Rencontres insolites (1/5)
Au cours de nos voyages, nous avons eu quelques visiteurs pour le moins inattendus.
Nous avons fait quelques rencontres surprenantes avec des animaux qui ont eu la mauvaise idée de fréquenter notre chambre que ce soit dans un hôtel, un bungalow ou une chambre chez l’habitant. Au point que c’est devenu une plaisanterie entre amis. Quelle sera la prochaine bestiole qu’ils trouverons dans leur chambre ?
Sous les tropiques, la plus classique des rencontres dans une chambre reste le Gecko. Sorte de petit lézard qui se cache la plupart du temps derrière les miroirs ou les meubles. C’est un animal très utile puisqu’il dévore les moustiques et autres insectes nuisibles. Dès que l’on reste tranquille, ils sortent de leur cachette et partent en chasse en grimpant le long du mur grâce aux ventouses sous les doigts de leurs pattes. Ils lancent des cris bizarres au milieu de la nuit, on les croit si près qu’on dirait qu’ils chassent les insectes sur votre oreiller. Je ne me souviens pas d’avoir séjourné sous les tropiques sans la présence de ces sympathiques animaux dans la chambre. Dans les Backwaters au Kerala (Inde), vaste dédale de canaux, tant naturels qu’artificiels qui inclut plusieurs grands lacs. On les trouvait même dans les cabines des bateaux traditionnels en bois. Cependant, ces animaux sont trop communs pour être évoqués dans une série consacrée aux rencontres insolites.

Les geckos s’installent même sur les bateaux. De préférence près d’une source de lumière qui attire les insectes. ©MW
THAÏLANDE
En Thaïlande, nous avons séjourné sur l’île de Ko Samet pour nous remettre d’un périple épuisant à travers tout le nord du pays. L’île est située à environ 220 kilomètres au sud de Bangkok. Nous avons résidé dans un bungalow dans la jungle à quelques pas d’une belle plage de sable fin et des eaux limpides du Golfe de Thaïlande. Un bungalow en bois très confortable, si ce n’est qu’une partie du toit en paille avait été arrachée au-dessus de la douche et des toilettes par une tempête tropicale. Peu importe, c’était justement la saison sèche. Ainsi une immense voûte céleste aux étoiles scintillantes couvrait notre salle de bains. Un matin, lorsque je me suis rasé, j’ai vu du coin de l’œil un mouvement près de mon pied. Surprise ! J’ai juste eu le temps de voir la queue d’un serpent qui s’est ensuite faufilé sous le lavabo en se pressant contre le mur pour passer inaperçu. Raté ! L’animal d’une cinquantaine de centimètres tentait de remonter la cloison pour trouver un trou par lequel échapper. J’ai appelé ma compagne et nous avons observé le serpent qui s’est ensuite glissé dans un interstice entre deux pierres de parement. Je me suis ensuite rendu chez le petit-fils des propriétaires pour lui signaler notre visiteur tout de même assez étonnant. Le jeune homme, étudiant à Bangkok, s’occupait de la location des bungalows en tant que job d’été. Il m’a demandé d’un air nonchalant : « Brun ou vert, le serpent ? ».
J’ai répondu : « brun ! ».
« Alors tout va bien ! Les bruns ne sont pas dangereux, il n’y a que les verts qui sont venimeux ! ». Fort de cette leçon d’herpétologie appliquée, tout le monde est resté calme, malgré cette petite mésaventure qui sort de l’ordinaire. Nous sommes toutefois restés prudents en pénétrant dans la salle de bains puisque nous avons effectué à chaque fois un petit arrêt d’une seconde pour voir si rien ne bougeait dans la pièce. Nous étions finalement sur l’île pour faire de la plongée près des rochers au large de l’île, ce n’est pas un petit serpent qui allait gâcher notre séjour. Le lendemain matin, je voulais prendre une douche et je me retrouve face à un autre serpent, un peu plus grand et plus gros que le précédent qui essayait nerveusement de remonter les parois glissantes de la douche. Je suis de nouveau allé chez le petit-fils des propriétaires en lui disant que son bungalow est infesté de serpents. Cette fois-ci, le jeune homme s’est précipité vers le bungalow en ramassant au passage un bout de tuyau qui trainait par là. Il est entré dans la douche en tapant comme un forcené autour de lui. Le serpent a vite compris qu’il en allait de sa vie en faisant des bonds dans la douche. Finalement, après un combat de quelques minutes avec le jeune homme, l’animal a été touché à la tête et ensuite achevé. Toutefois, je lui ai fait la remarque que je pensais naïvement, qu’en tant qu’autochtone, il aurait très bien pu capturer le serpent puis le relâcher plus loin dans la jungle. Il m’a répondu :
« Vous êtes fou, j’habite en ville et je déteste les serpents ! ».
Il est vrai que si l’on n’a pas l’habitude de manipuler des serpents, ce qui est aussi mon cas, on peut se faire mordre. Une morsure, sous les tropiques, par un serpent, même non venimeux, peut entraîner une vilaine infection surtout s’il n’y a pas d’hôpital dans les environs immédiats.
Le jeune thaï nous a ensuite dit :
« Ok, je vous change de bungalow, c’est pas normal qu’il y ait des serpents ». Sage décision, pleine de bon sens.
Cependant, avant de déménager, nous avons d’abord défait soigneusement nos sacs à dos puis nous les avons de nouveau rangés pour être certain de ne pas emmener un passager clandestin dans notre nouveau bungalow. Le lendemain nous sommes partis en bateau pour observer la faune marine tandis que des membres de la famille démontait les cloisons de notre ancien logement. À notre retour, le jeune thaï nous a interpellé joyeusement en disant qu’en démontant le bungalow, ils avaient trouvé un nid de serpent sous notre lit, une sorte de caisson en bois avec un matelas dessus. Ils ont capturé la maman serpent d’une longueur de 2 m, tandis que les jeunes serpents se sont dispersés dans la nature. Hilare, il m’a montré une grosse marmite posée sur un feu et m’a indiqué en faisant la moue que ça allait être un festin pour les membres de sa famille.
« Eux, ils aiment ça, moi, c’est pas trop mon truc ! ».
Il avait tort. J’ai mangé du serpent au Viet Nam et c’est plutôt bon !
Même si ce jour-là, j’avais la gueule de bois après une soirée trop arrosée et qu’il m’a semblé que ce serpent mesurait des kilomètres de long. Pourtant, pour ne pas indisposer mon hôte, je l’ai sagement mangé jusqu’au dernier morceau. Sur les marchés au Viet Nam, on en trouve des vivants dans des cages ou encore d’énormes pythons déjà dépecés dont on peut acheter la viande au kilo ou… au mètre, je ne sais plus très bien.
En tout cas, en Thaïlande, nous sommes restés étonnement calme, une nonchalance tropicale pourrait-on dire, malgré ces rencontres qui sortent de l’ordinaire. Ce qui est loin d’être le cas avec l’animal suivant. (à suivre…)
Citation célèbre de circonstance.
« Des serpents…
il fallait que ce soit des serpents… »
Indiana Jones dans les Aventuriers de l’arche perdue, film de Steven Spielberg, Paramount Pictures, 1981.
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Photo mise en avant :

Autel dédié aux dieux-serpents, Karnataka (Inde). ©MW
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