesia, Lemme Edit, 2019. Alain Deyber est un ancien officier et spécialiste de l’histoire militaire et David Romeuf est un spécialiste en matière d’archéoastronomie.

[9] Diodore de Sicile, Livre V, 29, in Mœurs et coutumes des Gaulois, Traduction E. Cougny, Éditions Paleo, Clermont-Ferrand, 2010.

[10] Tite-Live, Histoire romaine, Livre XXIII, 24, Traduction P. Jal, Les Belles Lettres, Paris, 2003.

[11] Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XLVII, 8, Traduction E. Gros, Paris 1865.

[12] C’est en quelque sorte un dernier honneur rendu au défunt.

[13] Les Quatre Branches du Mabinogi, L’histoire de Peredur fils d’Evrawc, Traduction P-Y Lambert, Gallimard, Paris, 1993, pp.248-249.

[14] L’auteur ne précise à aucun moment la véritable nature du Graal.

[15] Chrétien de Troyes, Perceval le Gallois ou le conte du Graal, Traduction L. Foulet, Robert Laffont, Paris, 1989, p.44.

[16] Les Quatre Branches du Mabinogi, Le Mabinogi de Branwen, Traduction P-Y Lambert, Gallimard, Paris, 1993, p.73.

[17] Tite-Live, Histoire romaine, LIV, 7, Traduction M. Nisard, Tome I, Firmin Didot, Paris, 1864.

[18] Matthieu 27,33.

à voir également : Quand les Celtes embaumaient les têtes de leurs ennemis – Sciences et Avenir

Pour retrouver les albums d’Astérix : Albert René | hachette.fr

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