DRÔLES DE BÊTES 1

INDONÉSIE 2024

Après un rhinocéros dans le jardin, une nuit au Népal, on était blasés, plus rien ne pouvait nous surprendre et puis…

Le rhinocéros se prélassait près du bungalow dans une mare près d’une ruine. Au pied de l’Himalaya, le Parc National du Chitwan est l’un des rares vestiges non perturbés de la région du « Terai » qui s’étendait sur les piémonts de l’Inde et du Népal. La flore et la faune y sont très denses. Il abrite une des dernières populations de rhinocéros asiatique à une corne et constitue également l’un des derniers refuges du tigre du Bengale.©MW2023

BOROBUDUR JAVA

Durant notre séjour en Indonésie, nous avons eu affaire à différents animaux dans notre environnement proche. Je ne parle pas des grosses tortues marines que l’on a pu observer brouter les algues près de l’île Gili (Lombok), mais plutôt les petits importuns qui visitaient notre bungalow à notre insu. À Borobudur (Java) par exemple, une chauve-souris faisait sa petite crotte quotidienne sur le couvre-lit. Quand nous rentrions le soir, j’ai eu beau inspecter les combles de la hutte avec une lampe de poche. Il n’y avait plus aucun animal, sans doute déjà envolé pour sa chasse nocturne. À moins de croire que les chauves-souris se cachent pour faire leurs petits besoins. Dommage que ce n’était pas un luwak (civette des palmiers, Paradoxurus hermaphroditus), sorte de mangouste qui est connue pour ses excréments qui valent de l’or. Cet animal dévore les grains de cafés (du robusta uniquement, car plus sucré) qui après être passés par le tube digestif de l’animal deviennent, après séchage et torréfaction, du Kopi Luwak, le café le plus cher du monde.

Civette des palmiers (Paradoxurus hermaphroditus)

Civette des palmiers (Paradoxurus hermaphroditus) Source : lenoirlacroix.ca

Au moins avec les crottes d’un tel visiteur, on aurait pu se faire un bon café. Tandis qu’avec notre chauve-souris, c’était juste un peu dégeu…

BALI

Sur une plage à Amed (Bali), nous avons été surpris par un veau qui gambadait entre les transats d’un hôtel-restaurant familial dans lequel nous logions. Insolite, il était en compagnie d’un minuscule chiot qui s’amusait à le suivre. Les chiens de l’hôtel l’on pris en chasse et le veau pris de panique a renversé quelques tables, bouteilles et verres dans un joyeux tintamarre… ce sont les aléas de la vie à la plage à Bali.

Le veau s’est enfin calmé après une course poursuite infernale à travers le restaurant familial. ©MW2024

J’ai déjà eu affaire à ce genre de veau qui lapait avec délectation l’eau de la piscine lors d’un séjour précédent sur l’île. Ce sont des bantengs, des bœufs sauvages domestiqués qui ont l’élégance d’une antilope.

GILI AIR LOMBOK

Sur l’île de Gili Air (Lombok) nous étions hébergés dans un joli bungalow avec une salle de bains extérieures. Lors d’un après-midi, en rentrant d’une excursion autour de l’île en bicyclette, je voulais aller me rafraichir. J’ai traversé la chambre et ouvert la porte pour sortir, lorsqu’un varan qui se dorait au soleil sur le mur de la salle de bains a pris un énorme bond pour filer au plus vite. Heureusement que nous n’étions pas sur Komodo. Car sur cette île de la Sonde, ces reptiles peuvent atteindre trois mètres de long et peser 150 kg. Le mien avait un gabarit bien moindre puisqu’il faisait à peine 30 cm de long.

Photo varan mur

Normalement, on les rencontre sur Gili Air plutôt sur la plage. Sur laquelle, ils recherchent quelque nourriture rejetée par la mer. Difficiles à photographier, car dès qu’il se sentent observés, ils sont très lestes pour se cacher sous la souche d’un arbre. On a pu en observer deux qui se battaient comme des grands pour une portion de territoire le long du rivage.

Photo varan plage

ULUVATU BALI

À Uluvatu (Bali), nous avons eu d’autres visiteurs… des singes chapardeurs. Dans cet hôtel accroché au flan de la falaise, ils vous disputent le petit-déjeuner en cas d’inattention. Les singes font un passage le matin à travers la terrasse de l’hôtel pour se nourrir ensuite ils repassent le soir pour rejoindre leur dortoir.

« Attention aux singes », un panneau n’est pas tout à fait inutile. ©MW2024

Je les ai entendu venir lorsqu’ils sautaient sur les toits des bungalows voisins puis j’ai eu la chance inouïe de les filmer sur notre terrasse.

Des singes turbulents s’emparent de notre terrasse. ©MW2024

Les singes me disputaient le plaisir de se balancer dans le siège hamac qui ornait notre terrasse.

Enfin !

J’ai eu le droit d’en profiter aussi.

©MW2024

Ce sont les mêmes qui commettent leurs méfaits au temple Pura Luhur Uluvatu. Lors de notre visite, ils avaient dérobé les lunettes de soleil d’un jeune homme et les ont malheureusement cassées. Une femme s’est également fait voler ses lunettes et ce n’est qu’en échange de nombreuses friandises au bout d’un long moment qu’il les a enfin laissé tomber au sol, au grand soulagement de la dame.

Le chapardeur de lunettes se régale de friandises.

Bien sûr sous les tropiques, les geckos ne doivent pas manquer dans aucune chambre qui se respecte. Ils sont utiles pour dévorer les moustiques et autres insectes indésirables.

Photo gecko

Les nôtres sont tout petits et se cachent derrière la pancarte « Attention aux singes » accrochée au mur de la chambre.

RETOUR SUR GILI AIR

Après une journée de plongée pour observer les tortues, nous nous prélassions dans la piscine de l’hôtel quand soudain l’onde d’une secousse sismique au large a soulevé le sol de l’île de Gili Air d’un mètre en secouant les maisons de bois alentour et créant un tourbillon dans la piscine à côté de moi. Le plus drôle, il y avait une petite haie de bambous tressés qui nous séparait des voisins, une famille d’autochtones qui vaquait à leurs occupations quotidiennes. Lors de la secousse un gars qui se croyait tranquille au petit coin est sorti des chiottes en courant et en s’agitant, le pantalon au niveau des genoux, criant à peu près (je n’ai pas la traduction exacte) : Pu… ! C’était quoi ça ! Et tout le monde a éclaté de rire.

Moi qui croyais bêtement que les habitants de l’île étaient habitués aux séismes.

BALI

Après le temple de Shri Karni Mata au Rajasthan qui héberge des dizaines de milliers de rats sacrés. Le temple de Goa Lawah , construit en partie dans une gigantesque caverne, qui abrite des dizaines de milliers de chiroptères.

Des milliers de chauve-souris logent au-dessus du temple. ©MW2024

©JPS2024