LES CONSTELLATIONS DES CELTES

LES DIEUX DES DRUIDES TOME II CHAPITRE II

Les constellations composant le Zodiaque des Druides sont très différentes de celles du zodiaque traditionnel.

UN SAVOIR PERDU

Flégétanis, le païen, savait prédire la disparition de chaque étoile et le moment de son retour. Il savait combien de temps il faut à chacune d’elles pour revenir à son point de départ. C’est par la ronde des astres que sont réglées toutes choses sur terre. Le païen Flégétanis découvrit, en examinant les constellations, de profonds mystères, dont il ne parlait qu’en tremblant[1].

Il est nécessaire de méditer quelques instants l’avertissement de Wolfram von Eschenbach. Quels terribles mystères peut-on découvrir en étudiant les constellations des druides ?

DES DRUIDES ASTRONOMES

Car les druides étaient des astronomes et c’est César en personne qui nous fournit le témoignage décisif en faveur de ces druides étudiant attentivement la voûte céleste.

En outre, ils se livrent à de nombreuses spéculations sur les astres et leurs mouvements, sur les dimensions du monde et celles de la terre, sur la nature des choses, sur la puissance des dieux immortels et leurs attributions, et ils transmettent ces doctrines à la jeunesse[2].

LE GRAND SECRET

On peut même se demander s’il est opportun de révéler le grand secret des druides. Parce que les dieux révélés peuvent prendre un aspect effrayant et être mal interprétés. Les druides, dans leur infinie sagesse auraient pu faire leur cette déclaration d’Origène, théologien chrétien du 3e siècle :

N’insistons pas sur ces choses qui sont claires pour qui les connaît et doivent rester obscures  pour qui les ignore.

Il faut mettre de côté le vieux réflexe dualiste hérité depuis les temps les plus anciens qui divise le monde en bien et en mal. Un vision dogmatique des choses qui a pour effet de transformer les dieux primordiaux en démons maléfiques. Si l’on fait abstraction de ce système des valeurs, on ne peut que découvrir la lumière dissimulée parmi des ombres, certes inquiétantes.

William Blake (1757–1827) The Great Red Dragon and the Woman Clothed in Sun (Rev. 12: 1–4), c. 1803–1805

Les divinités peuvent parfois prendre une apparence inquiétante. William Blake (1757–1827) The Great Red Dragon and the Woman Clothed in Sun (Rev. 12: 1–4), c. 1803–1805 – Brooklyn Museum. (Wikimedia Commons).

C’est pourquoi, il est grand temps de vous narrer la découverte du Zodiaque des Druides… grâce à un simple compas.

L’ÉTOILE MYSTÉRIEUSE

À cause de la précession des équinoxes le pôle nord céleste change inexorablement de position au cours des siècles et des millénaires.

Voir CHAPITRE I Le dragon céleste

À notre époque l’axe de rotation terrestre[3] pointe en direction de l’étoile la plus brillante de la constellation de la Petite Ourse : alpha Ursae Minoris. C’est pourquoi les autres astres paraissent tourner dans une ronde sans fin autour de cette étoile qui ne se couche jamais dans l’hémisphère nord.  

L’ÉTOILE POLAIRE. Photo longue pose

Photographie à longue pose en direction du pôle Nord céleste qui démontre que le ciel étoilé tourne autour de ce point. L’image montre également que l’étoile Polaire actuelle ne correspond pas exactement avec le pôle Nord céleste. Source : www.stelvision.com

LE DRAGON CÉLESTE

Si de nos jour l’étoile polaire se situe dans la constellation de la Petite Ourse, il n’en a pas toujours été ainsi. Aux alentours de 2700 av. J.-C., le pôle nord céleste se situait dans la constellation du Dragon. Durant cette époque lointaine, c’était alpha Draconis qui faisait office d’étoile polaire.

LE SANCTUAIRE DES DRUIDES. Trajet de l’axe du pôle nord sur la voûte céleste sous l’effet du mouvement de la précession des équinoxes, à noter l’étoile polaire (Polaris) actuelle à la pointe de la queue de la Petite Ourse et l’étoile polaire vers 2700 av. J.-C. dans la queue de la constellation du Dragon (en rouge).

Trajet de l’axe du pôle nord sur la voûte céleste sous l’effet du mouvement de la précession des équinoxes, à noter l’étoile polaire (Polaris) actuelle à la pointe de la queue de la Petite Ourse et l’étoile polaire vers 2700 av. J.-C. dans la queue de la constellation du Dragon (en rouge). JPS2023.

On retrouve sur le chaudron de Gundestrup cette même image du serpent céleste avec l’étoile polaire positionné dans sa queue. Ce n’est certainement pas un hasard si le serpent à tête de bélier forme une boucle avec sa queue. Car le serpent criocéphale est un indicateur temporel.

Cernunnos avec le serpent criocéphale, la boucle faisant allusion à l'emplacement de l'étoile polaire de l'époque est bien visible. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.

Cernunnos avec le serpent criocéphale, la boucle faisant allusion à l’emplacement de l’étoile polaire de l’époque est bien visible. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.

Comme l’aiguille d’une montre qui déterminerait non pas les heures, mais les ères astrologiques, il indique grâce à sa tête l’ère du Bélier (autour de 2260 à 100 av. J.-C., +/- 100 ans). Tandis que l’anneau formé par sa queue indique l’époque au cours de laquelle l’étoile polaire se positionnait dans la queue du Dragon céleste (autour de 2700 av. J.- C.). Le chaudron de Gundestrup a été fabriqué après la chute de la Gaule en 50 av. J.-C. Donc entre -50 et le début de notre ère. Le chaudron d’argent indique la fin de l’ère du Bélier, ce qui signifie en même temps l’avènement de l’ère des Poissons. En cette « fin d’un monde », il devient ainsi le testament illustré des druides. Enseignement transmis à travers des images symboliques.

LE COMBAT DANS LE CIEL

C’est durant près de mille ans que le dragon régna sur les cieux avant d’être détrôné par le dieu de l’orage indo-européen dans un combat titanesque qui a marqué les mythologies du monde entier. On ne compte plus les dieux, les héros et les saints ayant combattu un dragon. Zeus qui affronte Typhon, Apollon contre Python et Saint Michel qui combat le dragon des profondeurs ne sont que quelques exemples.

Un exemple célèbre d'un combat contre un dragon. Zeus dardant son foudre sur Typhon, hydrie à figures noires, v. 550 av. J.-C., Collection des Antiquités, Munich.

Un exemple célèbre d’un combat contre un dragon. Zeus dardant son foudre sur Typhon, hydrie à figures noires, v. 550 av. J.-C., Collection des Antiquités, Munich. (Wikimedia Commons).

C’est pourtant le rapprochement entre le récit gallois de Peredur, dans lequel le héros se bat contre un serpent qui a la particularité d’avoir une pierre aux vertus magiques dans la queue, et la constatation que l’étoile polaire des anciens se situait exactement, elle aussi, dans la queue de la constellation du Dragon qui m’a fait découvrir le secret du Dragon céleste.

RETOUR DANS LE PASSÉ

Il suffit de prendre une carte céleste.

Je la déplie devant moi et je repère très vite alpha Draconis. Voici donc le centre du monde des temps anciens. C’est comme une carte au trésor qui s’étale devant moi. Chose extraordinaire, même la croix qui marque l’emplacement du magot est indiquée.

LE CERCLE DES ANIMAUX

Je comprends enfin ce que mon inconscient a noté : il s’agit d’un cercle. Le cercle sur lequel sont posée toutes les constellations du zodiaque. C’est l’anneau qui est important ! Pour recréer le zodiaque perdu, je reprends l’écartement du zodiaque traditionnel. Je cherche un compas, je pique le compas dans la queue du dragon[4]. Pile sur alpha Draconis et je trace un cercle.

UN ZODIAQUE INSOLITE

Comme le druidisme est une religion de l’ère du Bélier, je commence mon trait par la constellation du Bélier (Aries) et je continue dans le sens des aiguilles d’une montre.  Bientôt apparaît le Taureau (Taurus). Ce qui reste classique. Ensuite se dévoile petit à petit un zodiaque totalement inédit. Le compas atteint la constellation du Petit Chien (Canis Minor). Puis le tracé aborde la tête de l’Hydre (Hydra), ce qui est plutôt réjouissant pour un chasseur de monstres comme moi[5]. Le compas frôle ensuite le ventre de l’Hydre, traverse la constellation de la Coupe (Crater) et celle du Corbeau (Corvus), puis longe la queue de l’Hydre, encore elle. La course du compas se poursuit vers le Scorpion (Scorpius) puis vers le Serpentaire (Ophiuchus) et le Serpent (Serpens). Le compas frôle la constellation du Dauphin (Delphinus). Enfin le trait, telle une flèche, traverse Pégase (Pegasus), le cheval ailé, et finit par buter sur le Bélier qui est le début et la fin du cercle.

Alpha Draconis est le centre du Zodiaque des Druides.

 

Alpha Draconis est le centre du Zodiaque des Druides. ©JPS2016

L’Alpha et l’Oméga, tel le serpent qui se mord la queue ou ouroboros qui représente les cycles perpétuels, l’éternel recommencement. L’ouroboros est un symbole très ancien que l’on rencontre dans de nombreuses cultures sur tous les continents.

LE SERPENT QUI SE MORD LA QUEUE

Il symbolise une roue cosmique qui ne cesse de tourner sur elle-même.

Animateur universel, l’Ouroboros n’est pas seulement le promoteur de la vie, il est aussi celui de la durée : il crée le temps, comme la vie, en lui-même. On le représente souvent sous la forme d’une chaîne torsadée, chaîne qui est celle des heures. Entrainant le mouvement des astres, il est sans doute la première figuration, la mère du zodiaque[6].

Ouroboros dessiné sur un manuscrit médiéval byzantin.

Ouroboros dessiné sur un manuscrit médiéval byzantin. (Wikimedia Commons).

Ce cercle figure une ronde des animaux. Ce qui est d’ailleurs la définition du zodiaque. Du grec zôdiakós qui signifie « [cercle] de petits animaux ». Mais un zodiaque très différent de celui qui est connu de tous. Le Zodiaque des Druides !

LE ZODIAQUE DES DRUIDES

C’est extraordinaire de pouvoir découvrir rien de moins que le secret des druides. C’est un zodiaque oublié depuis des millénaires qui a pris forme sous mes yeux. C’est ainsi armé d’un compas et protégé par un frêle bouclier en papier couvert d’étoiles que je me suis avancé vers l’antre du dragon. Et chose extraordinaire, l’antique serpent a fini par répondre et livrer son secret. C’est pendant près de vingt ans que j’ai déchiffré les informations contenues dans ce cercle trouvé presque par hasard. Le travail d’une vie.

Pour faciliter la lecture de ce nouveau zodiaque, il faut le mettre sous la forme d’une roue à rayons.

LES CONSTELLATIONS DES CELTES. Les constellations composant le Zodiaque des Druides.

Les constellations composant le Zodiaque des Druides. Source : JPS2015

L’ÈRE DU DRAGON

À l’évidence, il ne s’agit pas du zodiaque traditionnel que nous connaissons depuis toujours. C’est pourquoi quelques remarques s’imposent. Premièrement, il s’agit d’un zodiaque très ancien (autour de 2700 avant J.-C.), ensuite ce zodiaque ne semble que temporaire puisque alpha Draconis n’indique plus le pôle Nord céleste depuis bien longtemps[7]. C’est la raison pour laquelle on peut le dater entre 3200 et 2200 avant J.-C. Le constat est simple, l’ère du Dragon couvre au maximum mille ans.

Gravure de la constellation du Dragon

La constellation du Dragon (Draco) d’après Johann Bayer, Uranometria, 1603 (Source Wallhapp.com).

Un court moment à l’échelle du temps, mais qui a marqué son époque et les siècles et millénaires à venir. Les druides ont été les derniers dépositaires de ce secret. Avec leur disparition, ce savoir traditionnel est tombé dans l’oubli.

SERPENTS ET DRAGONS

Une deuxième remarque semble pertinente, avec le Dragon, l’Hydre et le Serpent, l’élément ophidien est omniprésent dans ce zodiaque. D’ailleurs la constellation de l’Hydre occupe à elle seule un quart du cercle, c’est dire son importance. Plusieurs étapes seront encore nécessaires pour arriver au zodiaque final qui servira de base pour décrypter le secret des druides. Il ne suffit pas de découvrir un diamant brut, encore faut-il le tailler pour lui donner une valeur inestimable. Il en va de même pour le joyau trouvé dans la queue du dragon qui une fois sorti de sa gangue de pierre, brillera de mille feux grâce à ses innombrables facettes. Le Dragon céleste reste le centre et l’origine du Zodiaque des Druides. Autour de lui se forme un cercle sur lequel se situent des constellations qui à l’exception du Bélier et du Taureau sont en grande partie différentes du zodiaque qui nous est familier depuis toujours. Douze signes plus un treizième Ophiuchus, le Serpentaire qui manipule le zodiaque.

LES CONSTELLATIONS DES CELTES. Le Zodiaque des Druides comporte treize constellations.

Le Zodiaque des Druides comporte treize constellations. Source JPS2015

LA TREIZIÈME CONSTELLATION

Ce sont donc treize signes qui ornent la circonférence de ce cercle et non pas douze comme dans le zodiaque traditionnel. Sauf que :

À nos yeux, le soleil, la lune et les planètes semblent se mouvoir sur l’arrière-plan étoilé, le long d’une très étroite bande de ciel, car elles gravitent toutes sur le même plan ou peu s’en faut. Les étoiles importantes de cette zone sont divisées en douze constellations du « zodiaque » –– terme grec signifiant « cercle des créatures » (la Balance est le seul symbole zodiacal non-animé). En astronomie, il existe une treizième, Ophiuchus, dans laquelle les planètes (mais aussi le Soleil et la Lune) s’aventurent également ; les astrologues n’en tiennent cependant jamais compte[8].

LE SERPENTAIRE

Ainsi le zodiaque traditionnel, comporte, lui aussi, une treizième constellation, la même que dans le Zodiaque des Druides : Ophiuchus, le Serpentaire.

Mais qui est ce serpentaire ?

Ophiuchus, entrelacé dans la constellation du Serpent, couvre un large domaine du ciel et offre de nombreux objets intéressants, dont les nuages d’étoiles les plus riches de la Voie lactée. Ophiuchus, dont le nom vient du grec (« porteur de serpents ») est habituellement identifié à Esculape, dieu de la médecine. Une légende raconte que c’est un serpent qui enseigna à Esculape le pouvoir médicinal des plantes. Esculape devint alors si compétent dans l’art de la médecine qu’il ressuscitait les morts, ce qui portait un grave préjudice à Hadès, le dieu des Enfers. Hadès persuada alors Zeus, son frère, de sacrifier Esculape en le tuant d’un coup de foudre. Zeus pour se faire pardonner, installa Esculape dans la voûte céleste, accompagné de son serpent[9].

Ophiuchus est également connu sous le nom d’origine latine de Serpentaire.

LES CONSTELLATIONS DES CELTES. Carte du ciel avec les constellations Ophiuchus et Serpent (Serpens) en rouge.

Carte du ciel avec les constellations Ophiuchus et Serpent (Serpens) en rouge. Source : Carte du ciel Sirius ©Freemedia, Bern.

Cette constellation représente un homme portant un serpent à bout de bras. Ce qui signifie que le serpent à tête de bélier du chaudron de Gundestrup est une figuration de la constellation du Serpent. Le Serpentaire divise la constellation du Serpent en deux parties : la tête et la queue.

Constellation d' Ophiuchus et du Serpent dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d'Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690.

Constellation d’ Ophiuchus et du Serpent dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d’Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690. Source : ciel-de-nuit.com

LE CHAUDRON DE GUNDESTRUP

Existe-t-il également un Serpentaire dans la tradition celtique ?

La réponse est oui, même si le mythe le concernant a disparu. Ce motif mythologique se retrouve sur un objet appelé le chaudron de Gundestrup. Ce chaudron est d’une importance capitale ne pour comprendre les croyances des druides.

CERNUNNOS (CHAUDRON DE GUNDESTRUP). Plaque du Maître des animaux. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.

Ophiuchus/Cernunnos. Plaque du Maître des animaux. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.

Ce personnage étrange est le Maître des serpents et des animaux[10], projeté dans le ciel il devient le seigneur du cercle des animaux célestes, autrement dit le maître du Zodiaque des Druides. Ce n’est pas un animal, même s’il porte des cornes de cerf, c’est pourquoi il ne fait pas partie du zodiaque et ne sera pas retenu dans celui-ci.

LA ROUE DU TEMPS

Finalement le Zodiaque des Druides se compose de douze constellations. En ayant éliminé le même personnage — Ophiuchus — que dans le zodiaque traditionnel. Pourtant cette élimination ne signifie pas la disparition de ce dieu, mais souligne au contraire l’importance de cette divinité. Il est définitivement à part. Puisque le dieu cornu est celui qui tient la roue du temps.

La roue du temps comporte huit rayon, un pour chaque fête. Le dieu père remet le calendrier druidique sous forme de roue à son fils. Plaque du chaudron de Gundestrup

Taranis transmet à son fils Cernunnos la roue du temps à huit rayons, un calendrier contenant les huit grandes fêtes celtiques. Comme sur l’image précédente Cernunnos est cornu, mais surtout il affiché avec son animal fétiche le serpent à tête de bélier, ce qui le rend immédiatement reconnaissable. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.

UN DIAMANT BRUT

L’étape suivante est d’affiner la taille du diamant en traduisant les noms grecs en français et en donnant un nom commun aux animaux qui forment la ronde zodiacale. Ainsi Pégase devient un cheval, Canis Minor un simple chien et l’Hydre un serpent femelle[11], autrement dit une serpente. Dorénavant le terme « serpente » sera utilisé pour la suite de l’article pour éviter toute confusion avec la constellation du Serpent (Serpens) qui se trouve également sur le tracé du Zodiaque des Druides. Il faut éliminer les dénominations grecques et qui sont rattachés à des mythes grecs. Car ces constellations existaient bien avant que les hellènes leur aient donné des noms et un druide qui se référait à la constellation du cheval ailé ne pensait pas forcément au Pégase grec et au mythe spécifique qui en découle.

Voici ce zodiaque modifié.

LES CONSTELLATIONS DES CELTES. Le Zodiaque des Druides avec les noms français et les noms communs pour les animaux peuplant le cercle druidique.

Le Zodiaque des Druides avec les noms français et les noms communs pour les animaux peuplant le cercle druidique. Source : JPS2015

UN SERPENT AQUATIQUE

L’Hydre est découpée en plusieurs segments, la tête, le ventre sur laquelle est posée la Coupe, une partie de la queue sur laquelle est juché le Corbeau et pour finir le bout de la queue qui occupe une place à part dans ce zodiaque.

LES CONSTELLATIONS DES CELTES. Constellation de l'Hydre dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d'Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690.

Constellation de l’Hydre dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d’Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690. À noter que la constellation du Sextant est une invention récente et n’a aucune signification mythologique.

Le mot féminin húdra dérive de húdōr (« eau ») et signifie « serpent d’eau ». L’Hydre fut engendrée par Typhon, un serpent monstrueux, et Échidna, une créature moitié femme et moitié serpent, mère de nombreux monstres de la mythologie grecque.

LA CONSTELLATION DU CERF

Dans ce zodiaque à l’état d’ébauche, il y a une constellation qui pose problème : le Scorpion. Pourquoi ?

Parce que tout simplement le scorpion n’existait pas en tant que tel dans les contrées qui ont vu la naissance du zodiaque préhistorique. Trop froid, trop au nord[12]. Il y a donc un autre animal qui a pris sa place. Lequel ? C’est Raimonde Reznikov qui révèle la solution de l’énigme.

Jadis une constellation du cerf occupait l’espace de nos actuelles constellations de la Balance et du Scorpion. Au IVe millénaire avant notre ère, lorsque le Taureau indiquait le printemps, le Cerf marquait l’automne[13].

LE CERF VOLANT

Il faut bien avouer que les deux animaux, cerf et scorpion, ne se ressemblent pas. Alors un début d’explication pourrait être le fait que lors des migrations du Ve millénaire avant notre ère en provenance du Proche-Orient, les colons ont cherché l’équivalent du scorpion dans la faune nord-européenne[14]. Le seul animal qui offre une vague ressemblance par l’aspect et la taille avec le scorpion et qui pourrait servir le cas échéant de remplaçant est le Lucane ou Cerf-volant (lucanus cervus).

Lucane ou Cerf-volant (lucanus cervus) à gauche, scorpion à droite.

Lucane ou Cerf-volant (lucanus cervus) à gauche, scorpion à droite.

Cet insecte particulièrement impressionnant peut atteindre jusqu’à 9 cm de long et est doté de grosses mandibules qui peuvent ressembler aux pinces des scorpions. Il ne lui manque que le dard. Or, Il fallait bien trouver un élément de comparaison aux jeunes générations nées en Europe et qui n’avaient jamais vu de scorpions. Mais comment est-on passé du cerf-volant au cerf ?

Le lucane (Lucanus cervus) est couramment appelé Cerf-Volant (pour le mâle) ou Grande Biche (pour la femelle). Le mâle est doté de mandibules spectaculaires par leur taille, dont la forme évoque des bois de cerf.

LE DIEU CORNU

Il ne faut pas oublier que l’Europe n’était pas vide à l’arrivée des premiers agriculteurs originaires du Proche-Orient. Il y avait des tribus de chasseurs de cerf, notamment le renne, qui peuplait les vastes contrées nordiques de notre continent. Or, la grotte des Trois-Frères en Ariège témoigne de l’existence d’une figure divine portant des cornes de cerf.

Le chamane dansant de la grotte des Trois-Frères.

Le chamane dansant de la grotte des Trois-Frères. Les interprétations divergent, certains l’ont vu comme un sorcier pratiquant un rite magique, ou un dieu des animaux dit le « dieu cornu  », ou encore comme un chamane en transe. Certaines interprétations ne sont pas incompatibles. On peut avancer l’idée qu’un chamane en transe peut revêtir l’apparence des divinités qu’il rencontre lors de son voyage dans l’Autre Monde. (Wikimedia Commons).

Ainsi, le cerf, animal sacré des autochtones, et le cerf-volant/scorpion, animal zodiacal des nouveaux arrivants, ont fusionné au cours du temps pour donner une nouvelle constellation dans le ciel. La constellation du Cerf.

Il est également intéressant de noter qu’un cerf-volant, c’est à dire un cerf ailé, ornait les armoiries du roi de France Charles VI (1368-1422).

Frontispice du Songe du vieil Pélerin de Philippe de Mézières, Paris, BnF, Bibliothèque de l’Arsenal, Ms. 2682, fol. 34, vers 1385.

LA CONSTELLATION DU SERPENTAIRE

Les Celtes se sont entièrement inspirés de ces figures stellaires préhistoriques puisque sur le chaudron de Gundestrup, on retrouve à côté de la constellation du Serpentaire (Ophiuchus) un grand cerf et non pas un grand scorpion comme on pourrait s’y attendre.  Tandis que le serpentaire lui-même a pris les traits du dieu aux cornes de cerf qui régnait avec la Grande Déesse sur le panthéon des chasseurs de cervidés du mésolithique[16].

Ophiuchus et le Scorpion (gravure ancienne), Ophiuchus et le Cerf sur le chaudron de Gundestrup.

Ophiuchus et le Scorpion (gravure ancienne), Ophiuchus et le Cerf sur le chaudron de Gundestrup.

LE SEXE DES ÉTOILES

Une autre étape importante pour comprendre le Zodiaque des Druides est de définir la polarité mâle ou femelle des constellations. Si le Bélier, le Taureau, le Chien, le Cerf, le Serpent et l’Aigle ne posent pas de problèmes et sont des animaux mâles. Il n’en va pas de même pour les constellations de la Coupe, du Corbeau, du Dauphin et du Cheval Ailé.

UN CHEVAL AILÉ

Il faut commencer par ce dernier ; qu’en dit Ératosthène, astronome, géographe, mathématicien et philosophe du IIIe siècle av. J.-C.

Johann Bayer, Pégase (Pegasus), 1603.

Johann Bayer, Pégase (Pegasus), 1603. (Wikimedia Commons).

On ne voit du Cheval que sa partie antérieure jusqu’au nombril. D’après Aratos, il s’agit du cheval d’Hélicon, qui fit jaillir d’un coup de sabot la source qu’on appelle, de ce fait, Hippocrène (« Source du Cheval »).

Mais selon d’autres, il s’agit de Pégase, le cheval qui s’envola jusqu’aux étoiles après la chute de Bellérophon ; néanmoins, certains trouvent cette interprétation peu crédible, dans la mesure où la figure ne porte pas d’ailes.

Quant à Euripide, il soutient, dans sa Mélanippè, qu’il s’agit de Hippè, la fille de Chiron qu’Éole abusa et déflora, et qui dut s’enfuir dans la montagne à cause de la rondeur de son ventre. Elle était sur le point d’accoucher quand son père partit à sa recherche dans la montagne ; lorsqu’elle fut découverte, elle pria les dieux d’être métamorphosée en cheval pour qu’on ne la reconnût pas. Aussi en raison de sa piété et de celle de son père, fût-elle placée par Artémis parmi les constellations, et c’est pourquoi il est impossible au Centaure de l’apercevoir ; on dit, en effet, que le Centaure n’est autre que Chiron. Les parties postérieures de Hippè sont invisibles, afin que l’on ne sache pas qu’elle est de sexe féminin[17].

Que faut-il retenir de ce texte du savant grec ? Tout simplement que la constellation de Pégase n’est pas forcément Pégase, que ce n’est même pas un cheval ailé et que de surcroit, c’est une jument. Donc contrairement à ce que l’on en pense en général, cet animal céleste est un équidé femelle…

Le cheval ailé est également présent sur le chaudron de Gundestrup.

Cernunnos et le cheval ailé (à droite). Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré.

Cernunnos et le cheval ailé (à droite). Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet

LE MYTHE DU SERPENT PYTHON

Après le cheval, il est temps de s’occuper de l’Hydre, de la Coupe et du Corbeau. Il faut étudier ces constellations ensemble parce qu’elles racontent une seule même histoire : Il s’agit dans la mythologie grecque de la prise du sanctuaire de Delphes. Voici un résumé succinct du mythe d’Apollon.

Lorsque Héra apprit que Léto était enceinte des œuvres de Zeus, elle demanda à la Terre d’enfanter un monstre, Python, chargé de poursuivre Léto sans relâche. Pourtant, grâce à Poséidon, Léto réussit à se cacher et accoucha d’Artémis et d’Apollon. Ce dernier, en quatre jours, parvint à la taille adulte. Il se rendit à Delphes et rencontra, au pied de mont Parnasse, le serpent Python, qui avait tant persécuté sa mère. Il le pourchassa, pénétra à sa suite dans le temple où siégeait l’oracle de la Terre-Mère et le perça de ses flèches[18].

LA QUÊTE DU GRAAL

Or ce mythe est inscrit en toutes lettres dans ce grand livre qu’est la voûte étoilée.

LES CONSTELLATIONS DES CELTES. Constellation de l'Hydre dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d'Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690.

Constellation de l’Hydre dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d’Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690.

Tout d’abord, il faut identifier les protagonistes de cette histoire. L’Hydre n’est autre que le serpent Python et le corbeau est un avatar du dieu Apollon. Lors du combat de Zeus contre Typhon, les dieux grecs s’enfuient en Égypte et prennent pour mieux se dissimuler une forme animale. À cette occasion Apollon se métamorphosa en corbeau. D’ailleurs une inscription qualifie Apollon de Kórax « Corbeau »[19]. Ce mythe raconte le remplacement du culte du dragon céleste des autochtones par le culte d’Apollon, le dieu des envahisseurs indo-européens. Mais les étoiles nous indiquent un élément de plus, la coupe. C’est cet objet, qui n’est pas sans rappeler le Graal, qui est l’enjeu du combat.

Apollon affrontant le serpent Python. Entre les deux, le chaudron à trois pieds symbole de Delphes, Statère, Crotone, Lucanie, vers 420 av. J.C.

Apollon affrontant le serpent Python. Entre les deux, le chaudron à trois pieds symbole de Delphes, Statère, Crotone, Lucanie, vers 420 av. J.C.

UNE EXPÉDITION GAULOISE VERS DELPHES

Les Celtes connaissent un récit similaire. Car en l’an 280 avant notre ère une expédition gauloise s’empare du sanctuaire de Delphes et en pille les trésors sacrés. Le chef de cette expédition se nomme Brennus[20], nom qui signifie le « corbeau[21] ». C’est donc la même histoire qui se répète en Grèce comme chez les Celtes : un corbeau (Apollon ou Brennus) s’empare d’un précieux talisman dans le sanctuaire du serpent.

LE MYSTÈRE DELPHIQUE

Toutes ces constellations ramènent à Delphes, le sanctuaire de la Déesse-Mère. Car Apollon combat le serpent Python. Ce dernier pose problème puisqu’il est un serpent mâle. Cependant le nom du centre du monde grec provient pourtant du nom de la compagne de Python : la serpente Delphyné[22]. Or, Delphes et Delphyné[23] semblent provenir des mots delphús la « matrice » et de *delphô « être enceinte »[24]. Il ne faut pas oublier que dans le Zodiaque des Druides, la Coupe — un contenant — est posée sur le ventre de l’Hydre femelle. De même, en face de la Coupe et du ventre de la serpente on peut retrouver la constellation du Dauphin, en grec delphis. Toutes ces constellations semblent avoir un lien avec l’idée de féminité et de procréation. Or dans les plus vieilles versions du mythe de Python, comme l’Hymne homérique à Apollon, Apollon affronte et tue un dragon femelle appelé Delphiné.

LE CORTÈGE DU GRAAL

Le personnage qui porte la coupe dans les récits mettant en scène le Graal est toujours une jeune femme. L’érudite anglaise, médiéviste et folkloriste, Jessie Weston (1850-1928) a mis en avant dans ses travaux la valeur symbolique sexuelle du Graal, coupe ou chaudron, qui représente l’élément féminin.

LE GRAAL. Arrivée de Perceval au château du Graal et Cortège du Graal.

La Porteuse du Graal. Arrivée de Perceval au château du Graal et Cortège du Graal, Manuscrit sur parchemin, Auteur Chrétien de Troyes (vers 1135-vers 1185), Roman écrit vers 1181-1185, manuscrit copié vers 1330. Source : Bibliothèque Nationale de France.

Il n’est pas anodin que cette coupe repose sur le ventre de l’Hydre qui est une figuration de Delphyné, la compagne de Python.

[…] le graal-coupe représente l’utérus de la déesse-mère, celle qui donne la vie à toutes les créatures du monde[25].

En définitive on voit apparaître devant nos yeux un zodiaque dont les genres sont clairement définis.

LES CONSTELLATIONS DES CELTES.

Le corbeau pose problème. Source : JPS2015

LE SERPENT PRIMORDIAL

Sauf pour le corbeau qui présente une anomalie. Il suffit de regarder le graphique suivant.

LES CONSTELLATIONS DES CELTES.

Si les axes qui forment une croix celtique (Bélier-Serpente, Aigle-Serpente) semblent à la fois mâles et femelles et présentent les caractéristiques des dieux primordiaux qui sont androgynes.

L’être primordial à partir de qui furent manifestées toutes choses au commencement, est typiquement ophidien, ce qui concerne aussi bien les aspects masculins que féminins de la bi-unité divine[26].

L’auteur de cette citation, Ananda K. Coomaraswamy, démontre dans son ouvrage, La doctrine du sacrifice, que le Dieu primordial est à l’origine représenté sous forme de serpent.

On peut montrer, d’après le Rig-Vêda ou d’autres textes, que Dieu dans la Ténèbre — alors non manifesté, non agissant, ab intra-est conçu sous une forme qui n’est ni humaine ni angélique, mais animale, en particulier sous celle d’un serpent en couvée ou d’un dragon crachant du feu, tapi dans une grotte ou couché sur une montagne, défendant un trésor ou empêchant les Fleuves de vie de couler[27].

UN HÉROS PANCELTIQUE

Par contre sur les autres axes intermédiaires la polarité mâle ou femelle semble clairement définie. Ils sont soit l’un soit l’autre. Si l’on reste dans cette logique, alors le signe du Corbeau devrait être du genre féminin et devenir une Corneille. Le dieu ou héros portant le nom du corbeau (branos) n’est pas rare dans la mythologie celtique, ils figurent même parmi les plus importants. Il faut citer Brennus qui part en expédition et qui s’empare de Rome en l’an 387 avant notre ère. Il existe un second Brennus des environ de l’an 280 avant notre ère qui aurait pris et pillé Delphes, le plus important des sanctuaires grecs. Au Pays de Galles existe un important personnage du même nom, Bran le Béni qui organise une expédition en Irlande pour venger sa sœur Branwen « corneille blanche ». Dans la mythologie irlandaise, Bran fils de Fébal entreprend une navigation vers les îles merveilleuses. Dans l’histoire des rois de Bretagne de Geoffroy de Monmouth un certain Brennius se dispute avec son frère Belin la royauté sur l’île de Bretagne. Une divinité, parmi les plus importantes du monde celtique, est également bâtie sur le nom du corbeau (lugos), il s’agit du dieu Lug[28].

LA DÉESSE CORNEILLE

Il faut maintenant s’intéresser à la corneille. Il existe en Irlande une Triple Déesse dénommé Morrigane ce qui signifie « Grande Reine ». C’est une déesse de la guerre, également appelée Bodb « corneille » ou Macha « plaine ». Morrigane/Bodb apparait sous la forme d’une corneille lors de la mort du plus fameux héros irlandais Cúchulainn et se pose sur l’épaule du mourant. Sur les champs de bataille, ce sont les corbeaux et les corneilles qui en tant que charognards se nourrissait des cadavres des guerriers morts et emportaient leur âme au ciel.

Statue de Cúchulainn mourant avec une corneille sur l’épaule A l’intérieur de la General Post Office de Dublin. (Photo : Stair na hÉireann / History of Ireland)

LA DÉESSE CHEVAL

Quant à Macha, elle est une déesse-jument qui dans un récit irlandais se mesure aux chevaux d’un roi en faisant une course contre eux. En voici le résumé :

Macha est une fée[29] qui est venue s’installer chez le veuf Crunniuc. La fortune du paysan s’accroit de jour en jour. Macha est enceinte et prête à accoucher quand Crunniuc part à l’assemblée des Ulates[30]. Au cours de l’assemblée, il fait un pari stupide prétendant que sa femme Macha court plus vite que les chevaux du roi. Le roi furieux ordonne de faire venir la femme. Elle demande un délai en faisant valoir son état. Le roi se montre intraitable, il faut qu’elle fasse la preuve de ce qu’avance Crunniuc. Alors Macha dit :

Qu’il en soit fait comme vous le voulez, mais à cause du mal que vous me faites, vous en subirez un plus grand.

La course s’engage. Macha arrive la première, mais elle accouche devant la tête des chevaux, de deux jumeaux, à l’emplacement de la ville qui sera capitale de l’Ulster et qui sera appelée Emain Macha, c’est-à-dire « les jumeaux de Macha ». Et en vertu de la malédiction de Macha, les Ulates subissent au moins une fois dans leur vie les douleurs de l’enfantement[31].

Il n’est pas dit dans ce récit, mais fortement sous-entendu, que Macha se transforme en jument pour affronter les autres chevaux.

LA GRANDE DÉESSE

Ainsi, si Bodb est une corneille, Macha est une jument. Au pays de Galles on retrouve également une déesse-jument en la personne de Rhiannon, nom qui signifie « Grande Reine ». Dans un récit des Mabinogion, elle met au monde un fils qui disparaît dès sa naissance, remplacé par un poulain. Elle est accusée du meurtre de son enfant[32] et jugée. Sa punition sera exemplaire : durant sept ans elle devra raconter sa mésaventure aux étrangers de passage et leur proposer et de les porter sur son dos jusqu’à la cour du roi.

La déesse Épona est toujours associée au cheval. Épona (Contern, Grand-Duché de Luxembourg (pays des Trévires). (Wikimedia Commons).

UNE DÉESSE GUERRIÈRE

Dans ce récit l’aspect équin est poussé à l’extrême, tout d’abord avec le remplacement du fils par un poulain puis par le fait qu’elle porte des visiteurs sur son dos comme un cheval. Or cette Rhiannon est intéressante à plus d’un titre puisque qu’elle est non seulement une déesse-jument mais elle possède également trois oiseaux : les oiseaux de Rhiannon qui par leur chant réveillent les morts et endorment les vivants. Après l’axe Coupe-Dauphin qui souligne l’aspect maternel de la Déesse-Mère. C’est avec les déesses Morrigane, Bodb, Macha et Rhiannon que semble s’imposer l’hypothèse d’un axe correspondant à la Grande Reine. Une déesse guerrière qui peut apparaître sous la forme d’un cheval ou d’une corneille. Voici donc le zodiaque des druides définitif sur lequel il faut travailler.

LES CONSTELLATIONS DES CELTES.

CONCLUSION

Avant de décrypter le Zodiaque des Druides, il convient de consacrer un article au roi des serpents. Car il est bien connu dans les mythes et légendes que le dragon est le gardien des secrets. Comme le dragon est le maître des cieux préhistoriques, il faut lever la tête et contempler le ciel et ses étoiles pour trouver une réponse. Car tout est inscrit dans les étoiles. La voûte céleste est comme un livre. Il suffit de connaitre l’alphabet et on peut commencer à lire. Après une étude minutieuse du ciel étoilé ou à défaut d’une carte du ciel avec ses nombreuses constellations Ce sont bientôt des divinités ou des scènes mythologiques celtes entières qui apparaissent. Car ce sont les étoiles qui permettent de déchiffrer le chaudron de Gundestrup, de résoudre le problème du calendrier celtique et de ses fêtes décalées ou encore d’expliquer l’extraordinaire épopée du Graal. Il faudrait plusieurs vies pour découvrir tous les secrets des druides liés aux étoiles. Mais il faut cependant revenir au Zodiaque, il permettra de divulguer quelques-unes des divinités parmi les plus mystérieuses légués par l’époque celte. De nous apprendre la signification profonde des figurations comme le serpent à tête de bélier, du taureau à trois cornes, du dieu à ramure de cerf, de la Tarasque de Noves ou du Jupiter à l’anguipède. Tout cela et bien d’autres motifs iconographiques trouveront leur explication dans le déchiffrement du Zodiaque des Druides.

Les questions sont nombreuses et les réponses, fort surprenantes. C’est grâce à l’astronomie que l’on peut décrypter une grande partie de ces mystères qui viennent du fond des âges.

©JPS2025 (texte écrit en 2015, remanié en 2025)

[ACCUEIL]

NOTES :

[1] Wolfram von Eschenbach, Parzival, Tome II, Traduction Ernest Tonnelat, Éditions Aubier Montaigne, Paris, 1977, p.24.

[2] César, Guerre des Gaules, Livre VI, 14, Traduction L.-A. Constans, Les Belles Lettres, Paris, 1989.

[3] L’arbre ou le pilier cosmique des Anciens.

[4] Ce qui est à la portée de chaque lecteur, nul besoin de télescope ou d’autres instruments astronomique sophistiqués, ni de savants calculs ou même d’algorithmes complexes. Une carte du ciel et un simple compas suffisent.

[5] Tout au long de ma vie, j’ai fait des recherches sur les monstres des mythologies du monde entier. Les centaures, le minotaure, les sphinx, les chimères et les griffons, les dragons et les licornes, les loups-garous et les vampires. Sans oublier le monstre du Loch Ness et le Yéti. Tout ce bestiaire merveilleux m’a toujours intrigué et fasciné. C’est cet amour des monstres et de leurs mythes qui m’a permis de déchiffrer le Zodiaque des Druides. J’ai créé un site dédié aux monstres de la mythologie, de la littérature et des contes et légendes. Voir Monstres et Merveilles.

[6] Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Éditions Robert Laffont, Paris, 1997, p. 869.

[7] C’est pourquoi il est hors de propos recréer un quelconque horoscope avec les positions des étoiles du zodiaque préhistorique puisque le ciel en question à disparu il y a quelques millénaires et ne reparaîtra pas avant une dizaine de milliers d’années. Il permet tout simplement de mieux comprendre la religion des druides, car la mythologie des druides est inscrite dans ce grand livre qu’est le ciel étoilé.

[8] Geoffrey Cornelius et Paul Devereux, Le langage des étoiles, Éditions Gründ, Paris, 2004, p.41.

[9] David h. Levy, Guide pratique de l’astronomie, Sélection du Reader’s Digest, Paris, 1995.

[10] Ce personnage, grâce au savoir du serpent pouvait-il à l’instar d’Esculape ressusciter les morts ? Sur le chaudron de Gundestrup, le serpent semble révéler ses secrets à l’oreille du dieu cornu. Dans le chamanisme, sud-américain notamment, la figure du serpent et la connaissance des plantes médicinales sont intimement liées

[11] Hydra est également appelée Hydre femelle pour éviter la confusion avec Hydrus, l’Hydre mâle, constellation située près du pôle sud céleste, donc invisible dans l’hémisphère nord. Cette constellation apparaît pour la première fois dans l’atlas du ciel publié en 1603. Aucun mythe n’est bien sûr rattachable à cette petite constellation inconnue dans l’Antiquité, ce qui n’est pas le cas de l’immense Hydre femelle qui est la plus vaste et longue des constellations répertoriées.

[12] En France par exemple le scorpion reste cantonné à la zone méditerranéenne.

[13]Raimonde Reznikov, Les Celtes et le druidisme, Éditions Dangles, St-Jean-de- Braye (France), 1994, p.260.

[14] Le zodiaque tel que nous le connaissons existe depuis des temps immémoriaux en Mésopotamie.

[16] Durant tout le mésolithique (en Europe de -15000 à – 5000 avant notre ère) et bien avant encore, les chasseurs de cervidés et leur dieu aux bois de cerf régnèrent en maître en Europe. Peu nombreux ils ont été submergés petit à petit par des vagues d’immigrations venues du Proche-Orient, non sans avoir influencé les croyances des nouveaux venus. Le passage du dieu aux cornes de cerf dans le zodiaque des orientaux et sa survivance jusqu’au Celtes en est la preuve.

[17] Ératosthène, Le ciel, Mythes et histoire des constellations, Traduction Pascal Charvet et Arnaud Zucker, Nil Éditions, Paris, 1998, p.93.

[18] Félix Guirand et Joël Schmidt, Mythes & Mythologies, Larousse-Bordas, Paris, 1996, p.823.

[19] Bernard Sergent, Le livre des dieux, Celtes et Grecs II, Éditions Payot et Rivages, Paris, 2004, p.180. Le dossier concernant la relation entre Apollon et le corbeau est important le lecteur intéressé peut consulter le livre de Bernard Sergent pour de plus amples explications.

[20] Le chef gaulois aurait été mortellement blessé au pied lors des combats et aurait demandé à ses compagnons de le tuer.

[21] Dans toutes les langues celtiques bran signifie corbeau.

[22] Cité qui porte ce nom en l’honneur du monstre Delphyné. Voir Robert Graves, Les mythes grecs, Tome I, Hachette, Paris, 1999, p.86.

[23] Delphyné n’est pas seulement la compagne du serpent Python, mais elle joue également un rôle dans le mythe du combat de Zeus contre le dragon Typhon, où elle est décrite comme un monstre femelle aux jambes de serpents. Voir Robert Graves, Les mythes grecs, Tome I, Hachette, Paris, 1999, p.148.

[24] Bernard Sergent, Le livre des dieux, Celtes et Grecs II, Éditions Payot et Rivages, Paris, 2004, p.107.

[25] Jean Markale, Le Graal, Éditions Albin Michel, Paris, 1996, p. 416.

[26]Ananda K. Coomaraswamy, La doctrine du sacrifice, Dervy, Paris, 1997, p.108.

[27] Ananda K. Coomaraswamy, La doctrine du sacrifice, Dervy, Paris, 1997, p.78.

[28] Bernard Sergent, Le livre des dieux, Celtes et Grecs II, Éditions Payot et Rivages, Paris, 2004, p.182.

[29] Dans l’Irlande christianisée, il n’y a plus de place pour une déesse qui devient une fée. Elle n’en perd pourtant pas ses pouvoirs de lancer une malédiction sur tout un peuple.

[30] Peuple irlandais, plus précisément d’Ulster.

[31] Jean Markale, La femme celte, Éditions Payot, Paris, 1992, p.116.

[32] Il n’en est rien puisque le fils de Rhiannon deviendra le roi d’une province galloise.

Zodiaque — Wikipédia

 

 

 

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