RENCONTRES INSOLITES (5/5)

PAS DE YÉTI, MAIS…

Je croyais en avoir fini avec les bestioles. Mais non ! Et elles deviennent toujours plus grosses…

Nous avons fait un voyage à travers le Népal avec ses villages de montagnes, ses jungles et ses vieilles villes aux temples magnifiques.

CHITWAN

Dans le Téraï, une région située dans la partie sud du pays, peuplé par les membres de l’ethnie Tharu, nous avons observé une flore et une faune directement issue du Livre de la jungle.

NOS AMIS LES BÊTES (1/5)

Dans les rues de Sauraha, porte d’entrée du parc national de Chitwan. ©MW2023

Le parc national de Chitwan est surtout connu pour abriter une population de rhinocéros indien.

Dans ce parc, on peut observer les rhinocéros de très près.

NOS AMIS LES BÊTES (1/5)

Safari à dos d’éléphant. ©MW2023

Néanmoins, la plupart des visiteurs les voient de loin, juste une petite tache grise dans le paysage que l’on peut observer avec des jumelles. Pourtant un de ces rhinocéros avait élu domicile dans un mare près de notre hôtel. Ainsi, nous avons pu l’observer à loisir à une trentaine de mètres. Une vraie aubaine.

NOS AMIS LES BÊTES (1/5)

Tranquille dans sa mare à se faire picorer le dos ©MW2023

Là, il nous a repéré. ©MW2023

Le rhinocéros ne voit pas grand chose, mais il a l’ouïe fine avec ses grandes oreilles. MW2023

Un soir, nous sommes revenus d’un spectacle très réussi donné par des danseurs locaux. Nous avons entendu de gros bruits de mastication à quelques pas de notre chambre. Un rhinocéros croquait à belle dents des plantes et leurs racines. Par moment, il était si près qu’on aurait pu le toucher. Une rencontre impressionnante. Tout à coup, il nous a repéré. Surpris, il a levé la tête pour renifler, fait tourner ses grandes oreilles dans notre direction pour nous cibler et puis il a chargé sur deux pas. Nous étions sur un terre-plein, un mètre au-dessus du rhino. En théorie inatteignable pour l’animal. Cependant, si un rhinocéros de près de deux tonnes fait mine de vous charger, vous faites automatiquement un pas en arrière, je vous la garantis. Ensuite l’animal s’est calmé et a repris son occupation principale, manger la végétation visiblement succulente des abords du terrassement. Entretemps, sont venus nous rejoindre le cuistot et une femme de ménage de l’hôtel pour observer, fascinés comme nous, cet énorme animal. Apparemment, ce n’est pas tous les jours que l’on voit un spectacle pareil, même pour les locaux. Nous l’avons observé durant un quart d’heure, fait d’innombrables photos et quelques vidéos, mais rien de bien probant qui peut résumer une telle rencontre extraordinaire.

La vidéo n’est pas très fameuse, mais la rencontre reste inoubliable. ©MW2023

Nous avons fait plusieurs randonnées avec un guide naturaliste, mais n’avons plus jamais vu de rhinocéros d’aussi près. Nous avons également crapahuté sur un terrain difficile à travers la jungle à la recherche d’un léopard qui semblait pourtant tout proche, sans succès. C’est là que nous sommes tombés sur les traces de pas d’un tigre. Shere Khan n’est pas loin, peut-être nous a t-il observé discrètement ?

Empreinte du tigre.©MW2023

Je ne sais pas si je suis vraiment malheureux de n’avoir pas vu ce tigre, car notre guide ne portait sur lui qu’une paire de jumelles et un grand bâton. Pas sûr que ça impressionne un de ces félins. Notre guide semblait serein, peut-être, après tout, lui suffit-il de courir plus vite que ses clients du jour ?

On se demande ce qui arriverait si l’on se retrouve face à un de ces gros animaux qui peuplent cette jungle. Il y a des tigres, des léopards, des ours (l’ours est paraît-il le plus dangereux, puisqu’il attaque toujours). Mais que faire si l’on se retrouve face à un rhinocéros (il faut courir en zig zag dixit le guide) ou un troupeau d’éléphants sauvages ?

BANDIPUR

Dans une autre région, près du pittoresque village de Bandipur nous avons fait une autre randonnée. Cette fois ci, seuls, et nous nous sommes… égarés pendant près de deux heures dans la forêt. J’ai dit à ma compagne de m’attendre au sommet d’une colline pendant que j’ai exploré les alentours pour chercher un chemin praticable.

Perdu en forêt, plus de chemin nul part. ©MW2023

Il n’y avait que des ravines en très forte pente, quand tout à coup dans des craquements de bois, le feuillage des arbres a commencé bouger devant moi. Allons bon ! Au mieux c’est une harde des cerfs qui remonte la pente. Mais des cerfs ne font pas bouger les arbres jusqu’à la cime. C’est alors, avec un grand soulagement, que j’ai eu la chance de pouvoir observer — les Bandar Log, le Peuple Singe — un groupe entre vingt et trente individus qui sautaient d’arbre en arbre pour remonter la colline. Plus tard une vieille femme qui habitait une hutte dans la forêt nous a gentiment indiqué le chemin à suivre pour descendre vers le village de Dumre. J’ai demandé à un homme au bord de la route où se trouvait la prochaine station de bus pour rejoindre Bandipur. Ni une ni deux, il a arrêté une camionnette en approche et nous avons pu embarquer au milieu d’un famille rigolarde qui transportait des poules pour rejoindre la station de bus. Ensuite nous avons pris le bus local qui emprunte la montée impossible vers Bandipur. Le bus était bondé et il fallait passer par de grandes enjambées au-dessus des corbeilles et des sacs remplis de légumes ou de matériaux de construction qui encombraient l’allée centrale. Arrivé au fond du bus, une autre surprise nous attend, les sièges sont trop étroit pour de grands gabarits. Ce qui est par contre pratique, les marchands ambulants viennent directement à la fenêtre du bus pour vendre des boissons et des victuailles diverses. Moins appétissant, une vieille dame devant moi crache par la fenêtre a une rythme régulier. Comme nous sommes les seuls étrangers à bord, les locaux sont très curieux et nous demandent avidement d’où nous venons et quelle sera notre prochaine destination. La discussion s’engage tandis que le bus s’éreinte à grimper la montagne sur une route défoncée aux innombrables virages.

Après une montée cahoteuse, le bus local arrive enfin à Bandipur. C’est avec beaucoup d’humour que les bus sont appelés « DELUXE ».©MW2023

©JPS2023

Image mise en avant:

Bhairava « le Terrible » une des formes terrifiantes du dieu Shiva. ©MW2023